Escapade enchantée

Gare Montparnasse. Samedi matin.

Sans tambour mais avec Trompette (pardon Laura pour le jeu de mots pourri de chez pourri mais tu n’es plus à ça près), le TGV s’ébranle vers le Sud. Caroline, notre « nounou » d’enfer Charleston,  est rassurée, nous sommes arrivés à ne pas rater le train !

Destination la Maison de la Presse de Mérignac, à côté de Bordeaux. Je découvre que l’écriture est une somme de rencontres, une addition de sourires et de moment volés que l’on grave précieusement là où ça bat très fort.

Être accueilli par Marc et Philippe, comme on rend visite à un membre de sa famille et être enveloppé de cette bienveillance incroyable. Reconnaissance immense.

Me voir offrir ce T-Shirt de la team chocolatine et mettre des visages sur des échanges sur les réseaux sociaux. Laetitia, Thibault, Annaelle et d’autres dont j’ai oublié les prénoms (c’est vraiment un problème chez moi) mais dont je n’oublierai pas de sitôt les visages, les sourires et les émotions partagées …

M’apercevoir que, définitivement, je ne sais pas pitcher mon roman à une inconnue de passage. « C’est l’histoire de trois personnages qui , heu, heu , se rencontrent et grandissent ». Autant vous dire qu’elle n’est pas repartie avec mon roman sous le bras, bizarrement …

Revoir ma Kaka, ma Karine, et ces fiches sublimes qu’elle dépose comme une fée un peu dingue sur les livres qu’elle défend si bien de ses jolis poings.

Rire comme des gamins épuisés et fatiguer tout un wagon avec ma comparse d’un jour, Laura Trompette, et écouter Lara Fabian entre deux confidences.

Ecrire, décidément, c’est rencontrer et je le découvre encore un peu plus chaque jour.

Merci de tout mon cœur à vous qui mettez plus que des paillettes dans ma vie et des larmiches dans mes yeux.

Le Plongeon – Séverine Vidal

Plonger.

Se jeter à l’eau et boire la tasse.

Plonger comme on chute. Comme on descend irrémédiablement vers les abimes de l’âge. Lorsque le corps n’a plus rien à voir avec ce qu’on a sur le cœur.

Décidément, en ce moment, je me délecte de belles bulles dessinées autour des vieilles personnes et me voilà en train d’essayer de vous parler de ce coup de cœur.

Je me suis fait embarquer dès les premières pages.

Yvonne abandonne sa maison, là où elle a passé une belle partie de sa vie pour partir vivre dans un EHPAD.

Yvonne va devoir s’habituer à cette autre vie, à cette fin de vie, à cette façon de ne plus voir la vie. Cette visite qu’on attend et qui tarde à venir. Ces autres vieux, un peu délabrés et qui, pourtant, laissent entrevoir un peu de ce qu’ils furent et qui refusent d’abandonner la lutte. Cette peau, ce corps qui ne demande encore qu’à vibrer, sous les rides et l’épiderme fané d’avoir vécu.

Yvonne ne peut se résoudre au désenchantement. A la fatalité.
Alors, elle plonge dans une dernière folle cavalcade qui laissera le lecteur ému aux larmes avec cette envie d’y revenir. De retrouver cette vérité douce-amère, si finement décrite.

Certaines pages sont bouleversantes. Je pense à cette page où Yvonne égrène les décennies, de ses vingt ans à ses quatre-vingt ans, passées auprès d’Henri, son mari. Une liste de vie. Quelques lignes qui racontent tout avec tant de justesse …

Le plongeon. Doux, triste et parfois tellement amusant. Juste aussi, dans sa façon de capter les instants d’un quotidien auquel personne ne peut s’habituer.

Le plongeon. Et moi, presque en apnée devant tant de vérités.
Lisez-le.

RESUME DE L’DITEUR :

“Un EHPAD, des fesses, de l’amour et des rides !”

En fermant une dernière fois les volets de sa maison, Yvonne, 80 ans, abandonne 40 ans de vie pour intégrer un EHPAD.

