La chair de sa chair – Claire Favan

Faites des gosses qu’ils disaient …

Claire Favan est de retour. Il faut que je vous dise tout de suite que j’ai lu l’intégralité de ses romans, lectures teintées de coups de cœur mais aussi, à l’occasion, de petits coups de mou. Aimant beaucoup sa plume, je plonge à chaque parution afin de savoir si le dernier cru sera inoubliable ou pas.

Claire Favan, dans beaucoup de ses ouvrages, s’intéresse de près à la relation mère/fils et elle nous en offre ici une nouvelle variation.

Le lecteur suit Moira O’Donnel, maman courage de trois enfants, dont la dernière née est gravement malade. Pour s’en sortir, nullement question de compter sur les hommes, tant tout au long de sa vie, ils ne se seront pas à la hauteur.

De déconvenues en petits boulot, elle essaye de garder la tête hors de l’eau  même si l’existence ne lui fait aucun cadeau.

Heureusement, il lui reste ses enfants, la chair de sa chair, le fruit de ses entrailles, prêts à tout pardonner à cette mère qui les aime plus que tout.

J’ai aimé le personnage de Moira car elle n’est pas lisse. Elle n’a pas les atours d’une héroïne tragique et n’est pas forcément une mère modèle.

Le hic, lorsque tu aimes un auteur, surtout dans le genre du noir, c’est que tu devines, parfois, (trop) rapidement quel sera le pot aux roses. C’est bel et bien ce qui m’est arrivé ici. Je n’ai pas lu avec déplaisir, car j’aime le rythme Favan, mais je n’ai pu être surpris car j’ai tout de suite capté le nœud de l’histoire.

Verdict, cette histoire ne sera pas sur le podium des livres de l’auteure, pour moi mais je me dis que si on ne connaît pas l’auteure, il peut tout à fait fonctionner chez d’autres ! A vous de vous faire un avis !

Vous connaissez Claire Favan ? Quels sont vos préférés ? Perso, Le Tueur Intime et Serre-Moi Fort restent, à ce jour, mes coups de cœur de cette auteure incontournable du noir français.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Moira O’Donnell c’est, derrière le feu des boucles rousses et l’énergie inépuisable, une femme qui lutte pour garder la tête hors de l’eau.


C’est une vie d’adulte démarrée trop tôt.


Ce sont trois gamins livrés à eux-mêmes et autant de boulots cumulés pour les nourrir.
Ce sont des pères absents : le premier, incarcéré le plus longtemps possible, croit-elle, et le second, suicidé.
C’est une culpabilité sans fin.


Moira O’Donnell, c’est la solitude d’une mère de famille dure au mal qui se bat, tombe et renaît. Pour ses enfants. Et avec eux. À la vie, à la mort.


Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d’autres projets pour elle… Et un problème n’arrivant jamais seul, l’équilibre précaire qu’elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie


Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d’autres projets pour elle… Et un problème n’arrivant jamais seul, l’équilibre précaire qu’elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie.

Trois – Valérie Perrin

Il y a des livres qui sonnent comme des rendez-vous.

Juste avant de se lancer, on se prépare, on se languit, on s’apprête et on s’impatiente. On frémit au moment de franchir le seuil, la fameuse première page. On espère aussi secrètement. Vivre la magie, ce petit éblouissement du cœur. On l’espère cette folle étincelle. Lire, puis tomber en amour, au fil des pages.

Ce livre-là.

Et ces trois-là.

Ils s’appellent Adrien, Etienne et Nina. Ils embarquent dans la vie comme on ne peut avoir rien à craindre lorsqu’on se sent accompagné, entouré. Ils sont inséparables, ils sont cette équation à trois inconnus que la vie va s’attacher à ne pas résoudre. Ils sont la somme de leurs différences. Ils sont ces trois qui ne font qu’un dans les couloirs du collège, à l’aube d’une vie.

Mais le temps passe, les mois, les années et cette vie qui toque à la porte, furieusement.

De ces trois-là, il me reste une trace. Comme un baiser échangé. Celui que l’on ne peut oublier tant il fut sincère et délicat. Cette sensation d’avoir lu un peu de nos vies. Un peu de nous dans les pages précieuses de ce roman fleuve pas si tranquille.

