Oops I Did It Again …


Et voilà, on m’ y reprend ! La main dans le sac et le stylo palpitant !


Contrat signé et second roman dans les tuyaux.


Je ne suis pas très paperasse mais il y a des gribouillis qui comptent plus que d’autres. Qui prennent des allures de victoire sur soi, sur le doute, sur ces mots que l’on porte à l’intérieur de soi.
L’émotion est intacte. La peur au ventre, les fourmis aussi, l’excitation de revenir vers vous avec ce nouveau roman, avec cette nouvelle histoire. Son titre ?


LE MAGASIN DES JOUETS CASSÉS


Parce que définitivement j’aime les cabossés, les déglingués, ceux qu’on abandonne dans un coin. Parce que parfois, la vie, c’est pas du jeu, c’est pour de vrai…


Il sera là au printemps prochain, le printemps c’est joli pour se parler d’amour. En avril 2022. Aux éditions Charleston, la famille. J’ai hâte. J’ai peur. J’ai le cœur qui bat fort, encore. Grâce à vous.


Parce que vous avez tellement porté son grand frère que je ne peux qu’espérer que vous aimerez ces nouveaux personnages autant que je moi, je les aime.


On s’en reparle très vite, le temps de laisser l’hiver derrière nous et de retrouver ce soleil cher à mon cœur.


A très vite, la famille !

907 Fois Camille – Julien Dufresne-Lamy

J’ai tourné 907 fois ma plume dans l’encrier avant de pouvoir rédiger ce que je pensais de ce livre.

Je dis de ce livre car je ne sais pas bien comment le nommer.

Est-ce un roman, est un récit, est-ce une biographie ? En fait, on s’en fiche un peu. Nul besoin de le faire rentrer dans des cases. Car ce livre donne de la voix, et plutôt deux fois qu’une, à Camille, cette amie chère au cœur de son auteur, à Camille donc, et aux femmes.

Car oui, c’est une sorte d’hommage, follement bien écrit, à ces femmes dans ce monde d’hommes étriqués. A travers le portrait tendre, bienveillant, presque amoureux que dresse l’auteur, il ébauche un cri d’amour pour les femmes.

Julien Dufresne-Lamy est au auteur prolixe, oui, et souvent, il arrive là où ne l’attend pas, à force de travail, et de volonté, il me semble, à vouloir laisser une œuvre.

Dans ce livre, il écrira donc 907 fois Camille, il parlera d’elle, mais également de lui. De son métier d’écriture, de sa façon de l’appréhender. Il parlera de cette amie, fille et fille de. De Dodo la Saumure. Il parlera de l’écriture et de la vérité qu’elle revêt parfois.

Une nouvelle fois, les mots, les phrases de Julien sonnent comme une musique intime et peut-être ici, sûrement même a-t-il décidé de se livrer, donnant à cet ouvrage une place particulière dans sa bibliographie.

Ce portrait d’une fille comme les autres, avec pourtant sa propre histoire familiale et personnelle, est l’occasion de faire entendre la voix d’un auteur discret et c’est ce qui m’a le plus séduit entre ces pages, vous l’aurez compris.

En attendant de découvrir le prochain ouvrage de Julien et en espérant en compter au moins 907, je vous invite à faire cette rencontre. Pour la beauté des mots. Toujours.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

C’est l’histoire vraie de Camille, fille de. Pas d’un acteur ni d’un chanteur, mais du proxénète notoire Dodo la Saumure. Depuis l’enfance, Camille compose avec l’absence de ce père occupé par ses maisons closes et ses allers-retours en prison. Camille grandit dans la honte et les secrets de famille avec une seule question : comment devenir une femme dans l’ombre d’un père qui en exploite tant ?
L’expérience de Camille est universelle, car elle illustre la place et le combat de toutes ces femmes aux prises avec des hommes qui les méprisent, les dupent, les utilisent pour dominer et triompher.

C’est aussi l’histoire d’un écrivain, Julien Dufresne-Lamy, qui pour raconter son amie Camille reprend la narration depuis l’origine. Il interroge l’écriture et les souvenirs enfouis de son héroïne en se demandant sans cesse : comment écrire le vrai, la vie d’une autre, l’amitié sans trahir la littérature ?

