Ne m’oublie pas – Alix Garin

Ok. On arrête tout.

On se pose deux secondes et je t’explique ce qu’il vient de m’arriver à la lecture de cette pépite.

Etrangement, ma plus belle lecture de ce début d’année est donc une bande dessinée, un roman graphique. Je me suis fait cueillir comme on se fait surprendre par une petite claque sur la tronche.

Je ne connaissais pas Alix Garin. J’ai acheté ce livre juste pour son titre, pour sa couverture. Quelque chose m’appelait très fort. Je pressentais une pudeur, une vérité. Et je ne me suis pas trompé.

Clémence vient rendre visite à sa grand-mère, qui une fois de plus s’est « échappée » de sa maison de retraite. Pour son bien, il faut la droguer, lui faire encore plus perdre l’esprit. Pour qu’elle reste là, à attendre on ne sait quoi.

Clémence ne peut se résoudre à l’abandonner ainsi et la kidnappe. Débute alors le plus joli des roads trips que j’ai pu lire …

Je n’oublierai pas. Je n’oublierai toutes ces émotions qui m’ont traversé, parfois transpercé devant la justesse de cette histoire simple comme la vie. Je n’oublierai pas la délicatesse des sentiments, la vérité des silences, des dessins qui parsèment cet ouvrage. Je n’oublierai pas les sourires, je n’oublierai pas ces pages qui m’ont mouillé les yeux.

Je n’oublierai pas cette envie de ne jamais à avoir à refermer ce livre.

Les thèmes de la vieillesse, du temps qui passe, de l’enfance qui toque aux portes de nos mémoires abimées, de l’amour immense, sont traités avec grandeur d’âme, à hauteur d’humanité. Sans tabou mais avec une infinie délicatesse.

Du sourire, aux larmes, en quelques bulles. Dieu que j’aime lire ça, la vie, la vraie. Des héros quotidiens qui se débattent contre l’oubli, cette mémoire qui flanche et prend l’eau.

Je n’oublierai pas. Je relirai ce livre. Encore et encore.

Et je n’oublierai pas.

LE RESUME DE L’EDITEUR

La grand-mère de Clémence souffre de la maladie d’Alzheimer. Face à son désespoir, elle prend la décision de l’enlever de la maison de retraite et de prendre la route en quête de l’hypothétique maison d’enfance de sa mamie. Une fuite, une quête, un égarement, l’occasion de se retrouver ? À moins que ce ne soit plutôt des adieux…

Un Fils sans mémoire – Valentin Spitz

Je n’aime pas particulièrement en littérature les fils de.

Ils m’agacent.

Pourtant, ici, en l’occurrence, c’est un fils sans. Qui devra faire avec.

Valentin Spitz, dans ce roman, cesse de se cacher derrière des héros de papier et se livre, comme on grandit au fil des pages.

C’est le roman d’un homme, droit dans ses bottes, qui se raconte et retrouve l’enfant qu’il fut au hasard d’un roman bouleversant tant il est sincère.

C’est l’histoire d’un petit garçon qui attend son papa, icone des années 90 sur les ondes des radios libres. Le Doc. C’est l’histoire d’un homme qui se construira sans mémoire et qui apprendra pourtant à aimer cet homme qui lui a donné la vie.

C’est l’histoire d’un chemin parcouru, de cailloux semés sur ces route pavées de belles prétentions, qu’il devra finir par ramasser pour trouver sa propre voie.

C’est une voix, en littérature, que j’écoute déjà depuis plusieurs ouvrages, et qui chaque fois, me touche par la justesse des mots.

Sans en faire trop, Valentin Spitz entrouvre ces portes, entre enfance cabossée et vie d’homme, sans qu’on ne puisse jamais lui lâcher la main.

Un coup de cœur, un roman courageux, délicat et percutant. Un roman, comme les pièces éparpillées d’un puzzle.

En littérature, rien ne me touche plus que cette forme de sincérité absolue, coûte que coûte. Sans masque. Sans effet de style. Juste pour se dire. Pour ne pas se taire. Sans misérabilisme lacrymal. Sans fausse impudeur.

