Celle qu’il attendait – Baptiste Beaulieu

Leur histoire, c’est l’histoire d’un amour.

Lui, c’est Joséphin, c’est joli, comme prénom, Joséphin, c’est joli et étrange. C’est beau, comme le bizarre peut l’être parfois. Un peu surréaliste, comme ce roman à l’orée des genres.

Elle, c’est Eugénie D. Isolée d’un monde qui l’effraie, gauche à force de ne pas savoir tenir droite, coincée dans ses kilos et dans le regard des autres.

Baptiste Beaulieu tisse une histoire comme on récite un poème, comme une veillée au coin du feu, comme on saute dans les flaques pour oublier un peu la solitude de notre époque.

Onirique, poétique, déjanté parfois, bouleversant d’humanité, c’est l’histoire d’une rencontre entre deux hurluberlus qu’on aime découvrir.

Véritable mélange des genres, Baptiste Beaulieu passe parfois du coq à l’âne, de Joséphin à Eugénie, entremêlant les genres pour conter leur histoire. Parfois déstabilisant, souvent émouvant. Il faut plonger dans ce roman atypique comme on rencontre. Sans à priori, sans fil conducteur. Faire le choix de s’égarer un peu parfois, en tant que lecteur, dans la substance de ses personnages atypiques.

Pour raconter cette rencontre, cet amour, l’auteur a choisi d’alterner leur passé de doux dingues solitaires et leur rencontre un soir pluvieux à la gare Montparnasse.

C’est un roman qui déstabilise son lecteur, par cette multiplicité des styles, des thèmes, c’est un roman que l’on lit comme on se souvient, au réveil, d’avoir rêvé, sans avoir toutes les clefs mais avec ce sentiment diffus d’avoir vécu un moment doux.

Vous l’aurez compris, le dernier Baptiste Beaulieu, c’est tout un poème. Loin des codes établis, loin du planplan et du ronron auquel parfois nous, lecteurs, sommes habitués. Lire ce roman, c’est se faire surprendre et adopter ces deux êtres, entre Amélie Poulain et Boris Vian.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Eugénie D déborde d’imagination et de projets farfelus pour s’isoler d’un monde qui l’effraie. Elle sait les hommes prompts à arracher les ailes des femmes.


Joséphin, chauffeur de taxi mutique, est né dans un pays en guerre. Il charrie sa maigreur et sa méfiance des hommes. Pour oublier sa mélancolie, il tourne la terre sous ses mains à l’infini.
Leurs vies basculent quand ces deux empotés magnifiques se croisent sur un quai de gare.
Une rencontre improbable, une histoire d’amour hors du temps.

Avec beaucoup de poésie et d’originalité, Baptiste Beaulieu tisse le destin fantastique de ces deux êtres dont les fêlures se répondent comme par magie.

Et me Souvenir de ta Mémoire – Cécile Bergerac

La mémoire. Quel drôle de mécanisme.

Les souvenirs. Les traces de l’intime. Ces infimes délicatesses que l’on garde en soi toute une vie.

La mémoire. Ce qu’on se construit à travers celle des êtres qui croisent notre route.

Cécile Bergerac, dans son second roman, a pris mon cœur entre ses mains et doucement, avec tendresse, vérité et émotion m’a amené jusqu’à la dernière page, les yeux mouillés mais le cœur gonflé d’amour.

Car c’est d’amour qu’il est question ici. Ce roman est une histoire d’amour. Une belle, une vraie, une immense.

Celle de Cécile et de son grand-père.

Je suis entré dans leur vie, je me suis caché dans un coin et je les ai écoutés vivre. J’ai bu les souvenirs d’une petite fille, béate d’amour pour ses grands-parents. J’ai observé cet homme, qui a quitté son Algérie natale pour la France, cet homme digne, profondément émouvant. Son papy. Son géant.

Je les ai observés et je les ai aimés si fort que je les garde encore un peu en moi après cette lecture. Juste parcequ’ils ne vont pas me quitter comme ça …

Cécile Bergerac, définitivement, fait partie intégrante de ma voie lactée, une étoile qui brille dans mon univers intérieur. Je crois qu’elle et moi faisons partie d’une même famille…

Alors, merci infiniment Cécile d’écrire des choses si belles qu’elles nous remuent en dedans. Sans maniérisme mais d’une si belle manière. Dieu, que j’aime lorsque l’écriture se fait ainsi universelle, dans son plus simple appareil.

« Si j’avais plus de maturité, je comprendrais peut-être que la vie ne vaut pas d’être chérie que quand elle offre le parfum des roses, mais également lorsqu’elle perce le doigt maladroit. »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Sans pouvoir en expliquer la raison, Marcel a noué une relation privilégiée avec Cécile, sa cinquième petite fille. Pourtant, quand elle lui demande de lui raconter sa vie en Algérie avant de venir vivre en France, il se dérobe toujours. Il ne veut plus repenser à cette période et aux secrets qu’elle recèle. Mais Cécile est opiniâtre et pose encore et toujours les mêmes questions.


Face à l’obstination dont elle fait preuve, Marcel finit par comprendre que dans son passé se trouvent les racines sur lesquelles grandit sa petite fille chérie et qu’il doit transmettre pour qu’elle puisse s’épanouir. Mais comment, après avoir vécu trois guerres, expliquer sans effrayer ?


Avec toute la pudeur qui le caractérise, il préférera taire le pire et léguer le meilleur : se concentrer sur les odeurs d’épices plutôt que sur celle du sang, sur la fraternité plutôt que sur les divergences ; faire perdurer la lumière plutôt que l’obscurité.

Escapade enchantée

Gare Montparnasse. Samedi matin.

Sans tambour mais avec Trompette (pardon Laura pour le jeu de mots pourri de chez pourri mais tu n’es plus à ça près), le TGV s’ébranle vers le Sud. Caroline, notre « nounou » d’enfer Charleston,  est rassurée, nous sommes arrivés à ne pas rater le train !

Destination la Maison de la Presse de Mérignac, à côté de Bordeaux. Je découvre que l’écriture est une somme de rencontres, une addition de sourires et de moment volés que l’on grave précieusement là où ça bat très fort.

Être accueilli par Marc et Philippe, comme on rend visite à un membre de sa famille et être enveloppé de cette bienveillance incroyable. Reconnaissance immense.

Me voir offrir ce T-Shirt de la team chocolatine et mettre des visages sur des échanges sur les réseaux sociaux. Laetitia, Thibault, Annaelle et d’autres dont j’ai oublié les prénoms (c’est vraiment un problème chez moi) mais dont je n’oublierai pas de sitôt les visages, les sourires et les émotions partagées …

M’apercevoir que, définitivement, je ne sais pas pitcher mon roman à une inconnue de passage. « C’est l’histoire de trois personnages qui , heu, heu , se rencontrent et grandissent ». Autant vous dire qu’elle n’est pas repartie avec mon roman sous le bras, bizarrement …

Revoir ma Kaka, ma Karine, et ces fiches sublimes qu’elle dépose comme une fée un peu dingue sur les livres qu’elle défend si bien de ses jolis poings.

Rire comme des gamins épuisés et fatiguer tout un wagon avec ma comparse d’un jour, Laura Trompette, et écouter Lara Fabian entre deux confidences.

Ecrire, décidément, c’est rencontrer et je le découvre encore un peu plus chaque jour.

Merci de tout mon cœur à vous qui mettez plus que des paillettes dans ma vie et des larmiches dans mes yeux.