Un récit littéraire sans compromis, construit comme une captivante enquête sur la famille et le secret, qui parle autant de proxénétisme que d’amour.

Shining – Stephen King

Il y a des titres cultes. Auréolés de gloire et dont la seule évocation vous ramène des années en arrière.

Je viens de relire SHINING en deux petits jours et une nuit presque blanche. Découvert à l’adolescence, comme la plupart des œuvres du monsieur, il fut à l’origine de mes premiers frissons de lecteur et les nouvelles éditions du Livre de Poche, juste sublimes, me permettent de redécouvrir, des décennies plus tard, ces romans qui me trottent encore en tête tant ils sont forts !

Il s’agit là du troisième roman publié par Stephen King, à la fin des années 70, et autant te dire qu’il n’a pas pris une seule ride.

L’Overlook Palace. Cet hôtel grand luxe perdu au beau milieu des montagnes rocheuses. Lieu mythique de l’imagerie de Stephen, au fil des années. Souvent imité, jamais égalé, en littérature.

C’est là que Jack Torrance vient s’installer pour l’hiver, en tant que gardien, avec sa femme et son fils. C’est là qu’il croit venir abriter sa petite famille alors qu’il va inéluctablement plonger entre les griffes de l’hôtel.

Au fil des jours, les températures baissent et les esprits s’échauffent. Peu à peu, l’hôtel va montrer son vrai visage.

L’art de ce roman provient de ses personnages, humains et auquel on peut s’identifier facilement. Peu à peu, la tension monte jusqu’à nous laisser dévorer les dernières pages, complétement happés …Le King, ici, est au sommet de son art. Terrifiant huis-clos, il nous plonge dans les secrets d’un hôtel maudit où les fantômes hantent les longs couloirs et où personne ne vous entendra crier …Tu lis le King ? C’est quoi ton top 3 ?

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Situé dans les montagnes Rocheuses, l’Overlook Palace passe pour être l’un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté…


L’hiver, l’hôtel est fermé.


Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l’habite un gardien.


Celui qui a été engagé cet hiver-là s’appelle Jack Torrance: c’est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d’échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny.


Danny qui possède le don de voir, de ressusciter les choses et les êtres que l’on croit disparus.


Ce qu’il sent, lui, dans les cent dix chambres vides de l’Overlook Palace, c’est la présence du démon. Cauchemar ou réalité, le corps de cette femme assassinée ? ces bruits de fête qui dérivent dans les couloirs ? cette vie si étrange qui anime l’hôtel ?


Un récit envoûtant immortalisé à l’écran par Stanley Kubrick.

Au soleil redouté – Michel Bussi

Je rentre à peine des îles Marquises et qu’est ce j’ai bien fait d’entreprendre ce voyage !

Tout commence dans ma petite librairie de quartier lorsque je tombe sur l’édition poche avec cette couverture orange et ce tiki de toute beauté qui m’appellent ! Que celui qui n’a jamais acheté un roman juste pour sa couverture me jette la première pierre !

De Monsieur Bussi, j’avais adoré Nymphéas noirs, beaucoup moins Un Avion Sans Elle. Et pour dire vrai, à force de le voir partout, je ne m’étais plus trop intéressé à sa prose.

Pourtant, j’ai embarqué direct pour ce séjour sur les terres de Brel et Gauguin. Comme si j’y étais. Le cadre est splendide et original pour un jeu de massacre plein de cadavres exquis.

Elles sont cinq à avoir remporté un concours d’écriture, cinq femmes. Elles débarquent alors au paradis pour un stage d’écriture avec le faiseur de best-sellers, Pierre-Yves François.

Hommage assumé à Agatha Christie et à ses dix petits nègres, ce roman m’a offert un vrai bon moment, les coups de soleil en moins !

Ah ! La magie de la littérature … et le machiavélisme de Michel Bussi !

Il offre un roman intriguant, piquant et complétement dépaysant où il joue avec nos nerfs jusqu’à la fin que je n’avais pas vu venir, sombre idiot que je suis ! Et pourtant, j’ai cherché ! Qu’est ce que j’aime me faire mener en bateau, surtout dans les îles Marquises !

