Graines de Héros – recueil collectif

Date de Parution : 26 Août 2020

LE BILLET DE JUJU :

Planter une graine. S’il y a bien quelque chose auquel je crois, c’est cette faculté que possèdent les livres de semer une petite graine dans le cœur de leurs lecteurs. Les livres ne changent pas le monde mais ils permettent un peu parfois de le contempler différemment, de mettre le doigt sur ce qui fait, ce que devient, notre humanité.

De graines, il est question ici, celles que Jorge plante à chaque arbre abattu dans la forêt amazonienne. Comme un super héros qui voudrait un peu sauver le monde.

Ce recueil m’a rappelé ces bouquins que je dévorais gamin. Vous savez, ces « livres dont vous êtes le héros » et dans lesquels vous choisissiez la suite des évènements.

De la même façon, on retrouve ici douze nouvelles, en plus de celle de départ, libre au lecteur ensuite de parcourir chaque nouvelle à sa façon, de manière ludique, selon ses envies.

Au vu du casting de jolis jardiniers qui parsèment ce recueil de leur plume bienveillante, je ne pouvais pas passer à côté. On croise entre autres, ici, des textes d’écrivains chers à mon cœur tels que Virginie Grimaldi, Gavin’s Clemente-Ruiz ou Sophie Astrabie, avec une préface signée de l’enchanteresse Agnès Ledig.

Chacun d’entre eux va alors nous faire découvrir un pan de l’histoire de Jorge et des siens. Nous raconter les petites histoires qui font sa vie, autour de ce thème de la déforestation.

Treize nouvelles, pour apercevoir ce que ces graines peuvent donner, grandir et devenir. Treize nouvelles comme une bonne action puisque 1,50 € est reversé à l’UNICEF pour chaque ouvrage vendu.

Personnellement, comme dans tout recueil de textes de différents auteurs, j’ai trouvé du bon et du moins bon. Chacun, selon sa sensibilité, sera touché ou pas par telle ou telle plume, évidemment.

Il reste quelques graines, joliment semées, et qui vous proposeront un très joli moment de lecture même si on aurait parfois aimé que certains textes soient plus long, tant ils fonctionnent bien.

A vous de vous faire un avis et de laisser germer votre petite graine d’espoir …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Jorge vit en Equateur. Tous les jours il plante des graines de kapokier là où une compagnie forestière américaine a eu l’autorisation d’exploiter l’or vert d’Amazonie. Pour chaque arbre déraciné, Jorge dépose une graine dans l’espoir de combattre la déforestation massive de son pays, mais un jour, le couperet tombe. Jorge et son père sont contraints de quitter leur maison en plein cœur de la forêt.


Commencent alors trois histoires :

Julien Sandrel, Laure Manel, Gavin’s Clemente-Ruiz et Sophie Tal Men ont projeté Jorge trente ans plus tard, en France ; Aurélie Valognes, Lena Walker, Romain Puertolas et Lorraine Fouchet ont pris le chemin de l’exil avec le petit planteur de kapokier, le faisant traverser l’Equateur avec pour destination le volcan Cotopaxi ; quant à Baptiste Beaulieu, Serena Giuliano, Sophie Astrabie et Virginie Grimaldi, ils ont réveillé l’Esprit du Fleuve Napo et confronté Jorge à son destin.

Les petites reines – Clémentine Beauvais

Date de Parution : 01 Avril 2015

LE BILLET DE JUJU :

C’est l’histoire de trois nanas.

Trois nanas moches qui partent faire du vélo.

Voilà, merci. Au-revoir.

Bon, je me rends compte que je vais devoir développer !

Elles s’appellent Astrid, Hakima et Mireille. Bon, ce ne sont pas des reines de beauté ces héroïnes là, loin de là. Elles ont même été élues sur Facebook respectivement Boudins d’or, d’argent et de bronze !

Loin de se décourager, elles vont partir à vélo, heu, En vélo ? Bref, à bicyclette, quoi, pour rejoindre l’Elysée et chacune accomplir une quête personnelle, en vendant du boudin à chacune de leur étape !

Je ne connaissais pas Clémentine Beauvais, pauvre naze que je suis, et quelle découverte !

Ce road trip entre Bourg-en-Bresse et Paris fut pour moi une parenthèse enchantée et hilarante ! Ou comment pédaler dans la choucroute, ou plutôt ici dans le boudin, lorsqu’on est une ado au physique ingrat mais qu’on peut quand même être un sacré bout (de boudin ? Je sais, j’suis lourd, là) de femme !

