Le Disparu de Nantucket – Laure Rollier

Nantucket.


A Nantucket, ils mangent des nuggets. Oui, madame.


(OK, je voulais absolument faire cette intro)


Bon, parlons peu, parlons bien.


On est ici sur un « cosy murder » comme je les aime et dont je me délecte souvent une fois le soleil de sortie !
Alix vit à Nantucket et tient un restaurant familial. le menu semble évidement trop idéal et voilà que son mari disparaît du jour au lendemain.


Vous avez compris, c’est le départ de faux semblants, de révélations et de secrets plus ou moins bien gardés que le lecteur va s’empresser de découvrir pour frissonner un peu les jours de canicule !


Habile et palpitant, ce roman n’a rien à envier aux maîtres du genre ! Si tu aimes Coben, tu aimeras Rollier, crois-moi ! Entre chocolatine et nuggets (mince, encore eux), Laure Rollier offre des personnages grandeur nature, entre France et USA, qui donnent envie de boucler et les valises et cette enquête trépidante !
Calibré pour que dès les premières pages, on soit plongé dans le mystère jusqu’au cou, on ne peut poser ce roman sans vouloir comprendre le pourquoi du comment !


Je lis l’auteure depuis ces débuts et je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai beaucoup d’admiration pour elle.


Ce qui me bluffe chez Laure Rollier, c’est cette forme de courage, de liberté, de n’aller que là où sa plume l’emporte. Elle est sûrement là la vraie liberté, la folle passion d’écrire. Celle de se ne pas se coller dans une case et de s’offrir le luxe mais surtout le talent de virer de bord ! Changer de genre et écrire ce qui l’anime. Toujours.
Bref, ce soir, je vous le dis, je suis juste admiratif, ému et fier.


Lisez LE DISAPRU DE NANTUCKET.


Et vive les nuggets !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Sur l’île de Nantucket au large de la côte Est américaine, la vie d’un restaurant français bascule dans l’angoisse le jour où le mari de la gérante Alix disparaît mystérieusement… Le passé de cette dernière va refaire surface mystérieusement tandis qu’une enquête de police traque impitoyablement son passé…


Alix, restauratrice franco-américaine installée avec sa famille sur l’île de Nantucket, voit sa vie bouleversée le jour où son mari, David, se volatilise dans la nature. Maxime, flic bordelais à la dérive, peine à se remettre de la mort brutale de son frère. Lorsque la police américaine retrouve le véhicule abandonné de David, elle découvre également à l’intérieur de celui-ci des traces d’ADN appartenant au frère de Maxime.

Débute alors la course effrénée de Maxime et Alix, en quête de vérité, entre mensonges et révélations.

Celle qu’il attendait – Baptiste Beaulieu

Leur histoire, c’est l’histoire d’un amour.

Lui, c’est Joséphin, c’est joli, comme prénom, Joséphin, c’est joli et étrange. C’est beau, comme le bizarre peut l’être parfois. Un peu surréaliste, comme ce roman à l’orée des genres.

Elle, c’est Eugénie D. Isolée d’un monde qui l’effraie, gauche à force de ne pas savoir tenir droite, coincée dans ses kilos et dans le regard des autres.

Baptiste Beaulieu tisse une histoire comme on récite un poème, comme une veillée au coin du feu, comme on saute dans les flaques pour oublier un peu la solitude de notre époque.

Onirique, poétique, déjanté parfois, bouleversant d’humanité, c’est l’histoire d’une rencontre entre deux hurluberlus qu’on aime découvrir.

Véritable mélange des genres, Baptiste Beaulieu passe parfois du coq à l’âne, de Joséphin à Eugénie, entremêlant les genres pour conter leur histoire. Parfois déstabilisant, souvent émouvant. Il faut plonger dans ce roman atypique comme on rencontre. Sans à priori, sans fil conducteur. Faire le choix de s’égarer un peu parfois, en tant que lecteur, dans la substance de ses personnages atypiques.

