Amour, gluten et sororité – S.A. YARMOND

Amour, gluten et sororité.

Des mots qui font qui font rêver.

(Cette introduction est à lire sur l’air du générique d’une série bien connue, ceux qui ont la réf, levez la main droite, et dites « j’suis vieux »).

Déjà, au titre, j’ai souris. Et déjà, je retrouvais Sarah.

Sarah, c’est une rencontre, belle comme un petit rubis au beau milieu des graviers, sur le chemin de ma petite vie mais bref, le sujet n’est pas là.

J’étais pressé de découvrir ce premier roman, auto-édité avec tout le courage, toute la folie que ça implique. Et je sais déjà que je tiens là un petit collector, puisque c’est une certitude, il tapera dans l’œil d’un éditeur bien avisé, prêt à vendre des palettes de ce premier roman !

Ici, clairement, je suis sorti de ma zone de confort. Une habitude finalement pour ceux qui me suivent car j’aime encore et toujours explorer, découvrir et être épaté. Lire de tout, partout et tout le temps.

Ici, donc, on part dans le registre de la comédie. Mais moderne, hein, la comédie. Dans l’air du temps. Une comédie qui parle de blogueurs, de pâtisserie, d’amour aussi, sinon c’est pas drôle, entre quiproquos et petites phrases d’humour bien senties.

Un regard enlevé sur des nanas de leur temps, sur les relations amoureuses et les défis à surmonter pour réaliser ses projets. Une comédie parfois douce amère où tout n’est pas toujours tout rose malgré les apparences.

Et évidemment, ce qui m’interpelle le plus, ce qui me touche, c’est ce moment où derrière les artifices littéraires, on entrevoit celle qui écrit. A plusieurs reprises, j’ai compris que Sarah parlait d’elle, se racontait, un peu, derrière le rideau de ses mots.

Bref, un roman, pour rire beaucoup, s’émouvoir un peu, et passer un moment dépaysant avec cette bande de filles qui s’amusent à casser les codes.

Bon, le seul point noir, ce roman facétieux m’a rappelé combien j’étais un piètre cordon bleu.

Pourtant, c’est un roman à lire comme on dévore une bonne pâtisserie.

Avec ou sans gluten.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Entre son blog, son futur livre de cuisine, les séances pâtisserie et les sorties – légèrement alcoolisées – avec sa cousine Elie et sa meilleure amie Eva, Yael mène une vie bien remplie. Sa vie amoureuse est au point mort, réduite à quelques nuits passées dans les bras de Robin avec qui elle entretient une relation sans attaches. Cookies, brioches, vinyles, bouquins et mojitos rythment un quotidien ordonné qui laisse peu de place à l’imprévu. Jusqu’au jour où Elie l’embarque dans un double date qui bouleverse tous ses plans…

Le noir et le blanc

Le noir et blanc.

Le noir pour le cœur qui saigne encore un peu quelquefois.

Le blanc pour toute la lumière.

Celle qu’elle a mis dans ma vie et qui inonde encore mon quotidien.

Le noir pour les deuils qui ne se voient pas.

Le blanc pour ces choses volatiles qui ne meurent jamais.

Elle s’appelait, elle s’appelle Janine. Elle était, elle est toujours là.

De la Raymonde de mon livre, elle possède l’amour immense, les casseroles qui fument et le franc parler.

Ce livre, elle l’attendait. Sans jamais me presser, sans jamais s’immiscer. Il a fini par arriver. Sans elle, mais pour elle.

Il va faire son petit bonhomme de chemin, et à travers lui, ma Janine va toquer à vos portes et franchir le seuil, tonitruante et discrète à la fois, à sa drôle de manière.

Ce livre, une folie douce mais très sincère. Un livre comme elle. Comme Janine.

D’elle, je garde une douce folie mais les pieds sur terre. Je me souviens qu’être soi-même mérite de se battre toujours un peu plus fort.

D’elle, je garde des souvenirs d’enfance, comme des centaines de fleurs dans mon jardin intime. Je garde une odeur de cassoulet et tous ces livres sur mes étagères. Je garde notre dernière fois et toutes les premières.