Le changement est rude pour cette femme indépendante, d’autant qu’elle a encore toute sa tête. Elle a du mal à s’acclimater à cette nouvelle vie, qui la rapproche douloureusement de la mort.

Prise dans le tourbillon inéluctable de la vie, l’octogénaire décide de s’offrir une dernière parenthèse enchantée.

Les Possibles – Virginie Grimaldi

A l’impossible, nul n’est tenu, surtout pas Virginie Grimaldi…

Elle revient nous parler d’amour. De tendresse et d’infimes vérités qui font de ce roman, une fois encore, une perle d’humanité, entre un sourire et une larme d’émotion.

Jean. Juliane. Tel père, telle fille ? L’adage, ici, ne colle pas à la vérité en fait. Il est fantasque, un peu rebelle et véritablement barré. Elle aime l’ordre, l’organisation, et que tout soit à sa place.

La maison de Jean brûle et malgré les craintes de sa fille chérie, il va venir s’installer chez elle, dans son foyer si bien organisé.

Peu à peu, Juliane va s’apercevoir que tout ne tourne pas rond chez ce père, ce doux dingue plein de poésie …

Une nouvelle fois, j’ai trinqué avec Grimaldoche.

Et je lève mon verre, haut et fort. Le verre à moitié plein, toujours. Celui que nous tend en riant, pour mieux cacher le trouble, une auteure majuscule du paysage français. Un verre à demi-plein, pour choisir de voir la somme des possibilités là où d’autres verraient la multiplication de ces regrets devant lesquels on s’incline.

Si c’est la faute à la vie, au malheur, alors il faut en prendre son parti et s’émerveiller encore de tout ce qui peut. De tout ce qui peut encore être. Ces possibles qui promettent tant de belles choses.

Un livre, comme souvent, qui mordille le cœur, titille nos émotions les plus simples mais les plus sincères. Comme un pansement sur nos genoux écorchés d’enfants grandis trop vite. La magie Grimaldi, c’est bien de ça qu’il s’agit. Faire naître du quotidien des romans à la fois poétiques, hilarants et inoubliables.

Si on me demande, encore aujourd’hui, quel est le roman de Virginie Grimaldi que je préfère, je ne saurai répondre, tant à chaque fois, le rendez-vous est fort. Marquant et inoubliable.

Avec Virginie Grimaldi, tout est possible.

Surtout le merveilleux.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences.

Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du hard rock à fond, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin.

Juliane veut croire que l’originalité de son père s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille.

Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves.

Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

Avec un humour jubilatoire et une infinie tendresse, Virginie Grimaldi nous conte une magnifique histoire de transmission et de résilience.

Je Revenais des Autres – Mélissa Da Costa

Juste le titre. J’étais déjà comme envouté.

Je me le répétais, comme une chanson qui ne veut pas sortir de la tête, à chaque fois que je posais les yeux sur ce roman, là, sur ma table de chevet et qui m’a accompagné durant plusieurs soirées.

Un titre. Un peu comme une belle promesse. Comme un tour de magie.

Je revenais des autres.

Revenir à soi, à travers les autres. Revenir de loin mais revenir quand même. Partir à sa rencontre et ne pas en revenir, tant le voyage est fort !

Je me suis retrouvé follement captif dès les premières lignes. Il faut l’avouer, ça commence fort, très fort.

Ambre, vingt ans, la vie devant elle, et une forme de désespoir chevillé au corps. Celui qui te fait perdre l’envie de vivre. Ambre, vingt ans, trop maquillée, trop alcoolisée, trop triste de ne pas être aimée. Lasse de n’être que la maîtresse, la mal entretenue…Ambre, vingt ans et de la poussière accumulée dans les recoins sombres de son existence jusqu’à cette détresse qui vient percuter le lecteur dès les premières pages.

