Un Monde après l’autre – Jodi Taylor

Je rêvais d’un autre monde, tu sais, celui où la Terre serait …

Tu connais la chanson, on te la fait pas, hein …

Un autre monde, donc. C’est bien de ça qu’il s’agit ici. Enfin, non, pas vraiment, en fait. Ce premier tome d’une série fort prometteuse parle de notre monde, le seul, l’unique mais propose un pari fou, le découvrir à travers le temps. Une multitude de mondes qui font le Monde !

Et c’est ce que propose l’institut St Mary puisque là-bas, on étudie l’Histoire en voyageant dans le temps ! Bon, dis comme ça, tu comprends tout de suite que nous sommes sur une saga de science-fiction mais pas que, pas que, crois-moi !

Le lecteur pénètre les secrets de la vénérable institution en même temps que notre héroïne, Madeleine Maxwell, Max, pour les intimes, et prend le temps de découvrir les rouages de cette école pas comme les autres aux allures d’un Poudlard pour adultes !

Car oui, c’est un roman pour adultes et non pas une énième saga jeunesse. Pour adultes qui sont restés de grands enfants et qui ont envie de partir pour une aventure sans temps mort, promesse de folles péripéties à travers le temps !

Dans ce premier tome, on plonge avec délectation dans ces voyages temporels pour découvrir le passé de l’intérieur. On s’attache à Max et à ses pérégrinations incroyables entre le grand incendie de Londres ou la période des dinos ! On se fascine pour les rouages de l’institut et ses chercheurs qui ne doivent surtout pas altérer le cours de l’Histoire mais la comprendre de l’intérieur.

Le plaisir ici est double : la lecture d’un bon roman qu’on ne peut lâche et le vertige des possibilités dans les tomes à venir tant le terreau semble vaste !

Lecture plaisir avec une couverture qui comblera aussi les petits collectionneurs que nous sommes !

« Alors, dites-moi, docteur Maxwell, si l’Histoire vous était présentée sur un plateau d’argent, où iriez-vous ? »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Derrière l’innocente façade de St Mary, le secret du voyage dans le temps a été découvert et reste bien gardé. Les chercheurs en Histoire ont ainsi une méthode de travail tout à fait particulière : ils « étudient ‘en temps réel’ les événements majeurs de l’Histoire ». En se faisant passer pour d’inoffensifs excentriques, ils tentent de répondre à certaines questions qui n’ont jamais été résolues, sans jamais toucher au cours de l’Histoire… au risque d’en mourir.

Madeleine Maxwell, une jeune et brillante historienne est contactée par son ancien professeur afin de rejoindre l’équipe de l’Institut St Mary. Au cours de son étrange entretien d’embauche, Maxwell comprend vite les possibilités qui s’offrent à elle…

De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, la jeune historienne va revivre d’extraordinaires événements. Alors qu’au sein de l’institut naissent des enjeux de pouvoir…

Le chant de nos filles – Deb Spera

C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane.

Comme dans la chanson.

On ne dirait pas le sud. C’est le Sud. La Caroline du Sud précisément dans les années 20.

Ce Sud qui, en littérature, souvent, me passionne. Le Sud des injustices, où les femmes ne peuvent que perdre leur Nord.

Elles s’appellent Gertrude, Annie et Retta. Et croyez-moi, on ne les rencontre pas par hasard.

Chacune d’elle nous donne envie de la suivre. Gertrude, cette mère de quatre filles, dont la misère n’a d’égale que la violence de son mari. Annie, riche et pourtant si seule, à la fin de son existence. Et Retta, dotée d’un don unique, au service des autres, né avec l’abolition de l’esclavage.

Chacune à sa manière va devoir se battre contre une société arriérée, qui méprise la condition féminine. Chacune d’entre elle va se battre pour les filles à venir. Chacune va lutter avec l’autre.

Un premier roman que l’on verrait bien adapté au cinéma tant ces femmes prennent vie sous nos yeux dans un contexte géographique et historique passionnant.