C’est une histoire vraie, c’est une histoire réinventée, celle d’un fils sans papa, celle d’un homme qui pardonne, qui avance, et qui aime, pour avoir un nom. Une quête d’identité. Forte et fragile.

Merci Valentin de livrer ainsi un si beau roman. Celui d’une quête intime et universelle à la fois.

Merci pour le cœur, le vrai et pour la beauté de cette vérité là.

LE RESUME DE L’EDITEUR

« On ne peut pas inventer les photos qui n’existent pas, on ne peut pas boucher les trous de la mémoire. Non il n’y a rien pour ça. Je pourrais inventer ces images dans un roman mais rien qu’à y penser cela sonne creux, faux, comme un théâtre de pacotille, avec trop de couleurs et de bruit et de mauvais acteurs. Je sais bien, non je sens, que tout cela est à jamais perdu, car on ne peut créer à partir de rien. […] L’histoire aurait dû s’écrire ainsi, ce serait mon éternité, mon destin : un fils sans mémoire, errant au fil de ses angoisses. Père manquant, fils manqué. C’était sans compter les mots, l’écriture, le langage, bois des humains qui construit et rassemble les êtres séparés, permet parfois l’amour. Ce livre raconte cette histoire. Comment un fils est parvenu à aimer son père. »

C’est une quête éperdue. Celle d’un nom, d’une origine et d’une reconnaissance. Celle d’un enfant, Valentin, qui pendant des années a eu un fantôme pour père, Le Doc. Un fantôme qui menait une vie professionnelle et médiatique hors normes. Pendant des années, Le Doc a endossé le costume du père pour des centaines de milliers de jeunes, libérant leur parole et leur permettant de découvrir sans tabous, grâce aux radios libres, leur corps et leur sexualité.


Mais nul n’est prophète en son pays. Et les pères ne sont pas toujours au rendez-vous de leurs propres enfants.

Malgré tout – Jordi Lafebre

C’est un conte à rebours. Un décompte de faits. C’est une histoire d’amour pas comme les autres. C’est un condensé d’émotions, de couleurs et de sentiments. C’est un livre. Ce sont des mots, des dessins. Et c’est tellement plus que ça.

L’existence comme un puzzle. En amour, comme dans la vie, tout se mélange, rien n’est définitif, tout est à faire, à défaire. Rien n’est tout à fait blanc, ni trop noir.

C’est ainsi que ce petit bijou commence par la fin pour nous ramener aux débuts de l’histoire de ces deux êtres beaux comme le sont les doux rêveurs.

Il s’appelle Zeno, il a le pied marin et le coeur aux quatre vents.

Elle s’appelle Ana. Elle a la tête sur les épaules mais le ventre plein de papillons.

Ce livre, il faut le lire. Il faut vous laisser glisser dedans, comme on rêve encore un peu, comme on s’émeut devant la vie qui passe. Comme on apprend à aimer les autres.

Quelle perle que cet ouvrage. Quelle délicatesse!

Humaniste et romantique dans ce que ces mots ont de plus nobles, juste avant que parfois nous en abimions le sens. Zeno et Ana remettront les pendules à l’heure en vous mettant la tête à l’envers.

Malgré tout, presque rien, il suffit de peu, pour qu’une vie s’écoule et que le temps offre ces petits caprices.

Venez, vous ne le regretterez pas.

Venez, là où la vie bat son plus joli tempo.

Juste au début de la fin!

LE RESUME DE L’EDITEUR :

C’est l’histoire d’un amour à rebours. Une passion platonique mais éternelle entre deux êtres.

D’un côté, il y a Ana. Sexagénaire charismatique, ancienne maire tout juste retraitée, mariée et maman. Une battante au grand coeur qui impose le respect.

De l’autre, il y a Zeno. Célibataire endurci, libraire proche de la retraite et doctorant en physique qui aura mis quarante ans pour terminer sa thèse. Un esprit libre et voyageur, aussi séduisant que mystérieux. Au fil des années, ils ont tissé ensemble un amour impossible et intarissable.

Tout en égrainant les excuses qui ont empêché qu’elle ne prenne forme, on remonte le temps de cette romance et de ses méandres… jusqu’à sa source.