Je redépose ici, entre nous, ces mots. Pour qu’ils soient quelque part.

Ce n’est pas un hommage. Ce n’est pas un au-revoir, encore moins un adieu.

C’est juste une photo en noir et blanc.

Noir, un peu.

Mais blanc, tellement.

« Il faut dire merci, Jeanne. A ceux qui nous soulagent de vivre. A ceux qui nous illuminent. Pour de vrai. »

Alors.

Merci mamie.

La Divine Comédie de Nos Vies – Gavin’s Ruiz

Bon, on connaissait bien déjà la chanson.

Vous savez, le machin là, sur les amours, les amis, les emmerdes…

Mais le truc, c’est que Gavin’s Ruiz dynamite la formule et offre un roman aussi vitaminé que sa couverture psychédélique !

Ils s’appellent Sacha, Jérôme ou David, entre autres.

Ce sont des types comme vous et moi, des mecs plus ou moins bien, qui ont le mérite de ressembler à nos potes.

Je me suis régalé à suivre les tribulations de cette bande de potes. A l’heure où les mecs n’ont pas vraiment la côte, j’ai adoré les fêlures, la sincérité et la folie douce de ces sacrés drôles de gars !

Il ne faut pas trop en dire pour ne rien gâcher du plaisir. C’est un roman sur l’amitié, sur la vie qui passe et qui s’offre même le luxe d’étonner son lecteur sur la fin ! C’est un roman follement cinématographique qui offre la part belle aux hommes, pour une fois et leur redonne une place !

J’ai lu ce livre comme je regarde un bon Lelouch. Des hommes, des femmes, sans mode d’emploi mais avec cette jubilation permanente de tourner la page suivante.

Du même auteur, j’avais beaucoup aimé Le Club Des Feignasses et quel bonheur de retrouver son regard tendre et percutant. Il y a tellement de tendresse dans sa façon d’observer les autres qu’ici, le plaisir est renouvelé. Une comédie juste et enlevée, à la fois grand souffle d’air frais et jolie brise émouvante.

C’est un roman court, qui se lit d’une traite, avec un vrai plaisir gourmand ! En ce moment, ils sont terriblement précieux ces livres qui nous permettent de s’évader pour de bon…

Et puis, les types qui font du sport en collant, ça fait craquer, non ?

Non, en fait, c’est vrai.

Pas vraiment !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

« Une seule chose est sure : j’aurais dû dire stop avant. Avoir le courage de parler. Sans le savoir, ma femme et son amant m’ont fait le plus beau cadeau du monde. »

Ne m’oublie pas – Alix Garin

Ok. On arrête tout.

On se pose deux secondes et je t’explique ce qu’il vient de m’arriver à la lecture de cette pépite.

Etrangement, ma plus belle lecture de ce début d’année est donc une bande dessinée, un roman graphique. Je me suis fait cueillir comme on se fait surprendre par une petite claque sur la tronche.

Je ne connaissais pas Alix Garin. J’ai acheté ce livre juste pour son titre, pour sa couverture. Quelque chose m’appelait très fort. Je pressentais une pudeur, une vérité. Et je ne me suis pas trompé.

Clémence vient rendre visite à sa grand-mère, qui une fois de plus s’est « échappée » de sa maison de retraite. Pour son bien, il faut la droguer, lui faire encore plus perdre l’esprit. Pour qu’elle reste là, à attendre on ne sait quoi.

Clémence ne peut se résoudre à l’abandonner ainsi et la kidnappe. Débute alors le plus joli des roads trips que j’ai pu lire …

Je n’oublierai pas. Je n’oublierai toutes ces émotions qui m’ont traversé, parfois transpercé devant la justesse de cette histoire simple comme la vie. Je n’oublierai pas la délicatesse des sentiments, la vérité des silences, des dessins qui parsèment cet ouvrage. Je n’oublierai pas les sourires, je n’oublierai pas ces pages qui m’ont mouillé les yeux.

Je n’oublierai pas cette envie de ne jamais à avoir à refermer ce livre.

Les thèmes de la vieillesse, du temps qui passe, de l’enfance qui toque aux portes de nos mémoires abimées, de l’amour immense, sont traités avec grandeur d’âme, à hauteur d’humanité. Sans tabou mais avec une infinie délicatesse.

