Anne de Green Gables – Lucy Maud Montgomery

Date de Parution : Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

« L’important n’est pas ce que le monde nous réserve, mais ce qu’on y apporte. »

Un livre comme un enchantement, un envoûtement.

Une héroïne inoubliable, qui défie les époques. Anne, « Anne ave un e ». Anne, de nulle part et de partout à la fois.

Elle va devenir Anne de « Green Gables », cette maison aux pignons verts, sorte de paradis terrestre où le hasard va lui faire poser ses valises dans le foyer de Matthew et Marilla Cuthbert, frère et soeur aux coeurs boiteux.

L’enfant à l’imagination plus que débordante va devenir leur protégée et elle va embarquer dans son sillage toute une communauté.

Drama queen à ses heures perdues, Anne ressent tout avec emphase, avec sa propre logique où seule l’imagination est reine.

Publié pour la première fois en 1908, ce roman, premier tome d’une série vendue à plus de soixante millions d’exemplaires à travers le monde est un pur enchantement, je vous dis ! Ce roman est un Classique. Dans toute la belle noblesse du terme et n’a pas pris une ride. Il fait sourire, parfois même rire, puis touche, profondément.

Tout ce que la littérature a de magique, de précieux, fourmille dans ce roman, qui a traversé le temps pour parvenir jusqu’à nous dans une sublime édition, fraîchement (re)traduite par les bons soins de Monsieur Toussaint L’Ouverture.

Anne de Green Gables a croisé ma route et je sais aujourd’hui qu’elle manquait à ma galaxie intime.

Précurseur dans ses thèmes, il parle de féminisme, de différence, dans une société où mieux vaut suivre le troupeau. Chaque personnage est délicieusement vivant et je n’oublierai pas de sitôt Anne, évidemment, mais également ce doux malhabile de Matthew ou la touchante Marilla.

Il existe maintenant, dans un coin de mon âme, une contrée à l’abri du monde, Avonlea, où le regard d’une enfant à nulle autre pareille rend chaque brin d’herbe grandiose, chaque pierre sur le chemin aussi précieuse qu’un diamant brut.

Et lorsque l’écrin est si beau, il est indispensable de se laisser embarquer en espérant de tout coeur que les différents autres tomes seront publiés rapidement tant cette édition est à la hauteur !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Un roman culte

Littérature solaire et intemporelle

Vendu à 60 millions d’exemplaires à travers le monde et adapté des dizaines de fois (récemment sur Netflix), Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery est un hymne à la joie et au pouvoir de l’imagination. Magnifiquement écrit, construit autour d’une héroïne parfaitement imparfaite, féministe involontaire et romantique impénitente, ce roman empreint de poésie et d’humour est plus que la vie d’une orpheline qui va bousculer le calme de son nouveau foyer.

Misery – Stephen King

LE BILLET DE JUJU :

« Mon nom est Annie Wilkes, et je suis votre admiratrice numéro un. »
Voilà en substance une des phrases les plus terrifiantes que j’ai pu lire, dans ma petite vie de lecteur …

Il en a de la veine Paul Sheldon d’avoir été recueilli, après un terrible accident, par sa fan la plus fidèle. Même lui, grand écrivain, n’aurait pu imaginer un tel coup du sort …

La « gentille » dame va le requinquer et va finir par l’obliger à écrire la suite de sa saga à succès, Misery. Qu’il le veuille ou non, peu importe … Car Annie Wilkes est légèrement dérangée et le personnage de papier, Misery, est la seule chose qui lui importe … Alors tant pis si Paul Sheldon avait décidé que son héroïne était morte et enterrée ! Il va devoir la ramener à la vie … Et pour lui, c’est bien une question de vie ou de mort dont il s’agit là …

J’ai relu Misery donc. En trois jours. Grand bien m’a pris car au-delà de ce huis-clos angoissant entre une foldingue et son écrivain chéri, j’y ai retrouvé une double lecture follement savoureuse. Un roman dans le roman. Et lorsqu’un bouquin est aussi bon, il te claque entre les doigts et tu en savoures chaque page.

Stephen King, ici au sommet de son art, offre un regard passionnant et terrifiant sur le métier d’écrivain. La lecture du manuscrit, écrit sous la contrainte, est juste savoureuse. Le processus implacable.