Pour raconter cette rencontre, cet amour, l’auteur a choisi d’alterner leur passé de doux dingues solitaires et leur rencontre un soir pluvieux à la gare Montparnasse.

C’est un roman qui déstabilise son lecteur, par cette multiplicité des styles, des thèmes, c’est un roman que l’on lit comme on se souvient, au réveil, d’avoir rêvé, sans avoir toutes les clefs mais avec ce sentiment diffus d’avoir vécu un moment doux.

Vous l’aurez compris, le dernier Baptiste Beaulieu, c’est tout un poème. Loin des codes établis, loin du planplan et du ronron auquel parfois nous, lecteurs, sommes habitués. Lire ce roman, c’est se faire surprendre et adopter ces deux êtres, entre Amélie Poulain et Boris Vian.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Eugénie D déborde d’imagination et de projets farfelus pour s’isoler d’un monde qui l’effraie. Elle sait les hommes prompts à arracher les ailes des femmes.


Joséphin, chauffeur de taxi mutique, est né dans un pays en guerre. Il charrie sa maigreur et sa méfiance des hommes. Pour oublier sa mélancolie, il tourne la terre sous ses mains à l’infini.
Leurs vies basculent quand ces deux empotés magnifiques se croisent sur un quai de gare.
Une rencontre improbable, une histoire d’amour hors du temps.

Avec beaucoup de poésie et d’originalité, Baptiste Beaulieu tisse le destin fantastique de ces deux êtres dont les fêlures se répondent comme par magie.

Et me Souvenir de ta Mémoire – Cécile Bergerac

La mémoire. Quel drôle de mécanisme.

Les souvenirs. Les traces de l’intime. Ces infimes délicatesses que l’on garde en soi toute une vie.

La mémoire. Ce qu’on se construit à travers celle des êtres qui croisent notre route.

Cécile Bergerac, dans son second roman, a pris mon cœur entre ses mains et doucement, avec tendresse, vérité et émotion m’a amené jusqu’à la dernière page, les yeux mouillés mais le cœur gonflé d’amour.

Car c’est d’amour qu’il est question ici. Ce roman est une histoire d’amour. Une belle, une vraie, une immense.

Celle de Cécile et de son grand-père.

Je suis entré dans leur vie, je me suis caché dans un coin et je les ai écoutés vivre. J’ai bu les souvenirs d’une petite fille, béate d’amour pour ses grands-parents. J’ai observé cet homme, qui a quitté son Algérie natale pour la France, cet homme digne, profondément émouvant. Son papy. Son géant.

Je les ai observés et je les ai aimés si fort que je les garde encore un peu en moi après cette lecture. Juste parcequ’ils ne vont pas me quitter comme ça …

Cécile Bergerac, définitivement, fait partie intégrante de ma voie lactée, une étoile qui brille dans mon univers intérieur. Je crois qu’elle et moi faisons partie d’une même famille…

Alors, merci infiniment Cécile d’écrire des choses si belles qu’elles nous remuent en dedans. Sans maniérisme mais d’une si belle manière. Dieu, que j’aime lorsque l’écriture se fait ainsi universelle, dans son plus simple appareil.

« Si j’avais plus de maturité, je comprendrais peut-être que la vie ne vaut pas d’être chérie que quand elle offre le parfum des roses, mais également lorsqu’elle perce le doigt maladroit. »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Sans pouvoir en expliquer la raison, Marcel a noué une relation privilégiée avec Cécile, sa cinquième petite fille. Pourtant, quand elle lui demande de lui raconter sa vie en Algérie avant de venir vivre en France, il se dérobe toujours. Il ne veut plus repenser à cette période et aux secrets qu’elle recèle. Mais Cécile est opiniâtre et pose encore et toujours les mêmes questions.


Face à l’obstination dont elle fait preuve, Marcel finit par comprendre que dans son passé se trouvent les racines sur lesquelles grandit sa petite fille chérie et qu’il doit transmettre pour qu’elle puisse s’épanouir. Mais comment, après avoir vécu trois guerres, expliquer sans effrayer ?