Je vais m’en lire d’autres romans de Monsieur Bussi mais évidemment, en bon collectionneur qui se respecte, il faut que je me procure les éditions limitées aux couvertures sublimes de Manon Bucciarelli !

Avis aux amateurs, quels sont les incontournables de cet auteur ?

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Elles étaient cinq…


Cinq lectrices fidèles et auteures en herbe qu’un concours expédie, pour une semaine, au paradis du Pacifique, les îles Marquises. Au programme, atelier d’écriture sous la baguette du grand écrivain Pierre-Yves François, et puis… tout le reste, bien sûr : découverte de l’île – ce joyau fauve cher à Gauguin et chanté par Brel –, sable noir, folklore local, tatouages raffinés, disparitions mystérieuses et meurtres en série…

Sous l’œil placide des grands tikis, quelqu’un tue au soleil. Qui sera la prochaine victime ?

Le Bonheur l’Emportera – Amélie Antoine

Je débarque avec mes gros sabots pour vous dire de lire ce roman.

Juste, lisez-le.

Pourtant, je ne peux rien vous dire sur cette histoire. Il ne faut rien gâcher, ne pas abimer la rencontre que vous allez faire. Juste vous laisser partir à la suite d’une petite famille de notre époque à laquelle vous allez vous attacher.

Je ne dirai rien de plus. Ou si, juste évoquer la vérité, la délicatesse des sentiments, qui planent sur ces pages.

Juste dire combien l’émotion est là, tout au long de cette histoire bouleversante.

Juste dire combien Maël, Joachim et Sophie vous resteront en mémoire, longtemps après avoir refermé le livre, preuve s’il en est de al force des personnages.

Juste vous dire que j’ai souri, j’ai eu les yeux mouillés et le ventre noué. Combien de livres peuvent noue emporter ainsi ?Amélie Antoine, avec ce roman, enfonce le clou dans mon cœur de lecteur et entre dans la liste de ces écrivains dont je veux tout lire, tant l’émotion est immense.

Lisez ce roman, lisez-le, oui car même si on ne sait pas capturer le bonheur, il y a entre ces pages, ce supplément d’âme imperceptible et follement sincère d’une auteure qui sait parler des autres comme personne.

Lisez ce roman car le bonheur n’attend pas et surtout, venez m’en dire des nouvelles !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Elle s’appelle Sophie, elle est dynamique, débordée, et elle déteste lâcher prise. Son enfant, Maël, est différent. Très différent. Elle le sait mais ne l’accepte pas…

Joachim, le père, lui, est un homme engagé. Un combattant. Il aimerait que Maël soit enfin lui-même, libre et heureux dans son corps. Mais il ne sait pas comment l’aider à sortir de son enfermement.

Une famille comme tant d’autres. Déchirée. Dépassée. Au bord du chaos. Il suffit pourtant d’une étincelle pour faire jaillir la lumière. Et croire de nouveau à la possibilité du bonheur…

Après – Stephen King

Le King nouveau arrive demain en librairie et en bon fan qui se respecte, je me suis plongé dans ce nouvel opus avec un petit frisson d’appréhension…

Pour tout vous dire, le King de ces dernières années ne tape pas toujours juste avec moi et j’avoue avoir abandonné son Institut en cours de route … Comme quoi, on peut être fan mais aussi complétement lucide !

Cette fois, le King nous revient avec un roman plutôt court à la frontière entre polar et épouvante.
Jamie, le héros, est un jeune garçon comme les autres sauf qu’il a le pouvoir de parler aux morts.

Je sais, on a tous vu Sixième Sens, on connaît la chanson ! Pourtant, ici, on se retrouve avec un vrai polar Kingesque à souhait et qui rue dans les brancards sans nous infliger de trop longues descriptions ! Direct à l’essentiel et vas y que je peux pas lâcher le bouquin avant de l’avoir terminé !

Seule la mère du héros est au courant de son « don » et va finir par recourir aux services de sa progéniture pour tenter de garder le bateau à flot parce qu’en tant que mère célibataire et agent littéraire, la vie peut parfois vous mettre de sacrés bâtons dans les roues !