Ce roman, paru en France en 1989, n’a pas pris une ride et se bonifie même avec le temps. Annie Wilkes y est juste terrifiante de folie et Paul Sheldon, ben, on n’aimerait vraiment pas être à sa place. Vraiment pas !

Si tu n’as encore pas lu ce petit chef d’œuvre du genre, va falloir investir car ce roman est un incontournable ! A savoir qu’ici, pas de fantastique ou d’histoires de fantômes, le King ancre son histoire dans la réalité.

Je débute avec ce titre ma collection du King avec les nouvelles éditions du Livre de Poche dont les couvertures sont justes sublimes et je vais en profiter pour lire, et relire, monsieur Stephen King.

Et toi, c’est lequel ton préféré de Stephen King ?

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Misery, c’est le nom de l’héroïne populaire qui a rapporté des millions de dollars au romancier Paul Sheldon. Après quoi il en a eu assez : il a fait mourir Misery pour écrire enfin le « vrai » roman dont il rêvait.


Et puis il a suffi de quelques verres de trop et d’une route enneigée, dans un coin perdu… Lorsqu’il reprend conscience, il est allongé sur un lit, les jambes broyées dans l’accident. Sauvé par une femme, Annie. Une admiratrice fervente. Qui ne lui pardonne pas d’avoir tué Misery. Et le supplice va commencer.


Sans monstres ni fantômes, un Stephen King au sommet de sa puissance nous enferme ici dans le plus terrifiant huis clos qu’on puisse imaginer.

Mademoiselle Papillon – Alia Cardyn

Date de Parution : 15 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Gabrielle est infirmière, Thèrese Papillon également.

Un siècle les sépare, un simple battement d’aile de papillon face à l’éternité. Et à travers la magie des mots, d’un livre, l’une va inspirer l’autre et va lui offrir ce second souffle.

Car Gabrielle est usée. Chaque jour, dans la salle 79, elle veille sur des êtres infiniment fragiles, dans ce service de néonatologie. Elle voit passer l’espoir, la vie mais également une tristesse sans fond lorsque la médecine ne peut pas tout. Peu à peu, elle s’érode, elle perd pied, elle s’abime.

Thèrese Papillon, au sortir de la Première Guerre Mondiale, elle, n’accepte pas de voir ces enfants qui meurent dans la rue. Elle veut créer un refuge, les mettre à l’abri et rien ne pourra l’arrêter.

A travers le portrait de deux femmes qui exercent le métier le plus beau et le beau difficile au monde, Alia Cardyn offre un roman d’une grande justesse. Elle tisse une histoire, à hauteur de vérité, qui ébranle souvent, touche à chaque page et ne peut personne laisser indifférent.

Mademoiselle Papillon a réellement existé et Alia Cardyn s’offre évidemment la liberté d’inventer, sur une trame fort documentée, le destin follement inspirant d’une femme de tous les courages.

Il faut partir à la rencontre des ces femmes d’exception. Il faut se laisser émouvoir par ces destins immenses. Deux femmes, qu’on rencontre pour de vrai, et avec lesquelles on prend le temps de réfléchir à ce que peut être le don de soi, le vrai.

Il faut être un sacré écrivain pour arriver à détailler, sans plonger dans le pathos, mais sans enjoliver non plus, la réalité d’un service de grands prématurés, pour pénétrer la complexité d’un métier hors du commun.

Alia Cardyn livre ici un roman éblouissant et documenté, et finalement, elle offre bien plus que ça. Elle laisse entrer à flot la lumière à travers ses mots, tous choisis avec une folle passion. Hommage aux infirmières, aux femmes, à celles qui vibrent à l’intérieur pour l’autre, pour les autres.

Lisez Mademoiselle Papillon, il va se passer quelque chose.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

L’histoire inouïe de Thérèse Papillon, reconnue juste parmi les nations, révèle la force de nos rêves.