Du sourire, aux larmes, en quelques bulles. Dieu que j’aime lire ça, la vie, la vraie. Des héros quotidiens qui se débattent contre l’oubli, cette mémoire qui flanche et prend l’eau.

Je n’oublierai pas. Je relirai ce livre. Encore et encore.

Et je n’oublierai pas.

LE RESUME DE L’EDITEUR

La grand-mère de Clémence souffre de la maladie d’Alzheimer. Face à son désespoir, elle prend la décision de l’enlever de la maison de retraite et de prendre la route en quête de l’hypothétique maison d’enfance de sa mamie. Une fuite, une quête, un égarement, l’occasion de se retrouver ? À moins que ce ne soit plutôt des adieux…

Un Fils sans mémoire – Valentin Spitz

Je n’aime pas particulièrement en littérature les fils de.

Ils m’agacent.

Pourtant, ici, en l’occurrence, c’est un fils sans. Qui devra faire avec.

Valentin Spitz, dans ce roman, cesse de se cacher derrière des héros de papier et se livre, comme on grandit au fil des pages.

C’est le roman d’un homme, droit dans ses bottes, qui se raconte et retrouve l’enfant qu’il fut au hasard d’un roman bouleversant tant il est sincère.

C’est l’histoire d’un petit garçon qui attend son papa, icone des années 90 sur les ondes des radios libres. Le Doc. C’est l’histoire d’un homme qui se construira sans mémoire et qui apprendra pourtant à aimer cet homme qui lui a donné la vie.

C’est l’histoire d’un chemin parcouru, de cailloux semés sur ces route pavées de belles prétentions, qu’il devra finir par ramasser pour trouver sa propre voie.

C’est une voix, en littérature, que j’écoute déjà depuis plusieurs ouvrages, et qui chaque fois, me touche par la justesse des mots.

Sans en faire trop, Valentin Spitz entrouvre ces portes, entre enfance cabossée et vie d’homme, sans qu’on ne puisse jamais lui lâcher la main.

Un coup de cœur, un roman courageux, délicat et percutant. Un roman, comme les pièces éparpillées d’un puzzle.

En littérature, rien ne me touche plus que cette forme de sincérité absolue, coûte que coûte. Sans masque. Sans effet de style. Juste pour se dire. Pour ne pas se taire. Sans misérabilisme lacrymal. Sans fausse impudeur.

C’est une histoire vraie, c’est une histoire réinventée, celle d’un fils sans papa, celle d’un homme qui pardonne, qui avance, et qui aime, pour avoir un nom. Une quête d’identité. Forte et fragile.

Merci Valentin de livrer ainsi un si beau roman. Celui d’une quête intime et universelle à la fois.

Merci pour le cœur, le vrai et pour la beauté de cette vérité là.

LE RESUME DE L’EDITEUR

« On ne peut pas inventer les photos qui n’existent pas, on ne peut pas boucher les trous de la mémoire. Non il n’y a rien pour ça. Je pourrais inventer ces images dans un roman mais rien qu’à y penser cela sonne creux, faux, comme un théâtre de pacotille, avec trop de couleurs et de bruit et de mauvais acteurs. Je sais bien, non je sens, que tout cela est à jamais perdu, car on ne peut créer à partir de rien. […] L’histoire aurait dû s’écrire ainsi, ce serait mon éternité, mon destin : un fils sans mémoire, errant au fil de ses angoisses. Père manquant, fils manqué. C’était sans compter les mots, l’écriture, le langage, bois des humains qui construit et rassemble les êtres séparés, permet parfois l’amour. Ce livre raconte cette histoire. Comment un fils est parvenu à aimer son père. »

C’est une quête éperdue. Celle d’un nom, d’une origine et d’une reconnaissance. Celle d’un enfant, Valentin, qui pendant des années a eu un fantôme pour père, Le Doc. Un fantôme qui menait une vie professionnelle et médiatique hors normes. Pendant des années, Le Doc a endossé le costume du père pour des centaines de milliers de jeunes, libérant leur parole et leur permettant de découvrir sans tabous, grâce aux radios libres, leur corps et leur sexualité.