Avec toute la pudeur qui le caractérise, il préférera taire le pire et léguer le meilleur : se concentrer sur les odeurs d’épices plutôt que sur celle du sang, sur la fraternité plutôt que sur les divergences ; faire perdurer la lumière plutôt que l’obscurité.

Escapade enchantée

Gare Montparnasse. Samedi matin.

Sans tambour mais avec Trompette (pardon Laura pour le jeu de mots pourri de chez pourri mais tu n’es plus à ça près), le TGV s’ébranle vers le Sud. Caroline, notre « nounou » d’enfer Charleston,  est rassurée, nous sommes arrivés à ne pas rater le train !

Destination la Maison de la Presse de Mérignac, à côté de Bordeaux. Je découvre que l’écriture est une somme de rencontres, une addition de sourires et de moment volés que l’on grave précieusement là où ça bat très fort.

Être accueilli par Marc et Philippe, comme on rend visite à un membre de sa famille et être enveloppé de cette bienveillance incroyable. Reconnaissance immense.

Me voir offrir ce T-Shirt de la team chocolatine et mettre des visages sur des échanges sur les réseaux sociaux. Laetitia, Thibault, Annaelle et d’autres dont j’ai oublié les prénoms (c’est vraiment un problème chez moi) mais dont je n’oublierai pas de sitôt les visages, les sourires et les émotions partagées …

M’apercevoir que, définitivement, je ne sais pas pitcher mon roman à une inconnue de passage. « C’est l’histoire de trois personnages qui , heu, heu , se rencontrent et grandissent ». Autant vous dire qu’elle n’est pas repartie avec mon roman sous le bras, bizarrement …

Revoir ma Kaka, ma Karine, et ces fiches sublimes qu’elle dépose comme une fée un peu dingue sur les livres qu’elle défend si bien de ses jolis poings.

Rire comme des gamins épuisés et fatiguer tout un wagon avec ma comparse d’un jour, Laura Trompette, et écouter Lara Fabian entre deux confidences.

Ecrire, décidément, c’est rencontrer et je le découvre encore un peu plus chaque jour.

Merci de tout mon cœur à vous qui mettez plus que des paillettes dans ma vie et des larmiches dans mes yeux.

Le Plongeon – Séverine Vidal

Plonger.

Se jeter à l’eau et boire la tasse.

Plonger comme on chute. Comme on descend irrémédiablement vers les abimes de l’âge. Lorsque le corps n’a plus rien à voir avec ce qu’on a sur le cœur.

Décidément, en ce moment, je me délecte de belles bulles dessinées autour des vieilles personnes et me voilà en train d’essayer de vous parler de ce coup de cœur.

Je me suis fait embarquer dès les premières pages.

Yvonne abandonne sa maison, là où elle a passé une belle partie de sa vie pour partir vivre dans un EHPAD.

Yvonne va devoir s’habituer à cette autre vie, à cette fin de vie, à cette façon de ne plus voir la vie. Cette visite qu’on attend et qui tarde à venir. Ces autres vieux, un peu délabrés et qui, pourtant, laissent entrevoir un peu de ce qu’ils furent et qui refusent d’abandonner la lutte. Cette peau, ce corps qui ne demande encore qu’à vibrer, sous les rides et l’épiderme fané d’avoir vécu.

Yvonne ne peut se résoudre au désenchantement. A la fatalité.
Alors, elle plonge dans une dernière folle cavalcade qui laissera le lecteur ému aux larmes avec cette envie d’y revenir. De retrouver cette vérité douce-amère, si finement décrite.

Certaines pages sont bouleversantes. Je pense à cette page où Yvonne égrène les décennies, de ses vingt ans à ses quatre-vingt ans, passées auprès d’Henri, son mari. Une liste de vie. Quelques lignes qui racontent tout avec tant de justesse …

Le plongeon. Doux, triste et parfois tellement amusant. Juste aussi, dans sa façon de capter les instants d’un quotidien auquel personne ne peut s’habituer.

Le plongeon. Et moi, presque en apnée devant tant de vérités.
Lisez-le.