Deb Spera offre un roman choral de toute beauté. Ce roman se lit comme on écoute la musique et qu’on se laisse emporter par elle. Chaque voix, chaque femme, porte l’écriture, emporte le lecteur. Comme on raconte une histoire au coin du feu. Une histoire de femmes, de destins et de secrets.

Ce roman est un chant oui. Qui monte crescendo, qui prend au cœur et qu’on ne peut plus lâcher jusqu’à la fin.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

1924, Caroline du Sud.


Alors que la région a vu ses plantations et son économie dévastées, Gertrude, mère de quatre enfants, doit prendre une décision terrible. Elle est prête à tout pour sauver ses filles de la famine et échapper à son mari violent. Retta, elle, navigue dans un monde difficile en tant qu’esclave affranchie employée par les Coles, autrefois propriétaires de sa famille.
Enfin, Annie Coles, la matriarche, doit faire face à la sinistre vérité qui a déchiré les siens.

Ces trois femmes n’ont apparemment rien en commun. Mais le destin va pourtant les unir, lorsque chacune décidera de faire face, à sa manière, pour que prennent fin les injustices…

Harry Potter à L’école des Sorciers – J.K. Rowling (MinaLima Edition)

Je viens de relire le premier tome d’une saga incontournable. J’avais besoin, après plusieurs lectures bouleversantes, de rêver un peu ! J’ai parcouru cette édition avec un frisson de plaisir tout du long. Avec la certitude que la magie existe réellement.

La magie. Redécouvrir ce monde si original. C’est tout un classique qui revient en mémoire en quelques secondes. Les bases d’un monde incroyable. Les moldus. Dumbledore. Le Quidditch. Poudlard. Gryffondor. Tout un charabia passé dans le langage courant!

Ici, les studios MinaLima illustrent et transcendent l’œuvre et il s’agit là de la plus belle édition à ce jour de ce classique de la littérature jeunesse ! Les livres sont des trésors mais là, on est concrètement sur un ouvrage juste fou ! Chaque page est un trésor, chaque illustration apporte son lot de re(découvertes) d’un livre que je pensais connaître par cœur.

Je me suis surpris à interrompre ma lecture pour détailler les mille secrets que recèle cette formidable édition. J’attends le tome deux avec tellement d’impatience, il va falloir s’armer de patience pour voir l’intégrale publiée en intégralité dans ces éditions uniques!

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Découvrez ou redécouvrez le texte intégral de J.K. Rowling avec de sublimes illustrations en couleurs et huit surprises animées : ouvrez la lettre de Poudlard, parcourez le Chemin de Traverse, faites apparaître un festin dans la Grande Salle… Vivez comme jamais auparavant l’aventure du plus célèbre des sorciers !

Souviens-toi d’aimer – Léa Volène

Date de Parution : 28 Octobre 2020

« Aimmmmer, c’est ce qu’il y a de plus beauuuu !

Aimmmmerrrr, c’est monter si hauuut ! »

Pour la chanson, c’est cadeau, la famille !

Je ne sais pas vraiment pourquoi mais je me la suis retrouvée en tête pendant deux jours ! Et je ne souhaite l’expérience à personne !

Bref.

Je suis venu te parler de Bettina ! Et pas d’amour tartignolle …

Pauvre Bettina !

La loose, tu connais ?

Se retrouver à trente baluches des poux sur la tête et sans domicile fixe, y’a de quoi tourner bourrique ! Surtout lorsque les relations avec son fils de sept ans ne sont pas au fixe suite à une séparation d’avec le papa. Alors, quand elle se retrouve contrainte d’emménager chez sa grand-mère, le temps de se retourner, le lecteur se retrouve vite de tout coeur avec elle !

J’avais besoin d’un petit coup de frais, après des lectures un peu compliquées et une météo plus que capricieuse et ce roman m’a finalement surpris ! Car sous cette couverture acidulée et champêtre se cache plein de jolies émotions !