Avec Malgré tout, Jordi Lafebre (Les Beaux Étés, La Mondaine, Lydie) nous offre, avec toute la poésie et la tendresse qui le caractérisent, son premier album en tant qu’auteur complet. Un puzzle amoureux complexe, qu’il recompose savamment au travers de scènes distinctes… et pourtant indissociables les unes des autres.

Darling – Tome 02 #hiver – Julien Dufresne-Lamy & Charlotte Erlih

Face caméra.

Tout le monde, n’importe qui, peut devenir une star.

Depuis son salon, depuis sa chambre. Dans les secrets de la porte close adolescente où ne peuvent pénétrer les parents.

Le miracle, il s’accomplit tous les jours sur Youtube, Tik Tok, Insta ou Twitter.

Les vieux cons te diront que Youtube, les réseaux sociaux et compagnie, c’est un peu le vide absolu. Qu’il s’agit d’une insulte à l’intelligence. Tout est fake. C’était mieux avant.

Pourtant, ils sont là, dans notre quotidien, devenant même un média incontournable et régissent la vie de nos ados…

J’étais tellement impatient de me plonger dans ce second tome de la série Darling. Le premier tome m’avait convaincu et celui-ci renouvelle le plaisir !

On rencontre Pierre. Pierre et sa tâche sur la tronche. Disgracieuse. Pierre que sa nana a largué il y a peu.

Pierre va poster une vidéo. Comme ça. Pour rien, pour lui. Pour rire de sa tâche.

Et le miracle se produit, les « vues » s’affolent et c’est la gloire !

En sera-t-il plus heureux pour autant ? Ne perdons-nous pas un peu de notre âme en étant liké ainsi par la multitude ? Des milliers d’abonnés au rythme de l’algorithme. Des haters, des trolls, cette faune 2.0, digne d’un Seigneur des Réseaux.

Julien Dufresne-Lamy et Charlotte Erlih se glissent une nouvelle fois avec brio dans la peau d’ados et ça fonctionne ! Comme dans le premier tome, les auteurs proposent un roman choral avec ces jeunes.

Touchants, parfois agaçants, ils sont le pur produit de notre époque et ce deuxième tome de Darling la décrit d’une bien belle façon. Sans juger, sans minimiser ou bêtifier notre jeunesse.

Vivement le troisième tome !

RESUME DE L’EDITEUR :

À la rentrée de janvier, Pierre vient de se faire larguer par Agathe. Vivant dans l’ombre d’un père tyrannique, il se réfugie habituellement dans l’humour. Mais depuis sa rupture, il n’a plus goût à rien. Pour tenter de lui remonter le moral, son meilleur ami Solal l’encourage à créer des vidéos sur Youtube. Et qui sait, devenir célèbre pourrait être un moyen de reconquérir la superficielle Agathe accro aux influenceurs. Tournant en dérision son angiome sur le visage, Pierre crée son compte “Pierrot la Tache”. Ses premiers essais sont un échec. Solal, en tant que monteur des vidéos, essaie de donner des conseils à son ami. Pierre se vexe, une dispute éclate, Solal déguerpit sur son skate. Il file, tant aveuglé par la colère qu’il ne voit pas la voiture qui arrive sur le côté… 

En racontant sans filtre son drame personnel, le succès frappe soudain à la porte de Pierre et redistribue les cartes complètement. Le voilà adoubé par les Youtubeurs les plus célèbres, star du bahut, et repéré par des agents…

Ce deuxième tome de la tétralogie «Darling »explore les vertiges de la starification à l’heure des réseaux sociaux, comment elle chamboule l’existence, peut briser une amitié et faire naître la haine.

Ils s’aiment – Neal Treadwell

Ils s’aiment.

Dans un monde idéal, les choses s’arrêteraient là. Il ne serait pas question de courage, juste d’amour. Cet ouvrage est un témoignage silencieux mais oh combien bouleversant.

Galerie de portraits, de photographies authentiques, prises entre 1850 et 1950. Instantanés de vies à hauteur d’hommes, d’hommes amoureux.


Une collection unique, minutieusement retrouvée. Des hommes de tous milieux, de toutes nationalités.

Photographies de garçons. Qui s’aiment. de couples. Unis.