Gabrielle, 30 ans, infirmière, s’occupe de grands prématurés dans un service de néonatologie intensive. L’univers de la jeune femme s’est réduit aux quelques mètres carrés de sa salle, la salle 79, où elle glisse lentement dans l’indifférence, lorsqu’elle découvre l’histoire de Mademoiselle Papillon.
En 1920, dans une France ravagée par la Première Guerre mondiale, cette infirmière de la Croix-Rouge est envoyée au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois. Alors qu’elle tente de mener à bien sa mission, la vision des enfants qui succombent dans la rue l’obsède. Une ambition se forme et prend bientôt toute la place : elle doit bâtir une maison pour les protéger.
Lorsqu’elle franchit le seuil de la sublime abbaye de Valloires, Mademoiselle Papillon est convaincue d’approcher son rêve.

Ce roman mêle le destin de deux infirmières et met en lumière une femme exceptionnelle : Thérèse Papillon, qui a sauvé des milliers d’enfants et a été reconnue Juste parmi les Nations. Après avoir mené une véritable enquête – en néonatologie mais aussi auprès de ceux qui ont connu Thérèse Papillon –, Alia Cardyn livre un hommage sensible et lumineux aux femmes qui ont l’audace d’incarner le changement.

Les fillettes – Clarisse Gorokhoff

Date de parution : 24 Septembre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Hasard du calendrier, c’est en cette journée de la fille que je viens vous parler de fillettes…

Oh, les fillettes, oh les fillettes, elles la rendent marteau …

La vie, parfois, n’est pas le conte de fées annoncé. Pourtant, ici, tout commence comme la fin des plus belles histoires. Elle rencontre un mec, plutôt Charmant, ils se marient et ont beaucoup d’enfants, trois adorables filles en l’occurrence.

Pourtant, comme dans la chanson de Sheller, maman est folle et papa attend qu’elle aille mieux car il sait qu’un jour, elle reviendra à leur réalité. Il y croit dur comme fer, comme on aime, malgré tout, comme on aime vraiment, de tout son être.

La vie n’est pas un conte de fées. Les fillettes, à hauteur d’enfance, vont voir cette mère surnager, sombrer, revenir, sombrer encore, et pourtant, elles resteront des petites filles, avec leur belle innocence, avec leur troublante évanescence qui vient trouer le néant dans lequel s’engouffre leur maman. Le regard qu’elles portent sur leur vie, qui effleure et caresse, rend ce livre presque magique.

La vie est un conte de fées et les monstres habitent le quotidien sous la forme de potions, de flacons. Cette drogue, ou cet alcool, qui transforme leur mère en cette gisante, qui le matin, ne se lève pas pour s’occuper d’elles…

Ce qui frappe, dans ce roman aux allures autobiographiques, c’est cette façon qu’à Clarisse Gorokhoff de ne pas faire sombrer son récit dans l’insoutenable. Il y a tellement de lumière dans ces fillettes, qui attendent leur mère au bois dormant. Il y a tellement de lumière dans ce père, qui aime, plus que de raison et qui s’élève à la force d’espérer.

Les Fillettes. Un roman triste, lumineux, et sombre à la fois, comme les contes de fées, comme un Disney à l’envers, la vérité en plus.

Les fillettes, ces fillettes, que l’on quitte avec l’envie de les étreindre encore un peu, pour leur dire que demain, peut-être, elles deviendront des filles, des femmes, cabossées certes, mais vivantes malgré l’enfance, grâce à l’enfance…

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Elles sont trois soeurs : Justine, Laurette et Ninon. Elles partagent une enfance fantaisiste qu’elles souhaiteraient sans épée de Damoclès. Leurs parents, Anton et Rebecca, se sont aimés sur un coup de foudre mais Rebecca est une femme fêlée qui collectionne les médicaments et les drogues. Une femme poétique, fantasque, qui pourrait ressembler à une Zelda Fitzgerald contemporaine mais qui est une drôle de mère trop souvent absente dans l’éducation de ses enfants. Face à la menace d’une mère qui risque de basculer, les trois fillettes opposent l’esprit
merveilleux de l’enfance que leur mère n’a jamais totalement quitté. Qu’est ce que le réel quand on est adulte? Qu’est ce que le réel quand on est l’enfant de ces adultes?

Dans ce roman sur des soeurs, des filles, et des femmes, Clarisse Gorokhoff compose un hymne à l’amour bouleversant.