RESUME DE L’DITEUR :

“Un EHPAD, des fesses, de l’amour et des rides !”

En fermant une dernière fois les volets de sa maison, Yvonne, 80 ans, abandonne 40 ans de vie pour intégrer un EHPAD.

Le changement est rude pour cette femme indépendante, d’autant qu’elle a encore toute sa tête. Elle a du mal à s’acclimater à cette nouvelle vie, qui la rapproche douloureusement de la mort.

Prise dans le tourbillon inéluctable de la vie, l’octogénaire décide de s’offrir une dernière parenthèse enchantée.

Les Possibles – Virginie Grimaldi

A l’impossible, nul n’est tenu, surtout pas Virginie Grimaldi…

Elle revient nous parler d’amour. De tendresse et d’infimes vérités qui font de ce roman, une fois encore, une perle d’humanité, entre un sourire et une larme d’émotion.

Jean. Juliane. Tel père, telle fille ? L’adage, ici, ne colle pas à la vérité en fait. Il est fantasque, un peu rebelle et véritablement barré. Elle aime l’ordre, l’organisation, et que tout soit à sa place.

La maison de Jean brûle et malgré les craintes de sa fille chérie, il va venir s’installer chez elle, dans son foyer si bien organisé.

Peu à peu, Juliane va s’apercevoir que tout ne tourne pas rond chez ce père, ce doux dingue plein de poésie …

Une nouvelle fois, j’ai trinqué avec Grimaldoche.

Et je lève mon verre, haut et fort. Le verre à moitié plein, toujours. Celui que nous tend en riant, pour mieux cacher le trouble, une auteure majuscule du paysage français. Un verre à demi-plein, pour choisir de voir la somme des possibilités là où d’autres verraient la multiplication de ces regrets devant lesquels on s’incline.

Si c’est la faute à la vie, au malheur, alors il faut en prendre son parti et s’émerveiller encore de tout ce qui peut. De tout ce qui peut encore être. Ces possibles qui promettent tant de belles choses.

Un livre, comme souvent, qui mordille le cœur, titille nos émotions les plus simples mais les plus sincères. Comme un pansement sur nos genoux écorchés d’enfants grandis trop vite. La magie Grimaldi, c’est bien de ça qu’il s’agit. Faire naître du quotidien des romans à la fois poétiques, hilarants et inoubliables.

Si on me demande, encore aujourd’hui, quel est le roman de Virginie Grimaldi que je préfère, je ne saurai répondre, tant à chaque fois, le rendez-vous est fort. Marquant et inoubliable.

Avec Virginie Grimaldi, tout est possible.

Surtout le merveilleux.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences.

Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du hard rock à fond, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin.

Juliane veut croire que l’originalité de son père s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille.

Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves.

Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

Avec un humour jubilatoire et une infinie tendresse, Virginie Grimaldi nous conte une magnifique histoire de transmission et de résilience.

Je Revenais des Autres – Mélissa Da Costa

Juste le titre. J’étais déjà comme envouté.

Je me le répétais, comme une chanson qui ne veut pas sortir de la tête, à chaque fois que je posais les yeux sur ce roman, là, sur ma table de chevet et qui m’a accompagné durant plusieurs soirées.

Un titre. Un peu comme une belle promesse. Comme un tour de magie.

Je revenais des autres.

Revenir à soi, à travers les autres. Revenir de loin mais revenir quand même. Partir à sa rencontre et ne pas en revenir, tant le voyage est fort !

Je me suis retrouvé follement captif dès les premières lignes. Il faut l’avouer, ça commence fort, très fort.

Ambre, vingt ans, la vie devant elle, et une forme de désespoir chevillé au corps. Celui qui te fait perdre l’envie de vivre. Ambre, vingt ans, trop maquillée, trop alcoolisée, trop triste de ne pas être aimée. Lasse de n’être que la maîtresse, la mal entretenue…Ambre, vingt ans et de la poussière accumulée dans les recoins sombres de son existence jusqu’à cette détresse qui vient percuter le lecteur dès les premières pages.