Un roman sur la maternité, sur la difficulté d’être femme, d’être mère. Sur la reconstruction des liens. Sur l’amitié. Un roman d’amour, oui. L’amour de soi.

Ce qui m’a séduit dans la plume de Léa Volène, ce sont ses pointes d’humour qui tapent juste, au détour d’une phrase. J’ai beaucoup souri, je dois bien l’avouer, j’ai même gloussé à la lecture de certains titres de chapitres, juste savoureux !

Un roman « feel good » dans sa plus jolie tradition. Tendre, plein de jolies petites vérités et avec un humour tellement rafraîchissant !
En ces temps de galère, il est bon de cheminer avec Bettina et sa jolie petite bande ! Et la plume de Léa est bien prometteuse !

Allez, c’est pour moi, un petit dernier pour la route …

« Aimerrrr, c’est ce qu’il y a de plus beauuuu … »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Il y a bien longtemps que Bettina ne croit plus aux contes de fées. Depuis son divorce, rien ne va plus dans sa vie.


Son jeune fils Nicolas est parti vivre avec son père, à des centaines de kilomètres. Alors quand elle trouve un travail dans la région où ils vivent désormais, elle espère que tout va changer.


Cruelle désillusion. Elle espérait retrouver un rôle de mère à plein temps, mais Nicolas semble fuir tout contact. Pire, il parle sans cesse de son père si parfait… Et pour ne rien arranger, elle doit vivre chez son insupportable grand-mère !


Mais, même dans les moments difficiles, la vie réserve des surprises et de belles rencontres. Grâce à de nouvelles amitiés, Bettina entrevoit l’espoir d’un nouveau départ. Il est temps de reprendre sa vie en main et de trouver le bonheur, enfin.

Le mal-épris – Bénédicte Soymier

Date de parution : 06 janvier 2021

Tel est pris qui croyait s’éprendre.

On pourrait résumer ainsi ce premier roman de Bénédicte Soymier.

Lorsque je referme ce livre, je ne sais que penser ? L’ai-je aimé, l’ai-je détesté ?

Paul, ce « héros », qui n’en a d’ailleurs que le titre, mal fagoté, ce malotru, m’aura mis dans le mal, et ce n’est pas un euphémisme !

C’est une plongée oh combien âpre, poisseuse, dans la vie de cet homme antipathique où les êtres semblent s’engluer dans une certaine forme de désespoir.

Paul va s’amouracher de sa voisine, la belle Mylène, et faire d’elle une sorte d’obsession dégoulinante. Jusqu’à faire céder le barrage. Puis, viendra, Angélique, dont le prénom peut prêter à sourire tant elle va tomber dans les filets d’un Paul devenu monstrueux.

L’ange et le démon. L’innocence et l’innommable emprise.

Le mal-épris. Le mal est fait. Ou l’effet mâle dans toute sa misère.

Les jours passent et cette lecture trotte dans ma tête.
Reste un roman éprouvant, pour moi, mais ne serait-ce pas l’effet recherché ? Bousculer, révéler, fracasser …

Lorsque la forme, maîtrisée, nous fait haïr le fond.

Lorsqu’on ne peut arriver à comprendre l’insoutenable.

Les livres sont aussi là pour ça … Ou alors, ai-je mal compris ce mal-épris ?

Et si c’était ça, aussi, la littérature ? Frapper le lecteur, ne pas le ménager, l’engluer et démontrer ainsi son propos de manière éclatante ! Un roman finalement profondément triste, que le regard que porte cet homme sur les femmes rend épuisant.