Reste l’exil. Dans cet hôtel, pour une saison. Le temps de retrouver un peu de courage. Le temps de se réchauffer à la lueur de ces autres …

Ce roman est doux et dur à la fois. C’est l’histoire d’un combat, de rencontres, de guerres lasses et de batailles gagnées par KO. Mélissa Da Costa fait partie de ces auteurs qui me touchent, me captivent et me renversent un peu.

JE REVENAIS DES AUTRES. Et, moi, lecteur, je n’en suis pas encore revenu. J’ai passé une saison au creux d’une humanité qui fait un bien fou, qui répare de vivre et j’en redemanderai presque. J’ai passé une saison au creux des autres, comme on se rappelle combien certaines rencontrent peuvent nous guérir, nous emmitoufler et nous permettre de revenir.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Philippe a quarante ans, est directeur commercial, marié et père de deux enfants. Ambre a vingt ans, n’est rien et n’a personne. Sauf lui.


Quand submergée par le vide de sa vie, elle essaie de mourir, Philippe l’envoie loin, dans un village de montagne, pour qu’elle se reconstruise, qu’elle apprenne à vivre sans lui. Pour sauver sa famille aussi.


Je revenais des autres est l’histoire d’un nouveau départ. Le feuilleton d’un hôtel où vit une bande de saisonniers tous un peu abîmés par la vie. Le récit de leurs amitiés, doutes, colères, rancoeurs, amours aussi.


Le roman des autres, ceux qu’on laisse entrer dans sa vie, ceux qui nous détruisent mais surtout ceux qui nous guérissent.

La Claque – Nicolas Robin

Une claque.
Une baffe.
Une mandale.

Tellement de mots pour l’inconcevable.

Jean-Mi est un mec comme les autres. Un papa-poule, un mari aimant et un rugbyman du dimanche. Un costaud, un gentil, un chouette type.

Ça commence comme ça, bêtement, dans un moment d’énervement pour un pull en cachemire rétréci au lavage. Ça devrait s’arrêter là. Mais non.

Rien dans son existence ne l’avait préparé à cette baffe. Celle que lui collera sa femme, son épouse, sa bien-aimée, sa dulcinée.

Passer notre amour à la machine comme disait Souchon.
Il y a de ça chez Robin. Cette façon de raconter le monde dans lequel nous vivons avec poésie, avec ce ton parfois un peu emprunté d’un vieux chanteur dégingandé qu’on aime écouter en boucle, pour la beauté du geste.

Ce roman est l’histoire d’un homme. De la première claque et de celles qui suivront.

C’est l’histoire d’un mec, comme les autres qui va tenter de comprendre et de sauver la famille qu’il s’est construit.

Nicolas Robin s’attaquait à un sujet casse-gueule, il s’en sort avec les honneurs. Ce roman est un véritable coup de cœur tant je l’ai trouvé juste. Sans facilité, avec amour pour son héros de papier, Nicolas Robin raconte une histoire grave avec toute la douce ironie qui le caractérise si bien.

Comme toujours, avec cet auteur que j’affectionne particulièrement, j’ai retrouvé une galerie de personnages tendres, à la limite de la poésie. Cette bonne sœur qui prêche la belle parole sur le parvis de la Défense me restera en mémoire.

Bref, venez prendre votre clacounette, vous n’allez pas le regretter.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Jean-Michel est très heureux, en apparence : il a une femme brillante, un enfant éveillé, une belle carrière dans l’immobilier. Pourtant, ce bonheur est illusoire.


Les bleus sur sa joue pourraient être imputables à un mauvais coup au rugby. S’il n’ose pas en parler, c’est parce que la vérité est dérangeante. Un homme battu, c’est le déshonneur, mais battu par sa femme, c’est l’extrême soumission, la castration au ciseau à bois.


Jean-Mi endure les gifles et reste avec sa femme, jusqu’au jour où une rencontre improbable lui ouvre les yeux sur sa vie de couple.