Reste l’exil. Dans cet hôtel, pour une saison. Le temps de retrouver un peu de courage. Le temps de se réchauffer à la lueur de ces autres …

Ce roman est doux et dur à la fois. C’est l’histoire d’un combat, de rencontres, de guerres lasses et de batailles gagnées par KO. Mélissa Da Costa fait partie de ces auteurs qui me touchent, me captivent et me renversent un peu.

JE REVENAIS DES AUTRES. Et, moi, lecteur, je n’en suis pas encore revenu. J’ai passé une saison au creux d’une humanité qui fait un bien fou, qui répare de vivre et j’en redemanderai presque. J’ai passé une saison au creux des autres, comme on se rappelle combien certaines rencontrent peuvent nous guérir, nous emmitoufler et nous permettre de revenir.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Philippe a quarante ans, est directeur commercial, marié et père de deux enfants. Ambre a vingt ans, n’est rien et n’a personne. Sauf lui.


Quand submergée par le vide de sa vie, elle essaie de mourir, Philippe l’envoie loin, dans un village de montagne, pour qu’elle se reconstruise, qu’elle apprenne à vivre sans lui. Pour sauver sa famille aussi.


Je revenais des autres est l’histoire d’un nouveau départ. Le feuilleton d’un hôtel où vit une bande de saisonniers tous un peu abîmés par la vie. Le récit de leurs amitiés, doutes, colères, rancoeurs, amours aussi.


Le roman des autres, ceux qu’on laisse entrer dans sa vie, ceux qui nous détruisent mais surtout ceux qui nous guérissent.

La Claque – Nicolas Robin

Une claque.
Une baffe.
Une mandale.

Tellement de mots pour l’inconcevable.

Jean-Mi est un mec comme les autres. Un papa-poule, un mari aimant et un rugbyman du dimanche. Un costaud, un gentil, un chouette type.

Ça commence comme ça, bêtement, dans un moment d’énervement pour un pull en cachemire rétréci au lavage. Ça devrait s’arrêter là. Mais non.

Rien dans son existence ne l’avait préparé à cette baffe. Celle que lui collera sa femme, son épouse, sa bien-aimée, sa dulcinée.

Passer notre amour à la machine comme disait Souchon.
Il y a de ça chez Robin. Cette façon de raconter le monde dans lequel nous vivons avec poésie, avec ce ton parfois un peu emprunté d’un vieux chanteur dégingandé qu’on aime écouter en boucle, pour la beauté du geste.

Ce roman est l’histoire d’un homme. De la première claque et de celles qui suivront.

C’est l’histoire d’un mec, comme les autres qui va tenter de comprendre et de sauver la famille qu’il s’est construit.

Nicolas Robin s’attaquait à un sujet casse-gueule, il s’en sort avec les honneurs. Ce roman est un véritable coup de cœur tant je l’ai trouvé juste. Sans facilité, avec amour pour son héros de papier, Nicolas Robin raconte une histoire grave avec toute la douce ironie qui le caractérise si bien.

Comme toujours, avec cet auteur que j’affectionne particulièrement, j’ai retrouvé une galerie de personnages tendres, à la limite de la poésie. Cette bonne sœur qui prêche la belle parole sur le parvis de la Défense me restera en mémoire.

Bref, venez prendre votre clacounette, vous n’allez pas le regretter.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Jean-Michel est très heureux, en apparence : il a une femme brillante, un enfant éveillé, une belle carrière dans l’immobilier. Pourtant, ce bonheur est illusoire.


Les bleus sur sa joue pourraient être imputables à un mauvais coup au rugby. S’il n’ose pas en parler, c’est parce que la vérité est dérangeante. Un homme battu, c’est le déshonneur, mais battu par sa femme, c’est l’extrême soumission, la castration au ciseau à bois.


Jean-Mi endure les gifles et reste avec sa femme, jusqu’au jour où une rencontre improbable lui ouvre les yeux sur sa vie de couple.