C’est compliqué de faire rire et d’émouvoir en même temps et je décerne le maillot jaune, rouge et vert (je ne sais pas s’il existe) à Clémentine Beauvais. Chaque page souffle un vent de liberté et d’impertinence à la face de notre petite société !

Roman atypique sur des nanas extra très ordinaires, mention spéciale pour les dialogues entre Mireille et sa mère où j’ai ri de bon cœur à chaque fois !
Si tu aimes les anti-héros, les ballades en vélo (à vélo ?) et le boudin blanc, tu dois absolument découvrir ces reines-là.

Et même si tu préfères le rallye, le saucisson et les super héros, en fait, il faut tout simplement découvrir ce roman qui mérite un bien joli petit détour ! Mollets d’acier et crise de rire garantie !

LE RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR :

On les a élues « Boudins de l’année » sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses « boudinettes », Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s’incruster à l’Elysée ! Place aux Petites Reines !!!

Un battement d’elle – Gaston Marie

Date de Parution : 10 Février 2020

LE BILLET DE JUJU :

En un battement d’aile, on peut s’envoler.

Sortir de l’ordinaire. Et disparaître un peu.

Toucher à l’extra ordinaire.

C’est un peu ce qui s’est passé pour moi avec ce roman. Je me suis envolé loin, très loin.

Loin de ma zone de confort, loin de ce que j’ai déjà pu lire, loin de ce que je crois attendre d’une lecture.

J’avais peur de lire ce livre et j’en avais très envie en même temps.
Peur d’être trop ébranlé par son sujet.

Comme peur du noir.

Le sujet, le « pitch », me faisait peur, oui. On parle de cancer tout de même, cette belle saloperie. Je pense qu’il faut passer outre, car ce roman doit être lu au-delà de ce gris de couverture qui, à mon sens, ne rend pas hommage aux mots qu’il renferme.

Car, comme tout bon fêlé qui se respecte, Gaston Marie a cette faculté de laisser passer la lumière. Elle entre en nous et ne nous quitte pas.

Un roman à la croisée des chemins. Littéralement. Qui ménage ses effets, qui prend par le cœur, par le corps, qui prend aux tripes aussi.

L’autoédition, je le savais déjà, permet de réelles découvertes si on ose un tant soit peu. Un roman, comme une expérience. Comme on pénètre l’imagination et l’inimaginable.

Poétique, original et surtout immensément onirique, c’est une voix qui se fait entendre. C’est ce qui compte pour moi lorsque je rentre dans les mots de quelqu’un d’autre. Je suis rentré,oui, à l’intérieur de quelqu’un d’autre, et j’ai encore du mal à en sortir.

La preuve qu’il s’est passé quelque chose.

Le temps d’un battement.

D’elle.

Un roman qui doit donner envie de passer la porte, de ne pas rester sur le seuil de nos vies, multiples et tellement uniques à la fois. Un roman qui je l’espère saura trouver le chemin de l’édition traditionnelle pour toucher le plus grand nombre car il le mérite tellement.

LE RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR :

« Comment imaginer devenir à nouveau insouciante lorsque l’on a projeté sa mort ? ».

Telle est la question que se pose Sylvie face à l’annonce du cancer qui la ronge. Commencent alors le déni et la lutte contre ce qui semble impossible à battre. S’enchaînent le dépit et la chute contre une maladie qui finira par l’abattre. Face à l’infaillible réalité, Sylvie plonge dans les abysses de l’existence, à la frontière entre la vie et la mort, l’être et le non-être… pour étrangement atterrir dans le corps d’un Autre.

Un roman profond, philosophique et existentiel, qui plonge le lecteur dans la conscience d’une femme dont la vie oscille furieusement au fil des pages.

Snjór – Ragnar Jónasson

Date de Parution : 04 Juin 2020

LE BILLET DE JUJU :

« Il ne se passe jamais rien à Siglufjördur. »

Bon, il m’a fallu trois minutes et douze secondes pour écrire correctement le nom de cette petite ville du nord de l’Islande, je sens que la rédaction de cette petite chronique ne va pas être très aisée…

Donc.

Il ne se passe jamais rien à Siglutrucmachinchose. Pourtant, c’est là que va débarquer Ari Thor. (Alors, rien à voir avec Thor, le dieu du tonnerre ou le super héros bien connu des geeks que je suis, hein…). Et faut savoir qu’ici, il neige pas mal.