Alors que c’est interdit. Alors que juste l’idée de ces photographies est répréhensible lorsqu’on remet les perspectives de l’époque.

Pourtant, ils osent fixer sur l’objectif une trace, comme on regarde droit dans les yeux celui qui vous juge. Une trace de leur amour. Pour une vie, une nuit, une semaine ?

De ces garçons, on ne sait rien. Juste des centaines de photographies pressées par le temps. Pour se rappeler que l’amour ne devrait pas être une lutte, juste se vivre.

J’ai imaginé chaque vie derrière l’objectif. J’ai imaginé qu’ils s’appelaient Franck, Tom, Andrew, Félix ou Jean-Paul. J’ai imaginé les tourments derrière les sourires. Les renonciations, les guerres perdues et les batailles qu’ils n’ont pas mené. J’ai imaginé car on ne sait rien. Et pourtant, ces photographies disent tout.

Ils s’aiment. Et je les aime aussi.

J’ai frissonné aussi. J’ai remercié la vie d’être né à la « bonne » époque. J’ai frémi de ce qui pourrait arriver si on laissait gagner la médiocrité, la haine et l’indifférence de l’autre.

Un ouvrage de photographies qui ne racontent rien mais révèle tellement que je suis bouleversé de le refermer. Je suis rempli d’eux. de leurs regards. de leurs mains qui se serrent. Presque timidement.

Je me suis senti héritier de ceux qui ont osé, avant moi, et qui ont ouvert les portes de placards encombrés. Un recueil, un album photos de ces garçons qui sont un peu maintenant de ma famille.

Ils s’aiment.

Et le courage parfois ne tient qu’à une photographie oubliée au fond d’un placard.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Ils s’aiment est un voyage photographique et romantique sur un siècle d’histoires d’amour
interdites. Rassemblées par un couple de collectionneurs, ce fonds photographique unique
est riche de plus de 2 700 clichés. Il fallait du courage à ces hommes pour fixer ainsi leur
amour, alors que l’homosexualité était socialement réprouvée, voire pénalement réprimée.
Il faudra attendre la fin des années 1960 pour que l’opinion publique des pays occidentaux
commence à reconnaître l’homosexualité comme forme de vie amoureuse à l’égale de
l’hétérosexualité. Chaque photographie du livre est une histoire d’amour, mais aussi une
histoire porteuse de souffrance et de douleur.


Ces photos ont été trouvées dans des marchés aux puces, des boîtes à chaussures, des
archives familiales, des vieilles valises, mais aussi sur Internet et lors de ventes aux enchères.
Même si elles sont majoritairement d’origine américaine, le livre présente aussi des clichés
de couples gays venant de nombreux autres pays (Canada, France, Royaume-Uni, Allemagne,
Bulgarie, Russie, Estonie, Ukraine, Argentine, Thaïlande, Japon et Australie). Au-delà de la
diversité géographique, ces images montrent aussi une grande diversité sociale. On y voit
des riches et des pauvres, des Blancs et des Noirs, des jeunes et des plus âgés, les cols blancs
et des ouvriers ou des paysans… Notre regard sur l’homosexualité dans la première partie du
XXe siècle est renouvelé.

Si ça saigne – Stephen King

Il est revenu.

Et si CA te rappelle quelque chose, c’est tout à fait normal (private joke entre fans de Stephen).

Le King is back et nous arrêterons ici les phrases en anglais, je vous rassure.

Bon, il faut bien l’avouer, Stephen King a à peine le temps de nous manquer qu’il sort déjà un nouveau livre ! Un des auteurs américains les plus prolifiques de sa génération revient avec un recueil de quatre nouvelles cette fois.

Et s’il est bien un domaine où j’aime le retrouver, c’est bien celui-ci même s’il faut bien le dire, parfois, ses « courts textes » sont l’équivalent d’un roman entier chez d’autres écrivains ! Le bougre nous en donne pour notre argent !

Quatre nouvelles donc :

LE TELEPHONE DE M. HARRIGAN, la jolie amitié entre un jeune garçon et son employeur millionnaire, peut-être mon texte préféré du recueil tant le gamin est attachant.