« La violence est apparue incolore, insidieuse, avant d’éclabousser nos murs. D’abord une remarque désobligeante, ensuite des reproches, puis des gifles distribuées entre mes manquements et mes oublis. Je croyais que ce serait passager, que tu allais redevenir comme avant. Et plus tard, un coup de pied, un cendrier lancé à la figure. Tu me cognes pour canaliser la tempête qui prend toute la place dans ta tête.
Parce que c’était plus qu’une claque, Marylène, c’était l’hôpital et des points de suture. Une gueule de mec brisé. »


Nicolas Robin, 44 ans, est l’auteur de plusieurs romans, dont trois, très remarqués, parus aux éditions Anne Carrière : Roland est mort (2016), Je ne sais pas dire je t’aime (2017) et Une folie passagère (2019). Dans La Claque, il aborde le sujet encore méconnu et pourtant bien réel des hommes battus.

Ce que les étoiles doivent à la nuit – Anne-Gaëlle Huon

Il y a des êtres, sur cette drôle de planète, qui transpercent la grisaille et viennent éclairer le quotidien. Comme dotés de super pouvoirs …

Anne-Gaëlle Huon est de ceux-là.

Pour moi, ses romans sont, à chaque fois, de véritables pochettes surprises. Ça te pète immédiatement à la tronche dès les premières pages. Ça t’emporte, sans crier gare, vers des contrées ensoleillées où le cœur a toujours raison !

Cette fois, c’est une cocote minute qui explose en un véritable bouquet de saveurs, avec tant de bonheur, que je me suis retrouvé le ventre tout gargouillant (je ne suis pas sûr de l’image là, en fait mais c’est un compliment) !

Nous retrouvons l’univers du précédent roman d’Anne-Gaëlle, Les Demoiselles, pour notre plus grand plaisir à travers l’histoire de Liz, de nos jours et celle de Balthazar qui débute en 1951.

Les époques se mêlent et nous emmêlent pour mieux nous faire rencontrer ces jolis destins, ce choc des cultures, dans un grand fracas de casseroles qui s’entrechoquent.

Les froufrous se mêlent aux marmites, le rire aux larmes, comme un joli feu d’artifices. Personnages colorés et inoubliables, rythme et émotions ponctuent un voyage inoubliable dans ce Pays basque aux mille couleurs !

Ce roman, c’est la saveur de l’humanité, le gout des autres. Une tambouille comme je les aime, sans temps mort, entre rire et émotion. Mention spéciale, pour moi au personnage de M. Etchegoyen …

Peu à peu, de livres en livres, Anne-Gaëlle Huon construit un univers, qui fonce sans faire de détours inutiles vers le cœur et offre des sourires, comme ces étoiles dans la nuit. Celles qui font du Bien.

Celles qu’on contemple longuement, comme pour les remercier d’être là et d’éclairer un peu nos petites vies terriennes.

LE RESUME DE L’EDITEUR

Il n’y a pas de hasard, dit-on, seulement des rendez-vous. C’est ce que va découvrir Liz, cheffe prodige et étoilée, en partant au Pays basque sur les traces de sa mère. Dans un petit village perdu, elle rencontre M. Etchegoyen, dandy insaisissable et plein de panache, qui lui confie les clés de son restaurant et un défi à relever : faire de sa gargote une adresse gastronomique. Mais Peyo, le chef, ne voit pas arriver cette étrangère d’un bon oeil. L’un et l’autre vont devoir s’apprivoiser et affronter ensemble les fantômes de leur passé.

Dans ce roman enchanteur et savoureux, Anne-Gaëlle Huon nous entraîne dans un tourbillon d’émotions. Une histoire universelle qui nous parle d’espoir, d’amour, et nous redonne le goût de la vie.

La chair de sa chair – Claire Favan

Faites des gosses qu’ils disaient …

Claire Favan est de retour. Il faut que je vous dise tout de suite que j’ai lu l’intégralité de ses romans, lectures teintées de coups de cœur mais aussi, à l’occasion, de petits coups de mou. Aimant beaucoup sa plume, je plonge à chaque parution afin de savoir si le dernier cru sera inoubliable ou pas.