Mais nul n’est prophète en son pays. Et les pères ne sont pas toujours au rendez-vous de leurs propres enfants.

Malgré tout – Jordi Lafebre

C’est un conte à rebours. Un décompte de faits. C’est une histoire d’amour pas comme les autres. C’est un condensé d’émotions, de couleurs et de sentiments. C’est un livre. Ce sont des mots, des dessins. Et c’est tellement plus que ça.

L’existence comme un puzzle. En amour, comme dans la vie, tout se mélange, rien n’est définitif, tout est à faire, à défaire. Rien n’est tout à fait blanc, ni trop noir.

C’est ainsi que ce petit bijou commence par la fin pour nous ramener aux débuts de l’histoire de ces deux êtres beaux comme le sont les doux rêveurs.

Il s’appelle Zeno, il a le pied marin et le coeur aux quatre vents.

Elle s’appelle Ana. Elle a la tête sur les épaules mais le ventre plein de papillons.

Ce livre, il faut le lire. Il faut vous laisser glisser dedans, comme on rêve encore un peu, comme on s’émeut devant la vie qui passe. Comme on apprend à aimer les autres.

Quelle perle que cet ouvrage. Quelle délicatesse!

Humaniste et romantique dans ce que ces mots ont de plus nobles, juste avant que parfois nous en abimions le sens. Zeno et Ana remettront les pendules à l’heure en vous mettant la tête à l’envers.

Malgré tout, presque rien, il suffit de peu, pour qu’une vie s’écoule et que le temps offre ces petits caprices.

Venez, vous ne le regretterez pas.

Venez, là où la vie bat son plus joli tempo.

Juste au début de la fin!

LE RESUME DE L’EDITEUR :

C’est l’histoire d’un amour à rebours. Une passion platonique mais éternelle entre deux êtres.

D’un côté, il y a Ana. Sexagénaire charismatique, ancienne maire tout juste retraitée, mariée et maman. Une battante au grand coeur qui impose le respect.

De l’autre, il y a Zeno. Célibataire endurci, libraire proche de la retraite et doctorant en physique qui aura mis quarante ans pour terminer sa thèse. Un esprit libre et voyageur, aussi séduisant que mystérieux. Au fil des années, ils ont tissé ensemble un amour impossible et intarissable.

Tout en égrainant les excuses qui ont empêché qu’elle ne prenne forme, on remonte le temps de cette romance et de ses méandres… jusqu’à sa source.

Avec Malgré tout, Jordi Lafebre (Les Beaux Étés, La Mondaine, Lydie) nous offre, avec toute la poésie et la tendresse qui le caractérisent, son premier album en tant qu’auteur complet. Un puzzle amoureux complexe, qu’il recompose savamment au travers de scènes distinctes… et pourtant indissociables les unes des autres.

Darling – Tome 02 #hiver – Julien Dufresne-Lamy & Charlotte Erlih

Face caméra.

Tout le monde, n’importe qui, peut devenir une star.

Depuis son salon, depuis sa chambre. Dans les secrets de la porte close adolescente où ne peuvent pénétrer les parents.

Le miracle, il s’accomplit tous les jours sur Youtube, Tik Tok, Insta ou Twitter.

Les vieux cons te diront que Youtube, les réseaux sociaux et compagnie, c’est un peu le vide absolu. Qu’il s’agit d’une insulte à l’intelligence. Tout est fake. C’était mieux avant.

Pourtant, ils sont là, dans notre quotidien, devenant même un média incontournable et régissent la vie de nos ados…

J’étais tellement impatient de me plonger dans ce second tome de la série Darling. Le premier tome m’avait convaincu et celui-ci renouvelle le plaisir !

On rencontre Pierre. Pierre et sa tâche sur la tronche. Disgracieuse. Pierre que sa nana a largué il y a peu.

Pierre va poster une vidéo. Comme ça. Pour rien, pour lui. Pour rire de sa tâche.

Et le miracle se produit, les « vues » s’affolent et c’est la gloire !