LA VIE DE CHUCK, nouvelle originale, presque cinématographique dans son traitement, en trois actes pour raconter la vie d’un homme ET la fin du monde.

SI CA SAIGNE, le plus long teste du recueil qui lui offre d’ailleurs son titre, est une suite de son roman L’Outsider que l’on peut lire aussi indépendamment. On retrouve Holly et son agence de détective, confrontée à une explosion dans un collège.

RAT, ou encore un texte de King traitant d’un écrivain, de l’angoisse de la page blanche avec ce héros qui a publié quelques nouvelles sans jamais arriver à écrire de roman jusqu’au jour où l’idée fuse et qu’un rat entre dans son existence …

Stephen King fait du Stephen King, sans surprise mais avec brio. On retrouve ici les thèmes chers à son coeur que sont les nouvelles technologies, la fin du monde, le personnage de l’écrivain torturé, l’au-delà et le deuil. L’écrivain se fait plaisir, et s’il est parfois un brin bavard, les afficionados ne bouderont pas leur plaisir.

Perso, je suis plus touché par le Stephen King d’il y a quelques années même s’il reste encore aujourd’hui un monument de la pop culture !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Les journalistes le savent : si ça saigne, l’info se vend. Et l’explosion d’une bombe au collège Albert Macready est du pain béni dans le monde des news en continu. Holly Gibney de l’agence de détectives Finders Keepers, travaille sur sa dernière enquête lorsqu’elle apprend l’effroyable nouvelle en allumant la télévision. Elle ne sait pas pourquoi, le journaliste qui couvre les événements attire son attention…


Quatre nouvelles magistrales, dont cette suite inédite au thriller L’Outsider, qui illustrent, une fois de plus, l’étendue du talent de Stephen King.

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur – Maurice Leblanc

La littérature est un refuge.

J’en suis persuadé.

Et lorsque l’époque ne prête pas à rire, je m’aperçois que j’aime à me réfugier en d’autres temps, d’autres lieux. Ces auteurs surannés mais si indispensables pour voler des sourires.

Car il y a des héros, romanesques à souhait, qui traversent le temps, nimbés d’une aura prestigieuse qui dévale les décennies, comme on se moque du présent.

Ici, c’est la Belle Epoque. Belle, oui. Loin du sale temps et des solitudes masquées. Et Dieu sait que pourtant, il avance plutôt dissimulé l’Arsène.

Arsène Lupin.

Le héros crée par Maurice Leblanc fait partie de ceux-là.

Arsène Lupin.

L’énergumène énervant et tellement attachant. L’élégance de la roublardise, Robin des Bois délicat et irrévérencieux. L’homme qui tombe à point quant tu pourrais couler à pic.

Ce premier tome, si je puis dire, nous permet de rencontrer Lupin et compagnie et offre un panel de ses nombreux talents. Plus qu’un roman, nous avons ici une succession de neuf nouvelles qui permettent au lecteur d’entrer de plein pied dans l’univers de Lupin.

Imaginé comme un roman feuilleton, Lupin traverse son temps et se joue de son époque, comme on virevolte.

Maurice Leblanc s’amuse de son lecteur, d’une histoire à l’autre, avec brio. Il se joue des points de vue, des personnages, rendant la lecture follement ludique et carrément jubilatoire. On ne sait jamais d’où va surgir le gentleman cambrioleur, au détour des pages et des larcins élaborés avec lesquels il nous régale.

La littérature est un refuge.

Lire Lupin, c’est une symphonie au milieu des larsens un peu discordants de ces mois écoulés.

Merci Arsène !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Vif, audacieux, impertinent, rossant sans arrêt le commissaire (qui ici, en l’occurrence, s’appelle l’inspecteur Ganimard), traînant les cœurs après lui et mettant les rieurs de son côté, se moquant des situations acquises, ridiculisant les bourgeois, portant secours aux faibles, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur est un Robin des Bois de la « Belle Époque ». Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas trop au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit ; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vit comme un aristocrate. Arsène Lupin, après plus d’un demi-siècle, n’a pas vieilli. Il ne vieillira jamais en dépit de son chapeau haut de forme, de sa cape et de son monocle.