Claire Favan, dans beaucoup de ses ouvrages, s’intéresse de près à la relation mère/fils et elle nous en offre ici une nouvelle variation.

Le lecteur suit Moira O’Donnel, maman courage de trois enfants, dont la dernière née est gravement malade. Pour s’en sortir, nullement question de compter sur les hommes, tant tout au long de sa vie, ils ne se seront pas à la hauteur.

De déconvenues en petits boulot, elle essaye de garder la tête hors de l’eau  même si l’existence ne lui fait aucun cadeau.

Heureusement, il lui reste ses enfants, la chair de sa chair, le fruit de ses entrailles, prêts à tout pardonner à cette mère qui les aime plus que tout.

J’ai aimé le personnage de Moira car elle n’est pas lisse. Elle n’a pas les atours d’une héroïne tragique et n’est pas forcément une mère modèle.

Le hic, lorsque tu aimes un auteur, surtout dans le genre du noir, c’est que tu devines, parfois, (trop) rapidement quel sera le pot aux roses. C’est bel et bien ce qui m’est arrivé ici. Je n’ai pas lu avec déplaisir, car j’aime le rythme Favan, mais je n’ai pu être surpris car j’ai tout de suite capté le nœud de l’histoire.

Verdict, cette histoire ne sera pas sur le podium des livres de l’auteure, pour moi mais je me dis que si on ne connaît pas l’auteure, il peut tout à fait fonctionner chez d’autres ! A vous de vous faire un avis !

Vous connaissez Claire Favan ? Quels sont vos préférés ? Perso, Le Tueur Intime et Serre-Moi Fort restent, à ce jour, mes coups de cœur de cette auteure incontournable du noir français.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Moira O’Donnell c’est, derrière le feu des boucles rousses et l’énergie inépuisable, une femme qui lutte pour garder la tête hors de l’eau.


C’est une vie d’adulte démarrée trop tôt.


Ce sont trois gamins livrés à eux-mêmes et autant de boulots cumulés pour les nourrir.
Ce sont des pères absents : le premier, incarcéré le plus longtemps possible, croit-elle, et le second, suicidé.
C’est une culpabilité sans fin.


Moira O’Donnell, c’est la solitude d’une mère de famille dure au mal qui se bat, tombe et renaît. Pour ses enfants. Et avec eux. À la vie, à la mort.


Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d’autres projets pour elle… Et un problème n’arrivant jamais seul, l’équilibre précaire qu’elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie


Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d’autres projets pour elle… Et un problème n’arrivant jamais seul, l’équilibre précaire qu’elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie.

Trois – Valérie Perrin

Il y a des livres qui sonnent comme des rendez-vous.

Juste avant de se lancer, on se prépare, on se languit, on s’apprête et on s’impatiente. On frémit au moment de franchir le seuil, la fameuse première page. On espère aussi secrètement. Vivre la magie, ce petit éblouissement du cœur. On l’espère cette folle étincelle. Lire, puis tomber en amour, au fil des pages.

Ce livre-là.

Et ces trois-là.

Ils s’appellent Adrien, Etienne et Nina. Ils embarquent dans la vie comme on ne peut avoir rien à craindre lorsqu’on se sent accompagné, entouré. Ils sont inséparables, ils sont cette équation à trois inconnus que la vie va s’attacher à ne pas résoudre. Ils sont la somme de leurs différences. Ils sont ces trois qui ne font qu’un dans les couloirs du collège, à l’aube d’une vie.

Mais le temps passe, les mois, les années et cette vie qui toque à la porte, furieusement.

De ces trois-là, il me reste une trace. Comme un baiser échangé. Celui que l’on ne peut oublier tant il fut sincère et délicat. Cette sensation d’avoir lu un peu de nos vies. Un peu de nous dans les pages précieuses de ce roman fleuve pas si tranquille.

Valérie Perrin est au rendez-vous. Avec sa plume et ce regard sur les autres à nul autre pareil. Elle offre au temps qui passe un écrin précieux et déroule, pour son lecteur, la vie et ces mystères. Ces infimes détails qui nous reviennent en mémoire et donnent corps à une histoire ancrée dans nos petites vérités quotidiennes.