Les Monstres – Maud Mayeras

Date de Parution : 02 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

« – Vous savez pour quelle raison le grand méchant loup ne pourra jamais vous dévorer les enfants ?- Nous l’ignorons Aleph.- Parce que c’est vous le grand méchant loup. »

Le ton est donné. Les fauves sont lâchés et impossible pour moi, de poser ce roman avant de l’avoir terminé. Une histoire de monstres. Les monstres, pourtant, ça n’existe pas, non ?

Maud Mayeras t’attrape par le colbac, te saute à la gorge et ne te lâche pas, pas une seule seconde. Tu veux comprendre, tu veux savoir qui sont ces monstres, qui sont les monstres …De l’histoire, il ne faut rien révéler. Juste évoquer un terrier dans lequel ne vit aucun lapin blanc et où Alice n’aurait jamais mis les pieds…

Chapitres courts, haletants, où chaque page hurle de tourner la suivante pour tenter de pénétrer plus profond dans le noir. J’ai lu ce livre comme on fuit en forêt, en pleine nuit, une lampe torche à la main. Tu ne sais pas où tu vas, tu flippes pas mal, tu n’y vois rien, tu te prends des branches dans la tronche mais tu avances, coûte que coûte et peu à peu l’ombre grandit, jusqu’à tout envelopper. Jusqu’à tout comprendre, dans un cri d’effroi.

Pour les amateurs de noir, ce roman est un incontournable de cette année, je lui dois ma dernière nuit blanche et ma tronche de déterré au matin. Un roman effroyable, un thriller presque gothique, comme un conte satanique, où les fées ne trouveront jamais leur chemin.

Les monstres n’existent mais les hommes, oui, et ils peuvent être le plus terrible des cauchemars…

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière du jour qu’ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l’amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l’immense, le père, qui les ravitaille, les éduquent et les préparent patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que dehors, il y a des humains. Parce qu’eux sont des monstres, et que tant qu’ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n’ont aucune chance.


Mais un jour Aleph ne revient pas, un jour les humains prédateurs viennent cogner à leur porte. Alors, prêts ou pas, il va falloir faire front, sortir, survivre. Pendant ce temps, dans une chambre d’hôpital, un homme reprend conscience. Une catastrophe naturelle sème la panique dans la région. La police, tous les secours sont sur les dents. Dans ce chaos, l’homme ne connait qu’une urgence : regagner au plus vite la maison où on l’attend.

Maud Mayeras est une auteure rare est appréciée dans le monde du thriller pour l’originalité de son ton et son exploration des territoires obscurs de la psyché humaine. Les Monstres est son quatrième roman

Cabossé – Benoît Philippon

Date de Parution : 08 Septembre 2016

LE BILLET DE JUJU :

Cabossé. Abîmé. Déglingué.

Comme une vieille bagnole qui tient le choc, en roue libre.

Il est comme ça Raymond, enfin Roy, parceque Raymond, ça en jette carrément moins. Roy, ça fait boxeur, c’est un nom de bonhomme, de vedette américaine. Roy, c’est un géant, au physique abimé, une gueule cassée.

Il tombe sur Guillemette, tombe en amour et s’en va lui conter fleurette mais à sa manière. Il sera prêt à tout pour défendre sa belle, quitte à laisser sortir la bête ! Débute alors rapidement une folle cavale où ils vont caracoler entre personnages hauts en couleur, comme sait si bien les peindre Benoît Philippon, étreintes furieuses et dialogues truculents à la sauce revancharde !

J’étais déjà tombé sur Roy et Guillemette en lisant l’incontournable Mamie Luger et quel bonheur de découvrir leur périple, et retrouver, le temps d’une escale justement notre mamie nationale…

Benoît Philippon, de sa plume unique, frappe à grands coups de masse sur nos habitudes de lecture et nous offre encore un livre follement romanesque, terriblement authentique et délicieusement déjanté.
Du noir à la guimauve un peu cramée sur les bords, un roman qui assurément ne plaira pas forcément à tout le monde mais moi, j’en redemande encore et encore !

Road trip calamiteux, , cette histoire d’éclopés vous embarquera, sans nul doute, à la suite de ces héros dans cette cavale déjantée !

Si vous avez aimé la mamie, dans la famille Philippon, je demande le fils spirituel, Roy ! Bonne pioche assurée, la famille!

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de « tomate écrasée »…


Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas…
Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but.


Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.