La Traversée des Temps, Tome 01 : Paradis perdus – Eric-Emmanuel Schmitt

Ce roman est une folle entreprise.

Imaginez ! Racontez l’histoire du monde en huit tomes à travers les yeux d’un immortel … Il n’y a bien que Monsieur Schmitt pour se lancer dans une telle odyssée !

Ce roman est la première pierre d’un projet pharaonique qui tient à cœur à l’auteur depuis des années et qu’il préparait avec amour depuis longtemps.

Pour lancer son grand œuvre, il nous amène à la rencontre de Noam, qui semble se réveiller d’un long sommeil, dans une grotte, de nos jours. Que fait-il là ? Où va-t-il ? En quel état erre-t-il ?

Noam est né il y a 8000 ans et ce premier tome nous entraîne à sa suite dans « dans un pays de ruisseaux et de rivière, au bord d’un lac, devenu une mer », ce fameux paradis terrestre, où sa folle destinée viendra à sa rencontre sous les traites d’une femme, la femme qui hantera ses jours et ses nuits, qui le révélera à son destin hors du commun, la mystérieuse Noura …

Erudit et passionnant, un roman à l’orée de l’humanité et des genres. Un roman comme une machine à remonter le temps qui vient illuminer le présent, lorsqu’hier explique aujourd’hui. Un roman pour remonter les courants, les idées, les concepts, dans tant de domaines qu’il donne le vertige. Remonter aux origines, celles du Savoir, cette connaissance de l’Homme que chérit Eric-Emmanuel Schmitt et qui nous pousse à tourner chaque page comme un album de famille, celle de notre humanité, Noam devenant notre ancêtre à tous.

Parlons également de cette superbe couverture qui donne tout de suite envie de plonger dans cette saga folle, qui une fois terminée, dans quelques années, fera du plus bel sur nos rayonnages.

Je ne peux que vous conseiller à vous lancer, à votre tour, sur les traces de Noam, pour profiter pleinement d’un ouvrage qui véritablement, vous offrira un « déluge » d’émotions, de sensations, de réflexions et d’aventures. Un ouvrage qui redonne vie aux paradis perdus et à l’Homme dans ce qu’il fut pour devenir …

J’attends le second tome avec impatience, foi de Juju …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Cette Traversée des temps affronte un prodigieux  défi : raconter l’histoire de l’humanité sous la forme d’un roman. Faire défiler les siècles, en embrasser les âges, en sentir les bouleversements, comme si Yuval Noah Harari avait croisé Alexandre Dumas. Depuis plus de trente ans, ce projet titanesque occupe Eric-Emmanuel Schmitt. Accumulant connaissances scientifiques, médicales, religieuses, philosophiques, créant des personnages forts, touchants, vivants, il lui donne aujourd’hui naissance et nous propulse d’un monde à l’autre, de la préhistoire à nos jours, d’évolutions en révolutions, tandis que le passé éclaire le présent.


Paradis perdus lance cette aventure unique. Noam en est le héros. Né il y a 8000 ans dans un village lacustre, au cœur d’une nature paradisiaque, il a affronté les drames de son clan le jour où il a rencontré Noura, une femme imprévisible et fascinante, qui le révèle à lui-même. Il s’est mesuré à une calamité célèbre : le Déluge. Non seulement le Déluge fit entrer Noam-Noé dans l’Histoire mais il détermina son destin. Serait-il le seul à parcourir les époques ?

Un Monde après l’autre – Jodi Taylor

Je rêvais d’un autre monde, tu sais, celui où la Terre serait …

Tu connais la chanson, on te la fait pas, hein …

Un autre monde, donc. C’est bien de ça qu’il s’agit ici. Enfin, non, pas vraiment, en fait. Ce premier tome d’une série fort prometteuse parle de notre monde, le seul, l’unique mais propose un pari fou, le découvrir à travers le temps. Une multitude de mondes qui font le Monde !

Et c’est ce que propose l’institut St Mary puisque là-bas, on étudie l’Histoire en voyageant dans le temps ! Bon, dis comme ça, tu comprends tout de suite que nous sommes sur une saga de science-fiction mais pas que, pas que, crois-moi !