Un roman comme un polar sentimental. Entre hier et aujourd’hui. Comme on fredonne une chanson qui nous revient subitement en mémoire sans l’avoir réentendu depuis des années. Comme on s’abandonne à vivre, dans le bruit de nos fureurs.

Il y a des rendez-vous qu’on ne peut rater.

Et ce livre en est un.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

« Je m’appelle Virginie. Aujourd’hui, de Nina, Adrien et Etienne, seul Adrien me parle encore.

Nina me méprise. Quant à Etienne, c’est moi qui ne veux plus de lui. Pourtant, ils me fascinent depuis l’enfance. Je ne me suis jamais attachée qu’à ces trois-là. »

1986. Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer.

2017. Une voiture est découverte au fond d’un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l’événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d’enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d’amitié ?

Piqûres de rappel – Agathe Portail

Calmez-vous tout de suite.

Je ne viens pas, avec mes gros sabots, polémiquer sur le vaccin du moment ! Non, non, non… J’arrive, telle une abeille malicieuse, vous parler de ma lecture du deuxième roman policier d’Agathe Portail.

Déjà, il faut vous dire que j’avais beaucoup aimé son précédent, L’Année du Gel, et j’ai pris encore plus de plaisir avec ce nouvel opus.

On retrouve donc le major de gendarmerie, Dambérailh, qui débarque en Dordogne et se retrouve vite piqué au vif (je sais, vous vous dites que vous allez en manger des jeux de mots faciles mais je fais ce que je veux en fait) et au cœur d’un nouveau meurtre !

Un truc pas banal, hein, parce que là, un meurtre pas piqué des vers, puisque le dénommé Hugo s’est vu passer l’arme à gauche à cause d’abeilles en furie ! Pas commun, hein ?

Bref, on retrouve ici ce que j’aime chez un auteur de roman policier quel qu’il soit. Une intrigue bien ficelée, des personnages hauts en couleur qu’on aime suivre de livres en livres et une solide documentation pour rendre crédible le tout !

Faut quand même avouer que je suis piqué du personnage de la tante Daphné, qui déjà, dans le précédent ouvrage, m’avait tapé dans l’oeil. Quelle joie de la retrouver ici, égale à elle-même, en enquêtrice de choc et … de choc.

Cosy mystery à l’ancienne, teinté d’un vrai amour du terroir, Agathe Portail crée sa marque de fabrique et impose son style. Ici, rassurez-vous, pas de tripes et de boyaux à outrance mais une galerie de suspects qui vous rappellera encore une fois une autre Agathe de notre connaissance.

Finement écrit, teinté d’un charme à l’ancienne et d’une douce ironie mordante (piquante, c’est ce que je voulais écire, mais je sens que vous avez envie de me frapper) ce roman ancre l’auteure dans le paysage policier français.

Amateurs d’enquêtes à l’heure du thé et de promenades dans les jolis coins de France, vous trouverez aussi une lecture fort agréable, pour peu que vous teniez à l’abri des piqures …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Le major de gendarmerie Dambérailh a été missionné pour remplacer temporairement le chef de la brigade de Montraguil, petite bourgade paisible de Dordogne. Enfin, paisible… On note quelque agitation autour d’une châtaigneraie mise en vente par un monastère voisin et que se disputent un apiculteur et un propriétaire cherchant à étendre un parc photovoltaïque. L’affaire met en émoi l’association des chasseurs qui s’inquiète de voir disparaître un important territoire de chasse.


Pour l’apiculteur, Pascal, et son associé, Hugo, qui ont monté Honey Box, une start-up de vente de miel par abonnement, l’acquisition de la parcelle est vitale pour pérenniser l’affaire et rembourser les dettes accumulées.
Alors que les frères du monastère eux-mêmes montrent des signes de nervosité, une attaque mortelle d’abeilles va plonger Dambérailh dans la perplexité… avant qu’il s’aperçoive qu’il s’est fourré dans un sacré guêpier…