En sera-t-il plus heureux pour autant ? Ne perdons-nous pas un peu de notre âme en étant liké ainsi par la multitude ? Des milliers d’abonnés au rythme de l’algorithme. Des haters, des trolls, cette faune 2.0, digne d’un Seigneur des Réseaux.

Julien Dufresne-Lamy et Charlotte Erlih se glissent une nouvelle fois avec brio dans la peau d’ados et ça fonctionne ! Comme dans le premier tome, les auteurs proposent un roman choral avec ces jeunes.

Touchants, parfois agaçants, ils sont le pur produit de notre époque et ce deuxième tome de Darling la décrit d’une bien belle façon. Sans juger, sans minimiser ou bêtifier notre jeunesse.

Vivement le troisième tome !

RESUME DE L’EDITEUR :

À la rentrée de janvier, Pierre vient de se faire larguer par Agathe. Vivant dans l’ombre d’un père tyrannique, il se réfugie habituellement dans l’humour. Mais depuis sa rupture, il n’a plus goût à rien. Pour tenter de lui remonter le moral, son meilleur ami Solal l’encourage à créer des vidéos sur Youtube. Et qui sait, devenir célèbre pourrait être un moyen de reconquérir la superficielle Agathe accro aux influenceurs. Tournant en dérision son angiome sur le visage, Pierre crée son compte “Pierrot la Tache”. Ses premiers essais sont un échec. Solal, en tant que monteur des vidéos, essaie de donner des conseils à son ami. Pierre se vexe, une dispute éclate, Solal déguerpit sur son skate. Il file, tant aveuglé par la colère qu’il ne voit pas la voiture qui arrive sur le côté… 

En racontant sans filtre son drame personnel, le succès frappe soudain à la porte de Pierre et redistribue les cartes complètement. Le voilà adoubé par les Youtubeurs les plus célèbres, star du bahut, et repéré par des agents…

Ce deuxième tome de la tétralogie «Darling »explore les vertiges de la starification à l’heure des réseaux sociaux, comment elle chamboule l’existence, peut briser une amitié et faire naître la haine.

Ils s’aiment – Neal Treadwell

Ils s’aiment.

Dans un monde idéal, les choses s’arrêteraient là. Il ne serait pas question de courage, juste d’amour. Cet ouvrage est un témoignage silencieux mais oh combien bouleversant.

Galerie de portraits, de photographies authentiques, prises entre 1850 et 1950. Instantanés de vies à hauteur d’hommes, d’hommes amoureux.


Une collection unique, minutieusement retrouvée. Des hommes de tous milieux, de toutes nationalités.

Photographies de garçons. Qui s’aiment. de couples. Unis.


Alors que c’est interdit. Alors que juste l’idée de ces photographies est répréhensible lorsqu’on remet les perspectives de l’époque.

Pourtant, ils osent fixer sur l’objectif une trace, comme on regarde droit dans les yeux celui qui vous juge. Une trace de leur amour. Pour une vie, une nuit, une semaine ?

De ces garçons, on ne sait rien. Juste des centaines de photographies pressées par le temps. Pour se rappeler que l’amour ne devrait pas être une lutte, juste se vivre.

J’ai imaginé chaque vie derrière l’objectif. J’ai imaginé qu’ils s’appelaient Franck, Tom, Andrew, Félix ou Jean-Paul. J’ai imaginé les tourments derrière les sourires. Les renonciations, les guerres perdues et les batailles qu’ils n’ont pas mené. J’ai imaginé car on ne sait rien. Et pourtant, ces photographies disent tout.

Ils s’aiment. Et je les aime aussi.

J’ai frissonné aussi. J’ai remercié la vie d’être né à la « bonne » époque. J’ai frémi de ce qui pourrait arriver si on laissait gagner la médiocrité, la haine et l’indifférence de l’autre.

Un ouvrage de photographies qui ne racontent rien mais révèle tellement que je suis bouleversé de le refermer. Je suis rempli d’eux. de leurs regards. de leurs mains qui se serrent. Presque timidement.

Je me suis senti héritier de ceux qui ont osé, avant moi, et qui ont ouvert les portes de placards encombrés. Un recueil, un album photos de ces garçons qui sont un peu maintenant de ma famille.

Ils s’aiment.