On retrouve les thèmes chers au monsieur, évidemment, avec même pour les aficionados des renvois marqués à certaines de ses œuvres cultes précédentes mais je ne gâcherai pas le plaisir de la découverte ! Et on peut tout à fait dévorer ce roman sans avoir la réf, pas de souci !

J’adore le King lorsqu’il offre son regard diabolique sur l’enfance, sur le milieu littéraire américain et qu’il vous file gentiment les chocottes en mélangeant les genres ! D’autant que quelques lignes avant la fin, le lecteur s’en prend une belle sur le coin de la tronche, histoire de marquer les esprits …

Chapitres courts , calibrés comme un bon page turner, j’aurai presque envie de retrouver le héros dans un prochain roman.

Donc, si tu aimes le King, tu devrais passer un très bon moment et c’est aussi un opus idéal pour le découvrir ! Ici, l’horreur n’est pas à son paroxysme et les âmes sensibles peuvent tenir le choc, pour peu qu’elles n’aient pas peur des fantômes !

Après, ce n’est que mon avis, hein …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Grandir, c’est parfois affronter les démons qui vous hantent.

Jamie n’est pas un enfant comme les autres : il a le pouvoir de parler avec les morts. Mais si ce don extraordinaire n’a pas de prix, il peut lui coûter cher. C’est ce que Jamie va découvrir lorsqu’une inspectrice de la police de New York lui demande son aide pour traquer un tueur qui menace de frapper… depuis sa tombe.

Obsédant et émouvant, le nouveau roman de Stephen King nous parle d’innocence perdue et des combats qu’il faut mener pour résister au mal.

Un week-end au bord du lac …

UN WEEK-END AU BORD DU LAC

Il y a des journées, belles comme des rayons de soleil, qui vous trottent dans la tête pour longtemps.

Il y a deux semaines, je posais mes valises et mon roman en Suisse pour le Festival du Lac.

Souvenirs en vrac et émotions partagées :

Dédicacer des livres à ces belles personnes qui font le pari de la découverte d’un premier roman. Trinquer sur les toits de Genève. Escapade impromptue dans la Gagathe Mobile avec de drôles de dames. Se sentir à sa place, avec les bonnes personnes. Fou rires partagés et grosse fatigue.

Leçon de pitchage de roman dans le train de retour par une auteure si bienveillante. Rencontrer, rencontrer, rencontrer et se sentir appartenir à une bien belle famille. Se sentir tout petit et avoir envie de continuer sur ce chemin là qu’est l’écriture, cet infime et immense don de soi. Réussir à se perdre dans un train.

Retrouver le couple goal niçois de la littérature française et avoir une pensée émue pour belle maman. Se souvenir du chemin parcouru avec ses amies blogueuses devenues écrivains. Être reconnaissant, infiniment, de pouvoir vivre de tels moments.

La vie est faite de rencontres, ces deux jours en furent la preuve, l’évidence.

Merci au Festival du Lac et un immense bravo aux organisatrices qui ont tout donné pour faire de cette journée un souvenir inoubliable pour tous ceux qui étaient là.

Les Fruits Tombent des Arbres – Florent Oiseau

Pierre. Pierre, c’est un type normal.

Un mec un peu banal. Qui fout pas grand-chose en réalité. Un peu largué, un peu seul sur la Terre. Pierre, c’est nous, dans nos petites contradictions, dans nos drôles d’habitude, dans nos aspirations perdues quelque part dans la vraie vie.

Un jour, parmi tant d’autres, il assiste à la mort d’un habitant du quartier, là, à l’arrêt du bus. Comme le fameux fruit qui s’éclate au sol. Comme une déflagration silencieuse qui ne bouleversera pas la marche du monde. Une vie qui s’arrête là, brutalement, sans préavis. Et Pierre, ça va le toucher. Ça va le faire réfléchir.

Commence alors une odyssée de l’inutile, un voyage vers l’essentiel, sur la ligne 69, dans ces rues, dans ces quartiers où nos contemporains se croisent, se délitent, s’ennuient, aiment parfois et courent après quelque chose d’incompréhensible.

