Mes conseils pour Noël 2020 !

Parceque plus que jamais les livres doivent se retrouver au pied du sapin et offrir du baume à tous nos petits cœurs fatigués par cette drôle de période, je te propose ma sélection de livres parus en 2020 et à offrir à Tatie Ginette et Cousin Machin ! Ces livres qui pour des raisons différentes ont su me toucher plus que de raison cette année :

LES MAGNOLIAS de Florent Oiseau : « Florent Oiseau possède ce talent de la nonchalance non étudiée, une façon d’écrire qui n’appartient qu’à lui. Il n’imite personne et trace sa plume. »

AVANT LA LONGUE FLAMME ROUGE de Guillaume Sire : « Guillaume Sire, écrivain cerf-volant, tient au bout de ses doigts des mots bouleversants, et les fait tournoyer, au gré du vent, légère brise puis tempête dévastatrice. »

LA SOMME DE NOS VIES de Sophie Astrabie :  » Ce roman, c’est la somme de tout ce que j’aime lire. Une histoire, des personnages, de la vie, de la tendresse, de la simplicité et énormément de talent. »

LES DEMOISELLES d’Anne-Gaëlle Huon : « Un roman résolument féminin, sans leçon de féminisme, qui fait de ces demoiselles de grandes dames de cœur ! »

MAMIE LUGER de Benoît Philippon : « Un roman comme on en fait (trop) peu ! Qu’on ne voudrait jamais terminer. Allez, viens prendre un sacré coup de vieux, tu vas en redemander, c’est promis ! »

MON PERE, MA MERE, MES TREMBLEMENTS DE TERRE de Julien Dufresne-Lamy :  » Un roman d’utilité publique, sincère, honnête et un peu dingue. »

LES SEPT SŒURS de Lucinda Riley : « Lucinda Riley, elle sait raconter son histoire, elle t’embarque, comme une bonne série d’été ! Tu poses le cerveau et tu pars en voyage ! »

ROSA DOLOROSA de Caroline Dorka-Fenech : « Un premier roman maîtrisé, implacable et marquant. Une écriture presque empoisonnée, imagée, ondoyante. »

MADEMOISELLE PAPILLON d’Alia Cardyn : « Une histoire, à hauteur de vérité, qui ébranle souvent, touche à chaque page et ne peut laisser personne indifférent. »

FERME LES YEUX ET FAIS UN VŒU de Cécile Bergerac : « Parfois, un livre vous enveloppe, vous touche, de façon inexpliquée et il ne faut pas chercher d’où vient la magie. »

QUARTIER LIBRE de Vincent Lahouze : « C’est un roman qui se lit d’une traite, comme on se retrouve prisonnier d’une histoire qu’on ne peut pas lâcher. »

Mon tout petit (Lettre à l’enfant que je n’ai pas eu) – Delphine Apiou

Date de Parution : 14 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

C’est une lettre.

Une lettre que Delphine Apiou adresse à l’enfant qu’elle n’a jamais eu. Elle lui parle avec tendresse, avec amour, et avec une belle dose de vérité, celle qu’on ne doit qu’à soi-même.

Elle lui raconte sa vie de femme, accomplie et bancale, une femme parmi tant d’autres qui aurait pu être la mère de ce tout petit. Mais ici, point de pathos, c’est une femme de son temps qui se raconte, entre humour et réalité, à cet enfant qui n’est jamais venu.

Ce tout petit, éternel absent, illumine ces quelques pages de sa lumière, de sa douloureuse non-présence, comme on imagine quelqu’un d’indispensable, follement absent.

J’ai été touché, pour de multiples raisons, par ce court récit, de par ces sentiments étranges, intimes dont on parle peu, de ceux qui ont fait partie du camp des non parents, celles dont forcément il manquera toujours quelque chose aux yeux de la société.

Un livre sur cet enfant jamais apparu, pourtant peut-être attendu, et sur le regard, parfois blessant, sous couvert de bienveillance, de normalité de ceux qui ne rendent plus compte parfois du cadeau que leur a fait la vie.
Touchant, parfois un peu bouleversant évidemment, il faut bien l’avouer, mais la plupart du temps d’une justesse éblouissante, ce livre rejoint ces livres amis dont on se souvient avec gratitude. Pour nous avoir un peu parlé de soi.

Ce tout petit livre, pour rappeler de vivre avec l’absence, celle née de choix, sans savoir à l’avance s’il s’agissait des bons. Un livre au sujet casse-gueule mais qui se lit comme une élégance, celle des non-dits, celle d’un amour privé de l’objet de son affection, et qui pourtant bat quelque part dans la poitrine. Avec cet humour, qui peut-être sauve de tout …

Un livre pour être moins seul, un peu moins orphelin à l’envers, ou pour savourer cette chance d’être parent. Et se souvenir, à chaque seconde, que chaque femme, chaque homme, trace sa route, quoi qu’il lui en coûte.
Avec ou sans tout petit.