Et personne n’en sort indemne. Surtout pas le lecteur.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

« Ça lui ronge les tripes et le cerveau, plus fort que sa volonté – une hargne qui l’habite, une violence qui déferle tel un vent d’orage, puissante et incontrôlable. Il voudrait lâcher mais ne pense qu’à frapper. »

Paul est amer. Son travail est ennuyeux, il vit seul et envie la beauté des autres. Nourrie de ses blessures, sa rancune gonfle, se mue en rage. Contre le sort, contre l’amour, contre les femmes.
Par dépit, il jette son dévolu sur l’une de ses collègues. Angélique est vulnérable. Elle élève seule son petit garçon, tire le diable par la queue et traîne le souvenir d’une adolescence douloureuse.
Paul s’engouffre bientôt dans ses failles. Jusqu’au jour où tout bascule. Il explose.
Une radiographie percutante de la violence, à travers l’histoire d’un homme pris dans sa spirale et d’une femme qui tente d’y échapper.

Le Dernier Enfant – Philippe Besson

C’est l’histoire d’une mère. Une histoire, banale à pleurer, belle à chialer. C’est l’histoire d’un enfant, d’un grand garçon, qui quitte le nid.

Ce matin, Théo part, oui, il déménage, il s’en va vivre ailleurs.

La dernière fois que j’ai lu Besson, c’était le temps d’un dîner. Ici, tout se déroule sur une journée. Le temps d’un déménagement, d’un emménagement, le temps de tout bouleverser pour cette mère qui laisse partir le petit dernier, le temps de voir sa terre trembler de l’intérieur.

J’ai été ému par cette mère, simple et follement réelle, Anne-Marie.

Anne-Marie. C’est le prénom de cette madame tout le monde à qui Besson donne de la voix comme personne. Anne-Marie, c’est un prénom d’anti-héroïne. Ou alors de celles qu’on croise dans la vraie vie. Ni Scarlett, ni Juliette ou Bérénice, juste Anne-Marie.

« Elle dit : « C’est passé vite quand on y pense. »

Elle parle de la vie. Elle parle de sa vie. »

Une fois de plus, Philippe Besson, horloger de l’intime, dissèque les rouages de ce qui se cache à l’intérieur des êtres. Ces émotions subtiles, universelles, qu’il dépiaute avec bonheur, qu’il épluche avec minutie. Cette mélancolie, cet au revoir, dont les accents de vérité ne peuvent qu’émouvoir le lecteur.

Portrait de femme, de maman, face à elle-même, entre pudeurs et cris rentrés.

J’ai aimé ce roman. Car Besson est là où je ne l’attendais pas, dans la tête de cette femme qui se retrouve fort dépourvue à l’heure des au revoir. Cette journée prend au cœur, fascinante dans sa banalité, dans son universalité, dans ce basculement vers une forme de néant.

C’est un roman qui ne fait pas de bruit, qui ne sort de son chapeau qu’une infime vérité et une douce mélancolie de vivre, sans folie, mais oh combien réelle, palpable.

Autopsie d’un cœur gros comme l’amour d’une maman. Un roman, encore une fois, beau comme l’élégance des sentiments.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

 » Elle le détaille tandis qu’il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d’une beauté qui continue de l’époustoufler, de la gonfler d’orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu’elle s’était juré de se l’interdire, qu’elle s’était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu’elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c’est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c’est le dernier matin. « 


Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d’une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l’horizon inconnu qui s’ouvre devant elle.

Over the rainbow – Constance Joly

Date de Parution : 06 Janvier 2021

Quelque part, au pied du fameux arc-en-ciel … Celui qui lie les vivants aux absents. Cet arc-en-ciel au bout duquel une fille guette son père. Cet arc-en-ciel, symbole des amours différentes…

Le titre me parlait déjà, j’ai plongé tête la première dans le nouveau roman de Constance Joly et mon cœur en a vu de toutes les couleurs, de toutes les douleurs.

Ce livre est un frisson. Ininterrompu. De la première à la dernière phrase. Un cri chuchoté. Intime et universel à la fois. Bouleversant d’émotion. Ce livre est une lettre, celle d’une enfant à son père :

« J’écris pour ne pas tourner la page. J’écris pour inverser le cours du temps. J’écris pour ne pas te perdre pour toujours. J’écris pour rester ton enfant. »

Gorge serrée, ventre noué, j’ai refermé ce livre que je vous conseille fort, très fort.