Galerie d’instants, de personnages, d’êtres humains, ceux qu’on croise tous les jours. Comme une salade de fruits, jolie, jolie, un tableau vivant de ceux qui s’accrochent aux branches pour ne pas tomber trop lourdement.

De restos un peu miteux, en parcs délabrés, le merveilleux s’immisce partout pour qui sait le voir. Florent Oiseau contemple l’ordinaire du haut de son infinie tendresse, avec une ironie mordante qui touche au tragi-comique. Ce roman est un périple parisien dans tout ce que la ville a de plus ordinaire, de plus hors du commun. Florent Oiseau ouvre grand les yeux sur nos petits travers, nos existences si fragiles, comme le font les poètes.

Il y a de la mélancolie, il y a de l’aigre doux chez cet écrivain qui, de livre en livre, trace un sillon à la fois original et universel. Il y a de la vérité dans ce roman, encore une fois. De celle qui touche le lecteur, lui arrache un sourire, une grimace, une émotion.

Définitivement, je suis sous le charme de cet auteur, qui écrit comme nul autre les choses simples, donnant au banal ses lettres de noblesse et faisant de l’oisiveté un sport national, de la contemplation, une raison d’exister un peu plus.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Est-ce la vie qui crée le hasard, ou l’inverse ?

Parce que son voisin, comme le fruit d’un arbre, est tombé raide mort à l’arrêt Popincourt, Pierre se retrouve à errer sur la ligne du bus 69. « Fantôme urbain », comme il se définit lui-même, c’est un type plus très jeune et pas encore très vieux qui cherche des réponses dans de grands verres de lait glacé.


De laverie automatique en comptoir de bar kabyle, la liberté guide ses pas. Fumer des cigarettes avec les tapins de la rue Blondel, monter une mayonnaise pour une célèbre actrice sur le retour, appeler sa fille Trieste et se rappeler Venise… tout fait aventure quand on regarde bien et qu’on ne regrette rien.
Ne pas faire grand-chose : voilà l’extraordinaire.


Il y a du Antoine Blondin chez Florent Oiseau, dont l’humeur vagabonde excelle à capter l’ironique poésie de l’ordinaire. Après Je vais m’y mettreParis-Venise et Les MagnoliasLes fruits tombent des arbres poursuit son exploration d’une condition humaine sauce cocktail, résolument oisive.

Le Disparu de Nantucket – Laure Rollier

Nantucket.


A Nantucket, ils mangent des nuggets. Oui, madame.


(OK, je voulais absolument faire cette intro)


Bon, parlons peu, parlons bien.


On est ici sur un « cosy murder » comme je les aime et dont je me délecte souvent une fois le soleil de sortie !
Alix vit à Nantucket et tient un restaurant familial. le menu semble évidement trop idéal et voilà que son mari disparaît du jour au lendemain.


Vous avez compris, c’est le départ de faux semblants, de révélations et de secrets plus ou moins bien gardés que le lecteur va s’empresser de découvrir pour frissonner un peu les jours de canicule !


Habile et palpitant, ce roman n’a rien à envier aux maîtres du genre ! Si tu aimes Coben, tu aimeras Rollier, crois-moi ! Entre chocolatine et nuggets (mince, encore eux), Laure Rollier offre des personnages grandeur nature, entre France et USA, qui donnent envie de boucler et les valises et cette enquête trépidante !
Calibré pour que dès les premières pages, on soit plongé dans le mystère jusqu’au cou, on ne peut poser ce roman sans vouloir comprendre le pourquoi du comment !


Je lis l’auteure depuis ces débuts et je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai beaucoup d’admiration pour elle.


Ce qui me bluffe chez Laure Rollier, c’est cette forme de courage, de liberté, de n’aller que là où sa plume l’emporte. Elle est sûrement là la vraie liberté, la folle passion d’écrire. Celle de se ne pas se coller dans une case et de s’offrir le luxe mais surtout le talent de virer de bord ! Changer de genre et écrire ce qui l’anime. Toujours.
Bref, ce soir, je vous le dis, je suis juste admiratif, ému et fier.


Lisez LE DISAPRU DE NANTUCKET.