Mais avec une trace en soi de ce qu’il aurait pu être …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

« C’est la lettre d’une mère à son enfant qui n’existe pas. Une lettre d’une femme qui se demande quelle mère elle aurait été. Une lettre de questionnement, une lettre d’explication, une lettre de justification, une lettre de séparation, une lettre d’amour. C’est aussi la lettre à elle-même d’une femme qui n’est que femme et qui finit par comprendre que c’est déjà ça. »

Delphine Apiou n’est pas mère et en a souffert. Un regret qu’elle a apprivoisé, avec lequel elle a appris à vivre et surtout qui ne l’empêche pas d’être une femme accomplie… La lettre qu’elle écrit à l’enfant qu’elle n’a pas eu est bouleversante, drôle, pleine de vie, tellement humaine. Universelle.

Meurtres à Kingfisher Hill – Sophie Hannah

Date de Parution : 23 Septembre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Hercule Poirot! Non mais Hercule Poirot, quoi !

S’il y a bien un personnage que je garde en tête depuis mes premiers émois de lecteurs, c’est bien lui ! Ce petit moustachu bedonnant, à l’orgueil aussi démesuré que sa moustache, m’a offert de sacrés bons moments de lecture!

Je me revois dans la petite bibliothèque de mon village ramener un bouquin d’Agatha Christie pour en reprendre un autre immédiatement et ainsi de suite pendant plusieurs mois !

Bref, tu l’auras compris, j’ai fait, dans mon jeune temps, une cure d’Agatha Christie et je n’avais qu’une envie, me laisser séduire par ce retour étonnant du détective cher à mon cœur.

En effet, Sophie Hannah, avec l’aval des héritiers de la reine du crime, écrit de nouvelles histoires d’Hercule Poirot et j’avoue que j’étais plutôt bien disposé. D’autant qu’apparemment , c’est la quatrième nouvelle enquête du détective belge qu’elle nous raconte. Je prenais donc le train en marche (nulle question d’Orient-Express ici)  mais qu’importe puisque je connaissais déjà bien le Poirot.

Mais hélas, trois fois hélas, pour tout vous dire, ma bonne dame, ça ne l’a pas fait !

Ici, mon brave Hercule prend le bus. Poirot est dans un car et vlan, voilà qu’il en prend pour son grade, le détective de mon cœur. Il nous avait habitué à moyens de transports plus mythiques … Et Dieu que ce trajet me paraît long. Il finira par arriver à Kingfisher Hill où évidemment des meurtres seront commis au coeur d’une famille anglaise aux petits secrets biscornus.

Là où Agatha créait en quelques mots une ambiance, avec une délicieuse ironie, plus pinçante que tranchante, Sophie Hannah trousse un cosy mystery un peu terne et qui pour moi, traîne en longueurs. C’est pas mal fait, c’est juste très classique et un poil caricatural. Peut-être aurai-je été plus réceptif s’il s’agissait d’un tout nouveau personnage et non une réécriture marketing d’un héros légendaire…

Bref, moi, je m’en retourne lire Dix Petits Négres, enfin Ils Etaient Dix puisque c’est comme ça qu’on doit l’appeler maintenant. Tout fout le camp, ma pauvre dame …  Et comme un petit vieux qui se respecte, je vous dis que Hercule Poirot, ben, c’était mieux avant …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Convoqués par une étrange missive, Hercule Poirot et l’inspecteur Catchpool se rendent de toute urgence à Kingfisher Hill, imposante demeure familiale devenue scène de crime. La lettre leur demande instamment de résoudre le meurtre du fils aîné des Devonport, Laurence, à condition de le faire à l’insu de tous les résidents. Une double requête d’autant plus étonnante que la coupable est déjà toute trouvée  : Helen, la fiancée de Laurence, a immédiatement plaidé coupable. Mais son témoignage manque de crédibilité et Frank, l’expéditeur de la lettre et le fils cadet des Devonport, est convaincu de son innocence. Hercule Poirot saura-t-il démêler le vrai du faux avant que ne sonne pour Helen l’heure fatidique de son exécution  ?

Les Imbattables – Sarah Maeght

Date de Parution : 07 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Il y a des romans que l’on n’attend pas particulièrement. Qu’on ouvre, un peu au hasard et dans lesquels on s’engouffre avec un plaisir, comme une jolie pochette surprise.

C’est exactement ce qui vient de m’arriver avec LES IMBATTABLES de Sarah Maeght (merci de prononcer « mag », je tiens cette information de source sûre).