Quelque chose se passe à l’intérieur. Lorsque ton corps vibre, tremble, vacille au détour de chaque phrase. Un livre qui semble naître des tripes, celles qui n’expliquent rien mais ressentent, sans détour, la force des choses, la beauté des êtres.

Ce livre est une folie. Douce, amère, amoureuse. Ce livre est une absence, un grand amour, une larme qui coule sans bruit. Ce livre raconte la pudeur, celle qui s’effleure du bout du doigt entre un père et sa fille. Une fille à papa, une fille de pédé, puis fille sans papa.

Constance Joly, dans un élan poétique, raconte ce père qui préférait les garçons. Et qui un jour a décidé d’être lui-même. Elle raconte ce SIDA, et l’horreur de notre société face à cet ouragan de mort.

Un livre viscéral. C’est mon ventre qui écrit ces quelques phrases car je me suis fait renverser par la beauté de ce roman. Je me suis laissé bouleversé par sa beauté, sa vérité, son courage, aussi.

C’est un livre qui envoie les ombres valser en pleine lumière. Qui raconte un garçon pas comme les autres, pris dans le mensonge, qui se rend à lui-même. Qui raconte une enfant, puis une femme, pleine de cet amour là. Pour ce papa, parti trop tôt, d’aimer trop fort, trop vite.

Un livre autobiographique à lire absolument en cette année qui débute, comme cet arc-en-ciel qui vient illuminer nos vies, juste après cette putain de pluie …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Celle qui raconte cette histoire, c’est sa fille, Constance. Le père, c’est Jacques, jeune professeur d’italien passionné, qui aime l’opéra, la littérature et les antiquaires. Ce qu’il trouve en fuyant Nice en 1968 pour se mêler à l’effervescence parisienne, c’est la force d’être enfin lui-même, de se laisser aller à son désir pour les hommes. Il est parmi les premiers à mourir du sida au début des années 1990, elle est l’une des premières enfants à vivre en partie avec un couple d’hommes.

Over the Rainbow est le roman d’un amour lointain mais toujours fiévreux, l’amour d’une fille grandie qui saisit de quel bois elle est faite : du bois de la liberté, celui d’être soi contre vents et marées.

LE SYNDROME DU SPAGHETTI – Marie Vareille

Moi, tu sais, les spaghettis … Je préfère les nouilles, c’est plus mon truc. Les spaghettis, je n’arrive pas à garder ma dignité lorsque j’en mange, une vraie angoisse !

Et le basket, bof… Non, vraiment, ce n’est pas pour moi ce roman, je pense.

Puis, j’ai jeté un coup d’œil. Comme on entrouvre la porte.


Et je m’y suis engouffré ! Pris d’amour pour Léa, cette lycéenne, folle de basket et amoureuse de son meilleur ami. Je me suis pris de passion pour un livre sur le basket, oui madame, et j’ai même presque compris les règles, dis donc.

Mais trêve de dribleries car Marie Vareille touche juste dans ce roman jeunesse que je conseille à tous. Et non, il n’est pas uniquement question de baskets, je préfère te le dire tout de suite !

Tu souris, tu t’inquiètes, tu larmouilles. Tu ris, tu tournes les pages et tu t’épattes.

C’est un roman sensible, dur parfois, mais juste.

Juste, oui, j’y tiens, car les clichés, ce n’est pas mon dada et Marie Vareille offre un roman calibré, sans ficelles apparentes, comme ça peut être parfois le cas. Il possède cette forme de sincérité qui fait que, quel que soit le registre, le roman peut fonctionner sur moi. Car il n’est pas fabriqué, ni prémâché et j’y ai trouvé ce que je n’étais pas allé chercher.