Et vive les nuggets !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Sur l’île de Nantucket au large de la côte Est américaine, la vie d’un restaurant français bascule dans l’angoisse le jour où le mari de la gérante Alix disparaît mystérieusement… Le passé de cette dernière va refaire surface mystérieusement tandis qu’une enquête de police traque impitoyablement son passé…


Alix, restauratrice franco-américaine installée avec sa famille sur l’île de Nantucket, voit sa vie bouleversée le jour où son mari, David, se volatilise dans la nature. Maxime, flic bordelais à la dérive, peine à se remettre de la mort brutale de son frère. Lorsque la police américaine retrouve le véhicule abandonné de David, elle découvre également à l’intérieur de celui-ci des traces d’ADN appartenant au frère de Maxime.

Débute alors la course effrénée de Maxime et Alix, en quête de vérité, entre mensonges et révélations.

Celle qu’il attendait – Baptiste Beaulieu

Leur histoire, c’est l’histoire d’un amour.

Lui, c’est Joséphin, c’est joli, comme prénom, Joséphin, c’est joli et étrange. C’est beau, comme le bizarre peut l’être parfois. Un peu surréaliste, comme ce roman à l’orée des genres.

Elle, c’est Eugénie D. Isolée d’un monde qui l’effraie, gauche à force de ne pas savoir tenir droite, coincée dans ses kilos et dans le regard des autres.

Baptiste Beaulieu tisse une histoire comme on récite un poème, comme une veillée au coin du feu, comme on saute dans les flaques pour oublier un peu la solitude de notre époque.

Onirique, poétique, déjanté parfois, bouleversant d’humanité, c’est l’histoire d’une rencontre entre deux hurluberlus qu’on aime découvrir.

Véritable mélange des genres, Baptiste Beaulieu passe parfois du coq à l’âne, de Joséphin à Eugénie, entremêlant les genres pour conter leur histoire. Parfois déstabilisant, souvent émouvant. Il faut plonger dans ce roman atypique comme on rencontre. Sans à priori, sans fil conducteur. Faire le choix de s’égarer un peu parfois, en tant que lecteur, dans la substance de ses personnages atypiques.

Pour raconter cette rencontre, cet amour, l’auteur a choisi d’alterner leur passé de doux dingues solitaires et leur rencontre un soir pluvieux à la gare Montparnasse.

C’est un roman qui déstabilise son lecteur, par cette multiplicité des styles, des thèmes, c’est un roman que l’on lit comme on se souvient, au réveil, d’avoir rêvé, sans avoir toutes les clefs mais avec ce sentiment diffus d’avoir vécu un moment doux.

Vous l’aurez compris, le dernier Baptiste Beaulieu, c’est tout un poème. Loin des codes établis, loin du planplan et du ronron auquel parfois nous, lecteurs, sommes habitués. Lire ce roman, c’est se faire surprendre et adopter ces deux êtres, entre Amélie Poulain et Boris Vian.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Eugénie D déborde d’imagination et de projets farfelus pour s’isoler d’un monde qui l’effraie. Elle sait les hommes prompts à arracher les ailes des femmes.


Joséphin, chauffeur de taxi mutique, est né dans un pays en guerre. Il charrie sa maigreur et sa méfiance des hommes. Pour oublier sa mélancolie, il tourne la terre sous ses mains à l’infini.
Leurs vies basculent quand ces deux empotés magnifiques se croisent sur un quai de gare.
Une rencontre improbable, une histoire d’amour hors du temps.

Avec beaucoup de poésie et d’originalité, Baptiste Beaulieu tisse le destin fantastique de ces deux êtres dont les fêlures se répondent comme par magie.

Et me Souvenir de ta Mémoire – Cécile Bergerac

La mémoire. Quel drôle de mécanisme.

Les souvenirs. Les traces de l’intime. Ces infimes délicatesses que l’on garde en soi toute une vie.

La mémoire. Ce qu’on se construit à travers celle des êtres qui croisent notre route.

Cécile Bergerac, dans son second roman, a pris mon cœur entre ses mains et doucement, avec tendresse, vérité et émotion m’a amené jusqu’à la dernière page, les yeux mouillés mais le cœur gonflé d’amour.