D’où le titre. Snjór. Neige en islandais !

Ari Thór quitte sa petite copine (qui utilise encore cette expression à part moi, levez la main ?) et la grande ville de Reykjavík pour venir s’enterrer dans la ville dont on ne sait pas écrire le nom (que je ne nommerai plus sous peine de migraine) pour entrer dans la police locale !

Dans cette petite communauté où tout le monde se connaît, il va être difficile de trouver sa place et de faire tomber les masques.

J’ai succombé à l’appel du polar qu’on appelle nordique et je ne regrette absolument pas. J’ai lu cette enquête en deux petits jours. Si le propos reste plutôt classique, le héros m’a bien plu et cette petite ville a un très bon goût de reviens-y mais ce qui a littéralement fonctionné, c’est cette immersion dans cette Islande que je ne connais pas et ce froid pénétrant.

Ari Thór est un héros attachant, un peu déboussolé, qui, oui, se pèle un peu les miches mais arrive quand même à résoudre sa première affaire ! Sans gore, un peu à la manière d’une Agathe Christie toute en moonboots et galerie de suspects frigorifiés.

Je vais continuer ma découverte de cette série aux noms imprononçables et me faire la collec (j’adore ça les collections, je ne sais pas si vous êtes au courant) car les couvertures pailletées de givre des éditions poches sont juste sublimes, elles seront du plus bel effet avec mes boules à neige.

Par contre, faut faire gaffe, car les différents tomes ont été publiés en France de manière un peu aléatoire et je pense que c’est important de respecter la chronologie !

Tu connais cette série ? Ou d’autres polars nordiques à me recommander ?

LE RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR :

Siglufjördur, ville perdue au nord de l’Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu’un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d’une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l’enquête, Ari Thor devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l’apparence si tranquille.

Raisons obscures – Amélie Antoine

Date de Parution : 02 Juillet 2020

LE BILLET DE JUJU :

C’est le bordel.

Dans mon cœur, dans ma tête, c’est le bordel…

Je viens de me faire ramasser la tronche et je vais devoir récupérer un à un les morceaux de mon cœur qui jonchent l’appartement. Car il a éclaté. Littéralement pulvérisé par ce roman que je n’attendais pas.

Je pensais lire un thriller, un polar, un truc qui s’oublie vite mais qui fait son petit effet.

Je me suis retrouvé fracassé, le livre refermé, un nœud au ventre et quelques insomnies à venir.

Ne lisez pas ce livre, il va vous faire mal.

Lisez ce livre, il est va vous rappeler à l’ordre.

Il va vous rappeler toutes ces choses auxquelles on ne prend pas garde, sous prétexte de nos vies si compliquées. Il va vous rappeler de prendre garde à ceux que vous aimez.

J’y suis allé à l’aveugle, sans rien connaître du sujet. Je me demandais où Amélie Antoine voulait en venir. Je me demandais ce que j’étais en train de lire. Je me pose encore la question.

De cette histoire, de ces deux familles si banales, si proches de ce que nous sommes, il me reste un trou béant dans la cage thoracique.

Rarement, j’ai pu lire un livre comme celui-ci. A la psychologie fouillée, au rythme entêtant, comme une course atroce vers l’inéluctable. Un livre comme on se retrouve face à une certaine vérité, de celles qu’on ne veut jamais regarder en face.

Un livre sur ces raisons obscures qui font de nous des monstres d’indifférence.

Depuis, c’est le bordel. Dans ma tête, dans mon cœur, dans mon ventre.
Depuis, j’ai encore un peu ouvert les yeux sur le mal qu’on peut faire sans le savoir.

Reste à m’en remettre.

LE RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR :

D’un côté, les Mariani.
De l’autre, les Kessler.
Pour les deux familles, la même routine : l’ennui au quotidien, les voisins trop bruyants, la dépression qui rampe, l’adultère qui menace… Rien de bien grave, en fait, mais pendant ce temps, on ne voit rien. On n’a rien vu. On n’entend rien. Rien entendu.
Il n’est pas de victime sans bourreau.
Ni de martyr sans silence.

Rosa Dolorosa – Caroline Dorka-Fenech

Date de Parution : 27 Août 2020

LE BILLET DE JUJU :

Qu’il est bon de voir déambuler Rosa et son fils adoré, Lino, dans les rues du Vieux Nice. C’est beau de voir cette maman, fière de son grand garçon et si heureuse.

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