« La violence est apparue incolore, insidieuse, avant d’éclabousser nos murs. D’abord une remarque désobligeante, ensuite des reproches, puis des gifles distribuées entre mes manquements et mes oublis. Je croyais que ce serait passager, que tu allais redevenir comme avant. Et plus tard, un coup de pied, un cendrier lancé à la figure. Tu me cognes pour canaliser la tempête qui prend toute la place dans ta tête.
Parce que c’était plus qu’une claque, Marylène, c’était l’hôpital et des points de suture. Une gueule de mec brisé. »


Nicolas Robin, 44 ans, est l’auteur de plusieurs romans, dont trois, très remarqués, parus aux éditions Anne Carrière : Roland est mort (2016), Je ne sais pas dire je t’aime (2017) et Une folie passagère (2019). Dans La Claque, il aborde le sujet encore méconnu et pourtant bien réel des hommes battus.

Ce que les étoiles doivent à la nuit – Anne-Gaëlle Huon

Il y a des êtres, sur cette drôle de planète, qui transpercent la grisaille et viennent éclairer le quotidien. Comme dotés de super pouvoirs …

Anne-Gaëlle Huon est de ceux-là.

Pour moi, ses romans sont, à chaque fois, de véritables pochettes surprises. Ça te pète immédiatement à la tronche dès les premières pages. Ça t’emporte, sans crier gare, vers des contrées ensoleillées où le cœur a toujours raison !

Cette fois, c’est une cocote minute qui explose en un véritable bouquet de saveurs, avec tant de bonheur, que je me suis retrouvé le ventre tout gargouillant (je ne suis pas sûr de l’image là, en fait mais c’est un compliment) !

Nous retrouvons l’univers du précédent roman d’Anne-Gaëlle, Les Demoiselles, pour notre plus grand plaisir à travers l’histoire de Liz, de nos jours et celle de Balthazar qui débute en 1951.

Les époques se mêlent et nous emmêlent pour mieux nous faire rencontrer ces jolis destins, ce choc des cultures, dans un grand fracas de casseroles qui s’entrechoquent.

Les froufrous se mêlent aux marmites, le rire aux larmes, comme un joli feu d’artifices. Personnages colorés et inoubliables, rythme et émotions ponctuent un voyage inoubliable dans ce Pays basque aux mille couleurs !

Ce roman, c’est la saveur de l’humanité, le gout des autres. Une tambouille comme je les aime, sans temps mort, entre rire et émotion. Mention spéciale, pour moi au personnage de M. Etchegoyen …

Peu à peu, de livres en livres, Anne-Gaëlle Huon construit un univers, qui fonce sans faire de détours inutiles vers le cœur et offre des sourires, comme ces étoiles dans la nuit. Celles qui font du Bien.

Celles qu’on contemple longuement, comme pour les remercier d’être là et d’éclairer un peu nos petites vies terriennes.

LE RESUME DE L’EDITEUR

Il n’y a pas de hasard, dit-on, seulement des rendez-vous. C’est ce que va découvrir Liz, cheffe prodige et étoilée, en partant au Pays basque sur les traces de sa mère. Dans un petit village perdu, elle rencontre M. Etchegoyen, dandy insaisissable et plein de panache, qui lui confie les clés de son restaurant et un défi à relever : faire de sa gargote une adresse gastronomique. Mais Peyo, le chef, ne voit pas arriver cette étrangère d’un bon oeil. L’un et l’autre vont devoir s’apprivoiser et affronter ensemble les fantômes de leur passé.

Dans ce roman enchanteur et savoureux, Anne-Gaëlle Huon nous entraîne dans un tourbillon d’émotions. Une histoire universelle qui nous parle d’espoir, d’amour, et nous redonne le goût de la vie.

La chair de sa chair – Claire Favan

Faites des gosses qu’ils disaient …

Claire Favan est de retour. Il faut que je vous dise tout de suite que j’ai lu l’intégralité de ses romans, lectures teintées de coups de cœur mais aussi, à l’occasion, de petits coups de mou. Aimant beaucoup sa plume, je plonge à chaque parution afin de savoir si le dernier cru sera inoubliable ou pas.