Car c’est d’amour qu’il est question ici. Ce roman est une histoire d’amour. Une belle, une vraie, une immense.

Celle de Cécile et de son grand-père.

Je suis entré dans leur vie, je me suis caché dans un coin et je les ai écoutés vivre. J’ai bu les souvenirs d’une petite fille, béate d’amour pour ses grands-parents. J’ai observé cet homme, qui a quitté son Algérie natale pour la France, cet homme digne, profondément émouvant. Son papy. Son géant.

Je les ai observés et je les ai aimés si fort que je les garde encore un peu en moi après cette lecture. Juste parcequ’ils ne vont pas me quitter comme ça …

Cécile Bergerac, définitivement, fait partie intégrante de ma voie lactée, une étoile qui brille dans mon univers intérieur. Je crois qu’elle et moi faisons partie d’une même famille…

Alors, merci infiniment Cécile d’écrire des choses si belles qu’elles nous remuent en dedans. Sans maniérisme mais d’une si belle manière. Dieu, que j’aime lorsque l’écriture se fait ainsi universelle, dans son plus simple appareil.

« Si j’avais plus de maturité, je comprendrais peut-être que la vie ne vaut pas d’être chérie que quand elle offre le parfum des roses, mais également lorsqu’elle perce le doigt maladroit. »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Sans pouvoir en expliquer la raison, Marcel a noué une relation privilégiée avec Cécile, sa cinquième petite fille. Pourtant, quand elle lui demande de lui raconter sa vie en Algérie avant de venir vivre en France, il se dérobe toujours. Il ne veut plus repenser à cette période et aux secrets qu’elle recèle. Mais Cécile est opiniâtre et pose encore et toujours les mêmes questions.


Face à l’obstination dont elle fait preuve, Marcel finit par comprendre que dans son passé se trouvent les racines sur lesquelles grandit sa petite fille chérie et qu’il doit transmettre pour qu’elle puisse s’épanouir. Mais comment, après avoir vécu trois guerres, expliquer sans effrayer ?


Avec toute la pudeur qui le caractérise, il préférera taire le pire et léguer le meilleur : se concentrer sur les odeurs d’épices plutôt que sur celle du sang, sur la fraternité plutôt que sur les divergences ; faire perdurer la lumière plutôt que l’obscurité.

Escapade enchantée

Gare Montparnasse. Samedi matin.

Sans tambour mais avec Trompette (pardon Laura pour le jeu de mots pourri de chez pourri mais tu n’es plus à ça près), le TGV s’ébranle vers le Sud. Caroline, notre « nounou » d’enfer Charleston,  est rassurée, nous sommes arrivés à ne pas rater le train !

Destination la Maison de la Presse de Mérignac, à côté de Bordeaux. Je découvre que l’écriture est une somme de rencontres, une addition de sourires et de moment volés que l’on grave précieusement là où ça bat très fort.

Être accueilli par Marc et Philippe, comme on rend visite à un membre de sa famille et être enveloppé de cette bienveillance incroyable. Reconnaissance immense.

Me voir offrir ce T-Shirt de la team chocolatine et mettre des visages sur des échanges sur les réseaux sociaux. Laetitia, Thibault, Annaelle et d’autres dont j’ai oublié les prénoms (c’est vraiment un problème chez moi) mais dont je n’oublierai pas de sitôt les visages, les sourires et les émotions partagées …

M’apercevoir que, définitivement, je ne sais pas pitcher mon roman à une inconnue de passage. « C’est l’histoire de trois personnages qui , heu, heu , se rencontrent et grandissent ». Autant vous dire qu’elle n’est pas repartie avec mon roman sous le bras, bizarrement …

Revoir ma Kaka, ma Karine, et ces fiches sublimes qu’elle dépose comme une fée un peu dingue sur les livres qu’elle défend si bien de ses jolis poings.

Rire comme des gamins épuisés et fatiguer tout un wagon avec ma comparse d’un jour, Laura Trompette, et écouter Lara Fabian entre deux confidences.

Ecrire, décidément, c’est rencontrer et je le découvre encore un peu plus chaque jour.

Merci de tout mon cœur à vous qui mettez plus que des paillettes dans ma vie et des larmiches dans mes yeux.