Valérie Perrin est au rendez-vous. Avec sa plume et ce regard sur les autres à nul autre pareil. Elle offre au temps qui passe un écrin précieux et déroule, pour son lecteur, la vie et ces mystères. Ces infimes détails qui nous reviennent en mémoire et donnent corps à une histoire ancrée dans nos petites vérités quotidiennes.

Un roman comme un polar sentimental. Entre hier et aujourd’hui. Comme on fredonne une chanson qui nous revient subitement en mémoire sans l’avoir réentendu depuis des années. Comme on s’abandonne à vivre, dans le bruit de nos fureurs.

Il y a des rendez-vous qu’on ne peut rater.

Et ce livre en est un.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

« Je m’appelle Virginie. Aujourd’hui, de Nina, Adrien et Etienne, seul Adrien me parle encore.

Nina me méprise. Quant à Etienne, c’est moi qui ne veux plus de lui. Pourtant, ils me fascinent depuis l’enfance. Je ne me suis jamais attachée qu’à ces trois-là. »

1986. Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer.

2017. Une voiture est découverte au fond d’un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l’événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d’enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d’amitié ?

Piqûres de rappel – Agathe Portail

Calmez-vous tout de suite.

Je ne viens pas, avec mes gros sabots, polémiquer sur le vaccin du moment ! Non, non, non… J’arrive, telle une abeille malicieuse, vous parler de ma lecture du deuxième roman policier d’Agathe Portail.

Déjà, il faut vous dire que j’avais beaucoup aimé son précédent, L’Année du Gel, et j’ai pris encore plus de plaisir avec ce nouvel opus.

On retrouve donc le major de gendarmerie, Dambérailh, qui débarque en Dordogne et se retrouve vite piqué au vif (je sais, vous vous dites que vous allez en manger des jeux de mots faciles mais je fais ce que je veux en fait) et au cœur d’un nouveau meurtre !

Un truc pas banal, hein, parce que là, un meurtre pas piqué des vers, puisque le dénommé Hugo s’est vu passer l’arme à gauche à cause d’abeilles en furie ! Pas commun, hein ?

Bref, on retrouve ici ce que j’aime chez un auteur de roman policier quel qu’il soit. Une intrigue bien ficelée, des personnages hauts en couleur qu’on aime suivre de livres en livres et une solide documentation pour rendre crédible le tout !

Faut quand même avouer que je suis piqué du personnage de la tante Daphné, qui déjà, dans le précédent ouvrage, m’avait tapé dans l’oeil. Quelle joie de la retrouver ici, égale à elle-même, en enquêtrice de choc et … de choc.

Cosy mystery à l’ancienne, teinté d’un vrai amour du terroir, Agathe Portail crée sa marque de fabrique et impose son style. Ici, rassurez-vous, pas de tripes et de boyaux à outrance mais une galerie de suspects qui vous rappellera encore une fois une autre Agathe de notre connaissance.

Finement écrit, teinté d’un charme à l’ancienne et d’une douce ironie mordante (piquante, c’est ce que je voulais écire, mais je sens que vous avez envie de me frapper) ce roman ancre l’auteure dans le paysage policier français.

Amateurs d’enquêtes à l’heure du thé et de promenades dans les jolis coins de France, vous trouverez aussi une lecture fort agréable, pour peu que vous teniez à l’abri des piqures …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Le major de gendarmerie Dambérailh a été missionné pour remplacer temporairement le chef de la brigade de Montraguil, petite bourgade paisible de Dordogne. Enfin, paisible… On note quelque agitation autour d’une châtaigneraie mise en vente par un monastère voisin et que se disputent un apiculteur et un propriétaire cherchant à étendre un parc photovoltaïque. L’affaire met en émoi l’association des chasseurs qui s’inquiète de voir disparaître un important territoire de chasse.


Pour l’apiculteur, Pascal, et son associé, Hugo, qui ont monté Honey Box, une start-up de vente de miel par abonnement, l’acquisition de la parcelle est vitale pour pérenniser l’affaire et rembourser les dettes accumulées.
Alors que les frères du monastère eux-mêmes montrent des signes de nervosité, une attaque mortelle d’abeilles va plonger Dambérailh dans la perplexité… avant qu’il s’aperçoive qu’il s’est fourré dans un sacré guêpier…