Du sujet, je ne peux guère vous en parler car il ne faut pas déflorer le plaisir. Juste dire que ce n’est pas un roman léger, ce n’est pas une bluette adolescente, mais bel et bien, un cri du cœur. Et c’est en lisant les remerciements que j’ai encore mieux compris pourquoi j’avais ressenti une telle vérité …

Entre petites phrases pétillantes et coups de massue, un roman qui rebondit d’un coin à l’autre de ta tête. Un roman qui se dévore, donc, et qui n’a pas besoin d’être forcément étiqueté. Oui, c’est un roman jeunesse, mais non, il n’est pas que pour les ados. Marie Vareille a l’émotion juste et les mots qu’il faut pour la faire naître.

C’est fou la faculté qu’ont parfois les livres de te parler de choses qui, à la base, ne paraissaient pas être pour toi. J’étais en panne de lire, et me voilà reparti de plus belle, rendossant mon maillot de lecteur tout terrain !

Tiens, et si je me mettais au basket ?

LE RESUME DE L’EDITEUR :

QUAND LA VIE PREND UN VIRAGE AUSSI TERRIBLE QU´INATTENDU, COMMENT SE RÉINVENTER ET GARDER ESPOIR DANS L´AVENIR ?

Léa a 16 ans, un talent immense et un rêve à réaliser. Entraînée par son père, qui est à la fois son modèle, son meilleur ami et son confident, elle avance avec confiance vers cet avenir tout tracé.


À 17 ans, Anthony, obligé de faire face à l’absence de son père et aux gardes à vue de son frère, ne rêve plus depuis longtemps.

Ils se sont croisés une fois par hasard ; ils n’auraient jamais dû se revoir.
Pourtant, lorsque la vie de Léa s’écroule, Anthony est le seul à pouvoir l’aider à se relever.
Leurs destinées s’en trouvent à jamais bouleversées.

LES CLASSIQUES ILLUSTRÉS, collection dirigée par Benjamin Lacombe

Ce week-end, je suis plongé dans une collection de livres juste sublimes.

Je suis tour à tour Bambi, Dorothy, Jim Hawkins ou Nils Holgersson.

Benjamin Lacombe, et son talent d’enchanteur, dirige cette collection et s’entoure de dessinateurs, d’auteurs de talent qui n’ont rien oublié de leurs rêves d’enfant et c’est qui me comble dans ces petits bijoux.

Parfois réecrits, parfois condensés, ces œuvres intemporelles prennent ici toute leur envol tant l’écrin qui les contient est merveilleux. Le choix des traductions est judicieux, moderne et offre aux petits et grands un regard sur des personnages que l’on connaît bien.

Je n’avais jamais lu Bambi et j’ai été touché par ce texte profondément émouvant, par ces dessins, comme un appel de la forêt. Le chemin vers le magicien d’Oz m’a ému avec ses personnages cabossés et si humains. L’île au trésor ne m’a jamais parue plus proche avec ses héros/animaux et Nils Holgersson me manque déjà.

Chaque tome est différent, offre une ambiance, un regard, une volonté de faire découvrir une œuvre et d’entrouvrir un pan du rideau derrière lequel se cachent des univers fantastiques.

Je suis littéralement sous le charme, comme envouté.
Au total, sept tomes sont sortis à ce jour et les trois manquants à ma bibliothèque, Poucette, Pinocchio et Peau d’Âne seront au pied du sapin, enfin, j’espère !

Vous connaissiez cette collection ? Vous aimez le travail de Benjamin Lacombe ?

Moi, vous l’aurez compris, je suis définitivement conquis …

Cujo – Stephen King

LE BILLET DE JUJU :

J’ai toujours préféré les chiens aux chats mais s’il y a un livre qui aurait pu me faire changer d’avis, c’est bien celui-là !

Si ton conjoint, tes ados ou ta belle-mère te saoulent pour que tu adoptes un chien, offre leur d’abord ce roman, ils devraient te ficher la paix pour quelques temps …

Brave bête, hein, pourtant, le Cujo, jusqu’au jour où il se fait mordre le museau par une chauve-souris … On ne se méfie jamais de ces sales bestioles … Cujo, le gros saint-bernard un peu pataud, va se retrouver la rage au ventre et ce n’est pas qu’une image !