Basile a neuf ans. Il connaît par cœur une foule de choses inutiles et donc totalement indispensables. Il classe les gens qui l’entourent dans deux catégories, les dignes et les indignes, il aime Jacques Prévert et a un caractère bien trempé.

Victoire, elle, est étudiante. Elle rêve de l’Amérique et reste hantée par un amour toxique. Elle tente de joindre les deux bouts entre baby-sitting et fausses bonnes idées pour gagner sa vie.

Tous les deux vont nous faire vivre une folle semaine dans un Paris rempli d’une jolie humanité.

Moderne, coloré, brillamment contemporain, LES IMBATTABLES est un roman qui se dévore en quelques heures. Sous des allures cinématographiques, léger comme une comédie derrière laquelle se cache une certaine réalité, c’est un roman qui se lit d’une belle traite, comme on se promène main dans la main avec quelqu’un qu’on aime.

Ce roman fait partie de ceux sortis au mauvais moment, à l’heure où déambuler en librairie n’est plus possible. Un roman sur la vie d’avant mais qu’il faut lire maintenant, juste pour se faire un peu de bien, juste pour souffler un peu. Pour se souvenir de nos déambulations justement, celles qui prennent tant de sens aujourd’hui…

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Après ses cours de Lettres à l’université, Victoire s’occupe de Basile. Il a neuf ans, elle en a vingt-trois. Victoire rêve  de partir étudier aux États-Unis, Basile rêve d’avoir un  ami, de visiter la maison de Prévert en Normandie.
Il est pointilleux sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas,  le « digne » et l’« indigne ». Elle vole dans les magasins,  saute les portiques du métro et laisse l’horoscope décider  de son humeur.
Un lundi, Basile rate le car pour son voyage scolaire.  Victoire doit rester avec lui, le temps d’une semaine qui va changer leur vie.

Quartier Libre – Vincent Lahouze

Date de Parution : 15 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Ça commence par un saut dans le vide.

Ça commence fort, ça t’envoie valser dans le décor tout de suite. Pas le temps de respirer. Tu te fais prendre aux tripes et t’as pas le choix.

C’est l’histoire d’un gâchis, et même pas beau le gâchis. C’est peut-être un peu l’histoire de ce que nous sommes en train de faire de notre société. C’est une histoire qui prend aux tripes, qui broie un peu le coeur. Une histoire de rage et de fureur, de bruit et de douleur.

C’est l’histoire d’Olivier, qui débarque dans les pas beaux quartiers, au Mirail, à Toulouse, et qui va tenter de comprendre l’inacceptable, ces raisons qui poussent une adolescente qu’il a vu grandir à se jeter dans le vide.

C’est l’histoire d’Olivier et de son métier de d’animateur social. du jeune homme inexpérimenté, aux préjugés faciles jusqu’à l’homme qui se bat, au quotidien, pour ces jeunes qu’on regarde de travers.

C’est un regard sur les banlieues, sur notre société, absurde et un peu dégueulasse. C’est un roman qui se lit d’une traite, comme on se retrouve prisonnier d’une histoire qu’on ne peut pas lâcher. Comme on ne reprend pas son souffle.

C’est un polar, c’est un roman d’apprentissage, c’est un plaidoyer, c’est un roman social, c’est un témoignage, c’est beaucoup de choses à la fois, c’est un roman qui n’a pas besoin d’étiquette pour exister.

Vincent Lahouze, offre, avec ce deuxième roman un livre absolument percutant. Que j’ai dévoré en quelques heures tant il m’a emporté ! Tu sais, ces lectures qui t’amènent aux petites heures de la nuit, le regard fou et le bras douloureux !

Un deuxième roman, différent, qui va là où on ne l’attend pas. Qui va là où ça fait mal pour notre bien à tous. le roman d’une société malade et mise à mal. Ce livre n’est pas un remède mails il a le mérite de poser les questions.

« – Tu ne peux pas guérir dans l’environnement qui t’a rendu malade. C’est impossible. »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Février 2017, Olivier, éducateur d’une trentaine d’années, assiste à la veillée funèbre d’Ismahane, qu’il connaissait depuis sa plus tendre enfance. Ismahane l’insolente, la libre et charismatique Ismahane, s’est suicidée à la veille de ses seize ans. Pour lui rendre hommage et pour tenter de comprendre son geste inconcevable, il décide de mener l’enquête. L’occasion pour lui de revenir sur ses débuts – chaotiques – d’éducateur dans ce quartier difficile de la banlieue de Toulouse. Un quartier régi par ses propres lois qui vous broie et vous recrache aussi bien qu’il peut vous porter.