Le lecteur pénètre les secrets de la vénérable institution en même temps que notre héroïne, Madeleine Maxwell, Max, pour les intimes, et prend le temps de découvrir les rouages de cette école pas comme les autres aux allures d’un Poudlard pour adultes !

Car oui, c’est un roman pour adultes et non pas une énième saga jeunesse. Pour adultes qui sont restés de grands enfants et qui ont envie de partir pour une aventure sans temps mort, promesse de folles péripéties à travers le temps !

Dans ce premier tome, on plonge avec délectation dans ces voyages temporels pour découvrir le passé de l’intérieur. On s’attache à Max et à ses pérégrinations incroyables entre le grand incendie de Londres ou la période des dinos ! On se fascine pour les rouages de l’institut et ses chercheurs qui ne doivent surtout pas altérer le cours de l’Histoire mais la comprendre de l’intérieur.

Le plaisir ici est double : la lecture d’un bon roman qu’on ne peut lâche et le vertige des possibilités dans les tomes à venir tant le terreau semble vaste !

Lecture plaisir avec une couverture qui comblera aussi les petits collectionneurs que nous sommes !

« Alors, dites-moi, docteur Maxwell, si l’Histoire vous était présentée sur un plateau d’argent, où iriez-vous ? »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Derrière l’innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé. Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils « étudient ‘en temps réel’ les événements majeurs de l’Histoire ». En se faisant passer pour d’inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n’ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l’Histoire… au risque d’en mourir.

Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l’équipe de l’Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d’embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s’offrent à elle…

De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, la jeune historienne va revivre d’extraordinaires événements. Alors qu’au sein de l’institut naissent des enjeux de pouvoir…

Le chant de nos filles – Deb Spera

C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane.

Comme dans la chanson.

On ne dirait pas le sud. C’est le Sud. La Caroline du Sud précisément dans les années 20.

Ce Sud qui, en littérature, souvent, me passionne. Le Sud des injustices, où les femmes ne peuvent que perdre leur Nord.

Elles s’appellent Gertrude, Annie et Retta. Et croyez-moi, on ne les rencontre pas par hasard.

Chacune d’elle nous donne envie de la suivre. Gertrude, cette mère de quatre filles, dont la misère n’a d’égale que la violence de son mari. Annie, riche et pourtant si seule, à la fin de son existence. Et Retta, dotée d’un don unique, au service des autres, né avec l’abolition de l’esclavage.

Chacune à sa manière va devoir se battre contre une société arriérée, qui méprise la condition féminine. Chacune d’entre elle va se battre pour les filles à venir. Chacune va lutter avec l’autre.

Un premier roman que l’on verrait bien adapté au cinéma tant ces femmes prennent vie sous nos yeux dans un contexte géographique et historique passionnant.

Deb Spera offre un roman choral de toute beauté. Ce roman se lit comme on écoute la musique et qu’on se laisse emporter par elle. Chaque voix, chaque femme, porte l’écriture, emporte le lecteur. Comme on raconte une histoire au coin du feu. Une histoire de femmes, de destins et de secrets.

Ce roman est un chant oui. Qui monte crescendo, qui prend au cœur et qu’on ne peut plus lâcher jusqu’à la fin.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

1924, Caroline du Sud.


Alors que la région a vu ses plantations et son économie dévastées, Gertrude, mère de quatre enfants, doit prendre une décision terrible. Elle est prête à tout pour sauver ses filles de la famine et échapper à son mari violent. Retta, elle, navigue dans un monde difficile en tant qu’esclave affranchie employée par les Coles, autrefois propriétaires de sa famille.
Enfin, Annie Coles, la matriarche, doit faire face à la sinistre vérité qui a déchiré les siens.

Ces trois femmes n’ont apparemment rien en commun. Mais le destin va pourtant les unir, lorsque chacune décidera de faire face, à sa manière, pour que prennent fin les injustices…

Harry Potter à L’école des Sorciers – J.K. Rowling (MinaLima Edition)

Je viens de relire le premier tome d’une saga incontournable. J’avais besoin, après plusieurs lectures bouleversantes, de rêver un peu ! J’ai parcouru cette édition avec un frisson de plaisir tout du long. Avec la certitude que la magie existe réellement.