Cujo est un monument du genre. Epouvantable et terrifiant car ancré dans le réel, cette marque de fabrique du King qui fait que l’on tremble vraiment pour ses héros !

Stephen King, ici, fait ce que j’apprécie particulièrement dans la plupart de ses grands romans. Il croise les portraits de différents habitants de l’illustre Castle Rock, on les rencontre, on les suit dans leur ordinaire, dans leur quotidien jusqu’à ce que tout bascule et qu’on ne puisse plus refermer le livre jusqu’à cette fin qui nous laisse complètement haletant et bouleversé.

On s’attache à certains, on en déteste d’autres et peu à peu la tension monte, en même temps que le gentil chienchien à son pépère commence peu à peu à péter les plombs. La force de ce roman étant dans cette façon qu’on a également de s’attacher à ce pauvre toutou …

Cujo est un roman culte dans la bibliographie de Stephen King et on comprend bien pourquoi à sa lecture. Une belle porte d’entrée à son univers, tiens, si tu connais pas ou peu ! Tu risques d’en redemander !

Je peux te dire que, depuis, je surveille Kenzo, mon Shitzu d’amour, faudrait pas qu’il croise une chauve-souris lors d’une de ses balades quotidiennes dans Paris !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Cujo est un saint-bernard de cent kilos, le meilleur ami de Brett Camber, qui a dix ans. Un jour, Cujo chasse un lapin qui se réfugie dans une sorte de petite grotte souterraine habitée par des chauves-souris.


Ce qui va arriver à Cujo et à ceux qui auront le malheur de l’approcher constitue le sujet du roman le plus terrifiant que Stephen King ait jamais écrit. Brett et ses parents, leur voisin Vic Trenton et sa femme Donna, un couple en crise, Tad, leur petit garçon, en proie depuis des semaines à des terreurs nocturnes : tous vont être précipités dans un véritable typhon d’épouvante, un cauchemar nommé Cujo…

Publié il y a vingt-cinq ans, Cujo reste une des œuvres majeures de Stephen King, et un classique de l’épouvante.

Mes conseils pour Noël 2020 !

Parceque plus que jamais les livres doivent se retrouver au pied du sapin et offrir du baume à tous nos petits cœurs fatigués par cette drôle de période, je te propose ma sélection de livres parus en 2020 et à offrir à Tatie Ginette et Cousin Machin ! Ces livres qui pour des raisons différentes ont su me toucher plus que de raison cette année :

LES MAGNOLIAS de Florent Oiseau : « Florent Oiseau possède ce talent de la nonchalance non étudiée, une façon d’écrire qui n’appartient qu’à lui. Il n’imite personne et trace sa plume. »

AVANT LA LONGUE FLAMME ROUGE de Guillaume Sire : « Guillaume Sire, écrivain cerf-volant, tient au bout de ses doigts des mots bouleversants, et les fait tournoyer, au gré du vent, légère brise puis tempête dévastatrice. »

LA SOMME DE NOS VIES de Sophie Astrabie :  » Ce roman, c’est la somme de tout ce que j’aime lire. Une histoire, des personnages, de la vie, de la tendresse, de la simplicité et énormément de talent. »

LES DEMOISELLES d’Anne-Gaëlle Huon : « Un roman résolument féminin, sans leçon de féminisme, qui fait de ces demoiselles de grandes dames de cœur ! »

MAMIE LUGER de Benoît Philippon : « Un roman comme on en fait (trop) peu ! Qu’on ne voudrait jamais terminer. Allez, viens prendre un sacré coup de vieux, tu vas en redemander, c’est promis ! »

MON PERE, MA MERE, MES TREMBLEMENTS DE TERRE de Julien Dufresne-Lamy :  » Un roman d’utilité publique, sincère, honnête et un peu dingue. »