Et le courage parfois ne tient qu’à une photographie oubliée au fond d’un placard.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Ils s’aiment est un voyage photographique et romantique sur un siècle d’histoires d’amour
interdites. Rassemblées par un couple de collectionneurs, ce fonds photographique unique
est riche de plus de 2 700 clichés. Il fallait du courage à ces hommes pour fixer ainsi leur
amour, alors que l’homosexualité était socialement réprouvée, voire pénalement réprimée.
Il faudra attendre la fin des années 1960 pour que l’opinion publique des pays occidentaux
commence à reconnaître l’homosexualité comme forme de vie amoureuse à l’égale de
l’hétérosexualité. Chaque photographie du livre est une histoire d’amour, mais aussi une
histoire porteuse de souffrance et de douleur.


Ces photos ont été trouvées dans des marchés aux puces, des boîtes à chaussures, des
archives familiales, des vieilles valises, mais aussi sur Internet et lors de ventes aux enchères.
Même si elles sont majoritairement d’origine américaine, le livre présente aussi des clichés
de couples gays venant de nombreux autres pays (Canada, France, Royaume-Uni, Allemagne,
Bulgarie, Russie, Estonie, Ukraine, Argentine, Thaïlande, Japon et Australie). Au-delà de la
diversité géographique, ces images montrent aussi une grande diversité sociale. On y voit
des riches et des pauvres, des Blancs et des Noirs, des jeunes et des plus âgés, les cols blancs
et des ouvriers ou des paysans… Notre regard sur l’homosexualité dans la première partie du
XXe siècle est renouvelé.

Si ça saigne – Stephen King

Il est revenu.

Et si CA te rappelle quelque chose, c’est tout à fait normal (private joke entre fans de Stephen).

Le King is back et nous arrêterons ici les phrases en anglais, je vous rassure.

Bon, il faut bien l’avouer, Stephen King a à peine le temps de nous manquer qu’il sort déjà un nouveau livre ! Un des auteurs américains les plus prolifiques de sa génération revient avec un recueil de quatre nouvelles cette fois.

Et s’il est bien un domaine où j’aime le retrouver, c’est bien celui-ci même s’il faut bien le dire, parfois, ses « courts textes » sont l’équivalent d’un roman entier chez d’autres écrivains ! Le bougre nous en donne pour notre argent !

Quatre nouvelles donc :

LE TELEPHONE DE M. HARRIGAN, la jolie amitié entre un jeune garçon et son employeur millionnaire, peut-être mon texte préféré du recueil tant le gamin est attachant.

LA VIE DE CHUCK, nouvelle originale, presque cinématographique dans son traitement, en trois actes pour raconter la vie d’un homme ET la fin du monde.

SI CA SAIGNE, le plus long teste du recueil qui lui offre d’ailleurs son titre, est une suite de son roman L’Outsider que l’on peut lire aussi indépendamment. On retrouve Holly et son agence de détective, confrontée à une explosion dans un collège.

RAT, ou encore un texte de King traitant d’un écrivain, de l’angoisse de la page blanche avec ce héros qui a publié quelques nouvelles sans jamais arriver à écrire de roman jusqu’au jour où l’idée fuse et qu’un rat entre dans son existence …

Stephen King fait du Stephen King, sans surprise mais avec brio. On retrouve ici les thèmes chers à son coeur que sont les nouvelles technologies, la fin du monde, le personnage de l’écrivain torturé, l’au-delà et le deuil. L’écrivain se fait plaisir, et s’il est parfois un brin bavard, les afficionados ne bouderont pas leur plaisir.

Perso, je suis plus touché par le Stephen King d’il y a quelques années même s’il reste encore aujourd’hui un monument de la pop culture !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Les journalistes le savent : si ça saigne, l’info se vend. Et l’explosion d’une bombe au collège Albert Macready est du pain béni dans le monde des news en continu. Holly Gibney de l’agence de détectives Finders Keepers, travaille sur sa dernière enquête lorsqu’elle apprend l’effroyable nouvelle en allumant la télévision. Elle ne sait pas pourquoi, le journaliste qui couvre les événements attire son attention…


Quatre nouvelles magistrales, dont cette suite inédite au thriller L’Outsider, qui illustrent, une fois de plus, l’étendue du talent de Stephen King.