La magie. Redécouvrir ce monde si original. C’est tout un classique qui revient en mémoire en quelques secondes. Les bases d’un monde incroyable. Les moldus. Dumbledore. Le Quidditch. Poudlard. Gryffondor. Tout un charabia passé dans le langage courant!

Ici, les studios MinaLima illustrent et transcendent l’œuvre et il s’agit là de la plus belle édition à ce jour de ce classique de la littérature jeunesse ! Les livres sont des trésors mais là, on est concrètement sur un ouvrage juste fou ! Chaque page est un trésor, chaque illustration apporte son lot de re(découvertes) d’un livre que je pensais connaître par cœur.

Je me suis surpris à interrompre ma lecture pour détailler les mille secrets que recèle cette formidable édition. J’attends le tome deux avec tellement d’impatience, il va falloir s’armer de patience pour voir l’intégrale publiée en intégralité dans ces éditions uniques!

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Découvrez ou redécouvrez le texte intégral de J.K. Rowling avec de sublimes illustrations en couleurs et huit surprises animées : ouvrez la lettre de Poudlard, parcourez le Chemin de Traverse, faites apparaître un festin dans la Grande Salle… Vivez comme jamais auparavant l’aventure du plus célèbre des sorciers !

Souviens-toi d’aimer – Léa Volène

Date de Parution : 28 Octobre 2020

« Aimmmmer, c’est ce qu’il y a de plus beauuuu !

Aimmmmerrrr, c’est monter si hauuut ! »

Pour la chanson, c’est cadeau, la famille !

Je ne sais pas vraiment pourquoi mais je me la suis retrouvée en tête pendant deux jours ! Et je ne souhaite l’expérience à personne !

Bref.

Je suis venu te parler de Bettina ! Et pas d’amour tartignolle …

Pauvre Bettina !

La loose, tu connais ?

Se retrouver à trente baluches des poux sur la tête et sans domicile fixe, y’a de quoi tourner bourrique ! Surtout lorsque les relations avec son fils de sept ans ne sont pas au fixe suite à une séparation d’avec le papa. Alors, quand elle se retrouve contrainte d’emménager chez sa grand-mère, le temps de se retourner, le lecteur se retrouve vite de tout coeur avec elle !

J’avais besoin d’un petit coup de frais, après des lectures un peu compliquées et une météo plus que capricieuse et ce roman m’a finalement surpris ! Car sous cette couverture acidulée et champêtre se cache plein de jolies émotions !

Un roman sur la maternité, sur la difficulté d’être femme, d’être mère. Sur la reconstruction des liens. Sur l’amitié. Un roman d’amour, oui. L’amour de soi.

Ce qui m’a séduit dans la plume de Léa Volène, ce sont ses pointes d’humour qui tapent juste, au détour d’une phrase. J’ai beaucoup souri, je dois bien l’avouer, j’ai même gloussé à la lecture de certains titres de chapitres, juste savoureux !

Un roman « feel good » dans sa plus jolie tradition. Tendre, plein de jolies petites vérités et avec un humour tellement rafraîchissant !
En ces temps de galère, il est bon de cheminer avec Bettina et sa jolie petite bande ! Et la plume de Léa est bien prometteuse !

Allez, c’est pour moi, un petit dernier pour la route …

« Aimerrrr, c’est ce qu’il y a de plus beauuuu … »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Il y a bien longtemps que Bettina ne croit plus aux contes de fées. Depuis son divorce, rien ne va plus dans sa vie.


Son jeune fils Nicolas est parti vivre avec son père, à des centaines de kilomètres. Alors quand elle trouve un travail dans la région où ils vivent désormais, elle espère que tout va changer.


Cruelle désillusion. Elle espérait retrouver un rôle de mère à plein temps, mais Nicolas semble fuir tout contact. Pire, il parle sans cesse de son père si parfait… Et pour ne rien arranger, elle doit vivre chez son insupportable grand-mère !


Mais, même dans les moments difficiles, la vie réserve des surprises et de belles rencontres. Grâce à de nouvelles amitiés, Bettina entrevoit l’espoir d’un nouveau départ. Il est temps de reprendre sa vie en main et de trouver le bonheur, enfin.