LES SEPT SŒURS de Lucinda Riley : « Lucinda Riley, elle sait raconter son histoire, elle t’embarque, comme une bonne série d’été ! Tu poses le cerveau et tu pars en voyage ! »

ROSA DOLOROSA de Caroline Dorka-Fenech : « Un premier roman maîtrisé, implacable et marquant. Une écriture presque empoisonnée, imagée, ondoyante. »

MADEMOISELLE PAPILLON d’Alia Cardyn : « Une histoire, à hauteur de vérité, qui ébranle souvent, touche à chaque page et ne peut laisser personne indifférent. »

FERME LES YEUX ET FAIS UN VŒU de Cécile Bergerac : « Parfois, un livre vous enveloppe, vous touche, de façon inexpliquée et il ne faut pas chercher d’où vient la magie. »

QUARTIER LIBRE de Vincent Lahouze : « C’est un roman qui se lit d’une traite, comme on se retrouve prisonnier d’une histoire qu’on ne peut pas lâcher. »

Mon tout petit (Lettre à l’enfant que je n’ai pas eu) – Delphine Apiou

Date de Parution : 14 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

C’est une lettre.

Une lettre que Delphine Apiou adresse à l’enfant qu’elle n’a jamais eu. Elle lui parle avec tendresse, avec amour, et avec une belle dose de vérité, celle qu’on ne doit qu’à soi-même.

Elle lui raconte sa vie de femme, accomplie et bancale, une femme parmi tant d’autres qui aurait pu être la mère de ce tout petit. Mais ici, point de pathos, c’est une femme de son temps qui se raconte, entre humour et réalité, à cet enfant qui n’est jamais venu.

Ce tout petit, éternel absent, illumine ces quelques pages de sa lumière, de sa douloureuse non-présence, comme on imagine quelqu’un d’indispensable, follement absent.

J’ai été touché, pour de multiples raisons, par ce court récit, de par ces sentiments étranges, intimes dont on parle peu, de ceux qui ont fait partie du camp des non parents, celles dont forcément il manquera toujours quelque chose aux yeux de la société.

Un livre sur cet enfant jamais apparu, pourtant peut-être attendu, et sur le regard, parfois blessant, sous couvert de bienveillance, de normalité de ceux qui ne rendent plus compte parfois du cadeau que leur a fait la vie.
Touchant, parfois un peu bouleversant évidemment, il faut bien l’avouer, mais la plupart du temps d’une justesse éblouissante, ce livre rejoint ces livres amis dont on se souvient avec gratitude. Pour nous avoir un peu parlé de soi.

Ce tout petit livre, pour rappeler de vivre avec l’absence, celle née de choix, sans savoir à l’avance s’il s’agissait des bons. Un livre au sujet casse-gueule mais qui se lit comme une élégance, celle des non-dits, celle d’un amour privé de l’objet de son affection, et qui pourtant bat quelque part dans la poitrine. Avec cet humour, qui peut-être sauve de tout …

Un livre pour être moins seul, un peu moins orphelin à l’envers, ou pour savourer cette chance d’être parent. Et se souvenir, à chaque seconde, que chaque femme, chaque homme, trace sa route, quoi qu’il lui en coûte.
Avec ou sans tout petit.

Mais avec une trace en soi de ce qu’il aurait pu être …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

« C’est la lettre d’une mère à son enfant qui n’existe pas. Une lettre d’une femme qui se demande quelle mère elle aurait été. Une lettre de questionnement, une lettre d’explication, une lettre de justification, une lettre de séparation, une lettre d’amour. C’est aussi la lettre à elle-même d’une femme qui n’est que femme et qui finit par comprendre que c’est déjà ça. »

Delphine Apiou n’est pas mère et en a souffert. Un regret qu’elle a apprivoisé, avec lequel elle a appris à vivre et surtout qui ne l’empêche pas d’être une femme accomplie… La lettre qu’elle écrit à l’enfant qu’elle n’a pas eu est bouleversante, drôle, pleine de vie, tellement humaine. Universelle.