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur – Maurice Leblanc

La littérature est un refuge.

J’en suis persuadé.

Et lorsque l’époque ne prête pas à rire, je m’aperçois que j’aime à me réfugier en d’autres temps, d’autres lieux. Ces auteurs surannés mais si indispensables pour voler des sourires.

Car il y a des héros, romanesques à souhait, qui traversent le temps, nimbés d’une aura prestigieuse qui dévale les décennies, comme on se moque du présent.

Ici, c’est la Belle Epoque. Belle, oui. Loin du sale temps et des solitudes masquées. Et Dieu sait que pourtant, il avance plutôt dissimulé l’Arsène.

Arsène Lupin.

Le héros crée par Maurice Leblanc fait partie de ceux-là.

Arsène Lupin.

L’énergumène énervant et tellement attachant. L’élégance de la roublardise, Robin des Bois délicat et irrévérencieux. L’homme qui tombe à point quant tu pourrais couler à pic.

Ce premier tome, si je puis dire, nous permet de rencontrer Lupin et compagnie et offre un panel de ses nombreux talents. Plus qu’un roman, nous avons ici une succession de neuf nouvelles qui permettent au lecteur d’entrer de plein pied dans l’univers de Lupin.

Imaginé comme un roman feuilleton, Lupin traverse son temps et se joue de son époque, comme on virevolte.

Maurice Leblanc s’amuse de son lecteur, d’une histoire à l’autre, avec brio. Il se joue des points de vue, des personnages, rendant la lecture follement ludique et carrément jubilatoire. On ne sait jamais d’où va surgir le gentleman cambrioleur, au détour des pages et des larcins élaborés avec lesquels il nous régale.

La littérature est un refuge.

Lire Lupin, c’est une symphonie au milieu des larsens un peu discordants de ces mois écoulés.

Merci Arsène !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Vif, audacieux, impertinent, rossant sans arrêt le commissaire (qui ici, en l’occurrence, s’appelle l’inspecteur Ganimard), traînant les cœurs après lui et mettant les rieurs de son côté, se moquant des situations acquises, ridiculisant les bourgeois, portant secours aux faibles, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur est un Robin des Bois de la « Belle Époque ». Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas trop au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit ; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vit comme un aristocrate. Arsène Lupin, après plus d’un demi-siècle, n’a pas vieilli. Il ne vieillira jamais en dépit de son chapeau haut de forme, de sa cape et de son monocle.

La Traversée des Temps, Tome 01 : Paradis perdus – Eric-Emmanuel Schmitt

Ce roman est une folle entreprise.

Imaginez ! Racontez l’histoire du monde en huit tomes à travers les yeux d’un immortel … Il n’y a bien que Monsieur Schmitt pour se lancer dans une telle odyssée !

Ce roman est la première pierre d’un projet pharaonique qui tient à cœur à l’auteur depuis des années et qu’il préparait avec amour depuis longtemps.

Pour lancer son grand œuvre, il nous amène à la rencontre de Noam, qui semble se réveiller d’un long sommeil, dans une grotte, de nos jours. Que fait-il là ? Où va-t-il ? En quel état erre-t-il ?

Noam est né il y a 8000 ans et ce premier tome nous entraîne à sa suite dans « dans un pays de ruisseaux et de rivière, au bord d’un lac, devenu une mer », ce fameux paradis terrestre, où sa folle destinée viendra à sa rencontre sous les traites d’une femme, la femme qui hantera ses jours et ses nuits, qui le révélera à son destin hors du commun, la mystérieuse Noura …

Erudit et passionnant, un roman à l’orée de l’humanité et des genres. Un roman comme une machine à remonter le temps qui vient illuminer le présent, lorsqu’hier explique aujourd’hui. Un roman pour remonter les courants, les idées, les concepts, dans tant de domaines qu’il donne le vertige. Remonter aux origines, celles du Savoir, cette connaissance de l’Homme que chérit Eric-Emmanuel Schmitt et qui nous pousse à tourner chaque page comme un album de famille, celle de notre humanité, Noam devenant notre ancêtre à tous.