Claire Favan, dans beaucoup de ses ouvrages, s’intéresse de près à la relation mère/fils et elle nous en offre ici une nouvelle variation.

Le lecteur suit Moira O’Donnel, maman courage de trois enfants, dont la dernière née est gravement malade. Pour s’en sortir, nullement question de compter sur les hommes, tant tout au long de sa vie, ils ne se seront pas à la hauteur.

De déconvenues en petits boulot, elle essaye de garder la tête hors de l’eau  même si l’existence ne lui fait aucun cadeau.

Heureusement, il lui reste ses enfants, la chair de sa chair, le fruit de ses entrailles, prêts à tout pardonner à cette mère qui les aime plus que tout.

J’ai aimé le personnage de Moira car elle n’est pas lisse. Elle n’a pas les atours d’une héroïne tragique et n’est pas forcément une mère modèle.

Le hic, lorsque tu aimes un auteur, surtout dans le genre du noir, c’est que tu devines, parfois, (trop) rapidement quel sera le pot aux roses. C’est bel et bien ce qui m’est arrivé ici. Je n’ai pas lu avec déplaisir, car j’aime le rythme Favan, mais je n’ai pu être surpris car j’ai tout de suite capté le nœud de l’histoire.

Verdict, cette histoire ne sera pas sur le podium des livres de l’auteure, pour moi mais je me dis que si on ne connaît pas l’auteure, il peut tout à fait fonctionner chez d’autres ! A vous de vous faire un avis !

Vous connaissez Claire Favan ? Quels sont vos préférés ? Perso, Le Tueur Intime et Serre-Moi Fort restent, à ce jour, mes coups de cœur de cette auteure incontournable du noir français.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Moira O’Donnell c’est, derrière le feu des boucles rousses et l’énergie inépuisable, une femme qui lutte pour garder la tête hors de l’eau.


C’est une vie d’adulte démarrée trop tôt.


Ce sont trois gamins livrés à eux-mêmes et autant de boulots cumulés pour les nourrir.
Ce sont des pères absents : le premier, incarcéré le plus longtemps possible, croit-elle, et le second, suicidé.
C’est une culpabilité sans fin.


Moira O’Donnell, c’est la solitude d’une mère de famille dure au mal qui se bat, tombe et renaît. Pour ses enfants. Et avec eux. À la vie, à la mort.


Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d’autres projets pour elle… Et un problème n’arrivant jamais seul, l’équilibre précaire qu’elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie


Chaque semaine, elle achète un ticket de loterie en rêvant à une vie meilleure. Mais les services sociaux ont d’autres projets pour elle… Et un problème n’arrivant jamais seul, l’équilibre précaire qu’elle pensait avoir créé vire bientôt à la tragédie.

Trois – Valérie Perrin

Il y a des livres qui sonnent comme des rendez-vous.

Juste avant de se lancer, on se prépare, on se languit, on s’apprête et on s’impatiente. On frémit au moment de franchir le seuil, la fameuse première page. On espère aussi secrètement. Vivre la magie, ce petit éblouissement du cœur. On l’espère cette folle étincelle. Lire, puis tomber en amour, au fil des pages.

Ce livre-là.

Et ces trois-là.

Ils s’appellent Adrien, Etienne et Nina. Ils embarquent dans la vie comme on ne peut avoir rien à craindre lorsqu’on se sent accompagné, entouré. Ils sont inséparables, ils sont cette équation à trois inconnus que la vie va s’attacher à ne pas résoudre. Ils sont la somme de leurs différences. Ils sont ces trois qui ne font qu’un dans les couloirs du collège, à l’aube d’une vie.

Mais le temps passe, les mois, les années et cette vie qui toque à la porte, furieusement.

De ces trois-là, il me reste une trace. Comme un baiser échangé. Celui que l’on ne peut oublier tant il fut sincère et délicat. Cette sensation d’avoir lu un peu de nos vies. Un peu de nous dans les pages précieuses de ce roman fleuve pas si tranquille.