Parlons également de cette superbe couverture qui donne tout de suite envie de plonger dans cette saga folle, qui une fois terminée, dans quelques années, fera du plus bel sur nos rayonnages.

Je ne peux que vous conseiller à vous lancer, à votre tour, sur les traces de Noam, pour profiter pleinement d’un ouvrage qui véritablement, vous offrira un « déluge » d’émotions, de sensations, de réflexions et d’aventures. Un ouvrage qui redonne vie aux paradis perdus et à l’Homme dans ce qu’il fut pour devenir …

J’attends le second tome avec impatience, foi de Juju …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Cette Traversée des temps affronte un prodigieux  défi : raconter l’histoire de l’humanité sous la forme d’un roman. Faire défiler les siècles, en embrasser les âges, en sentir les bouleversements, comme si Yuval Noah Harari avait croisé Alexandre Dumas. Depuis plus de trente ans, ce projet titanesque occupe Eric-Emmanuel Schmitt. Accumulant connaissances scientifiques, médicales, religieuses, philosophiques, créant des personnages forts, touchants, vivants, il lui donne aujourd’hui naissance et nous propulse d’un monde à l’autre, de la préhistoire à nos jours, d’évolutions en révolutions, tandis que le passé éclaire le présent.


Paradis perdus lance cette aventure unique. Noam en est le héros. Né il y a 8000 ans dans un village lacustre, au cœur d’une nature paradisiaque, il a affronté les drames de son clan le jour où il a rencontré Noura, une femme imprévisible et fascinante, qui le révèle à lui-même. Il s’est mesuré à une calamité célèbre : le Déluge. Non seulement le Déluge fit entrer Noam-Noé dans l’Histoire mais il détermina son destin. Serait-il le seul à parcourir les époques ?

Un Monde après l’autre – Jodi Taylor

Je rêvais d’un autre monde, tu sais, celui où la Terre serait …

Tu connais la chanson, on te la fait pas, hein …

Un autre monde, donc. C’est bien de ça qu’il s’agit ici. Enfin, non, pas vraiment, en fait. Ce premier tome d’une série fort prometteuse parle de notre monde, le seul, l’unique mais propose un pari fou, le découvrir à travers le temps. Une multitude de mondes qui font le Monde !

Et c’est ce que propose l’institut St Mary puisque là-bas, on étudie l’Histoire en voyageant dans le temps ! Bon, dis comme ça, tu comprends tout de suite que nous sommes sur une saga de science-fiction mais pas que, pas que, crois-moi !

Le lecteur pénètre les secrets de la vénérable institution en même temps que notre héroïne, Madeleine Maxwell, Max, pour les intimes, et prend le temps de découvrir les rouages de cette école pas comme les autres aux allures d’un Poudlard pour adultes !

Car oui, c’est un roman pour adultes et non pas une énième saga jeunesse. Pour adultes qui sont restés de grands enfants et qui ont envie de partir pour une aventure sans temps mort, promesse de folles péripéties à travers le temps !

Dans ce premier tome, on plonge avec délectation dans ces voyages temporels pour découvrir le passé de l’intérieur. On s’attache à Max et à ses pérégrinations incroyables entre le grand incendie de Londres ou la période des dinos ! On se fascine pour les rouages de l’institut et ses chercheurs qui ne doivent surtout pas altérer le cours de l’Histoire mais la comprendre de l’intérieur.

Le plaisir ici est double : la lecture d’un bon roman qu’on ne peut lâche et le vertige des possibilités dans les tomes à venir tant le terreau semble vaste !

Lecture plaisir avec une couverture qui comblera aussi les petits collectionneurs que nous sommes !

« Alors, dites-moi, docteur Maxwell, si l’Histoire vous était présentée sur un plateau d’argent, où iriez-vous ? »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Derrière l’innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé. Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils « étudient ‘en temps réel’ les événements majeurs de l’Histoire ». En se faisant passer pour d’inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n’ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l’Histoire… au risque d’en mourir.

Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l’équipe de l’Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d’embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s’offrent à elle…

De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, la jeune historienne va revivre d’extraordinaires événements. Alors qu’au sein de l’institut naissent des enjeux de pouvoir…