Valérie Perrin est au rendez-vous. Avec sa plume et ce regard sur les autres à nul autre pareil. Elle offre au temps qui passe un écrin précieux et déroule, pour son lecteur, la vie et ces mystères. Ces infimes détails qui nous reviennent en mémoire et donnent corps à une histoire ancrée dans nos petites vérités quotidiennes.

Un roman comme un polar sentimental. Entre hier et aujourd’hui. Comme on fredonne une chanson qui nous revient subitement en mémoire sans l’avoir réentendu depuis des années. Comme on s’abandonne à vivre, dans le bruit de nos fureurs.

Il y a des rendez-vous qu’on ne peut rater.

Et ce livre en est un.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

« Je m’appelle Virginie. Aujourd’hui, de Nina, Adrien et Etienne, seul Adrien me parle encore.

Nina me méprise. Quant à Etienne, c’est moi qui ne veux plus de lui. Pourtant, ils me fascinent depuis l’enfance. Je ne me suis jamais attachée qu’à ces trois-là. »

1986. Adrien, Etienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer.

2017. Une voiture est découverte au fond d’un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l’événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d’enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d’amitié ?

Piqûres de rappel – Agathe Portail

Calmez-vous tout de suite.

Je ne viens pas, avec mes gros sabots, polémiquer sur le vaccin du moment ! Non, non, non… J’arrive, telle une abeille malicieuse, vous parler de ma lecture du deuxième roman policier d’Agathe Portail.

Déjà, il faut vous dire que j’avais beaucoup aimé son précédent, L’Année du Gel, et j’ai pris encore plus de plaisir avec ce nouvel opus.

On retrouve donc le major de gendarmerie, Dambérailh, qui débarque en Dordogne et se retrouve vite piqué au vif (je sais, vous vous dites que vous allez en manger des jeux de mots faciles mais je fais ce que je veux en fait) et au cœur d’un nouveau meurtre !

Un truc pas banal, hein, parce que là, un meurtre pas piqué des vers, puisque le dénommé Hugo s’est vu passer l’arme à gauche à cause d’abeilles en furie ! Pas commun, hein ?

Bref, on retrouve ici ce que j’aime chez un auteur de roman policier quel qu’il soit. Une intrigue bien ficelée, des personnages hauts en couleur qu’on aime suivre de livres en livres et une solide documentation pour rendre crédible le tout !

Faut quand même avouer que je suis piqué du personnage de la tante Daphné, qui déjà, dans le précédent ouvrage, m’avait tapé dans l’oeil. Quelle joie de la retrouver ici, égale à elle-même, en enquêtrice de choc et … de choc.

Cosy mystery à l’ancienne, teinté d’un vrai amour du terroir, Agathe Portail crée sa marque de fabrique et impose son style. Ici, rassurez-vous, pas de tripes et de boyaux à outrance mais une galerie de suspects qui vous rappellera encore une fois une autre Agathe de notre connaissance.

Finement écrit, teinté d’un charme à l’ancienne et d’une douce ironie mordante (piquante, c’est ce que je voulais écire, mais je sens que vous avez envie de me frapper) ce roman ancre l’auteure dans le paysage policier français.

Amateurs d’enquêtes à l’heure du thé et de promenades dans les jolis coins de France, vous trouverez aussi une lecture fort agréable, pour peu que vous teniez à l’abri des piqures …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Le major de gendarmerie Dambérailh a été missionné pour remplacer temporairement le chef de la brigade de Montraguil, petite bourgade paisible de Dordogne. Enfin, paisible… On note quelque agitation autour d’une châtaigneraie mise en vente par un monastère voisin et que se disputent un apiculteur et un propriétaire cherchant à étendre un parc photovoltaïque. L’affaire met en émoi l’association des chasseurs qui s’inquiète de voir disparaître un important territoire de chasse.


Pour l’apiculteur, Pascal, et son associé, Hugo, qui ont monté Honey Box, une start-up de vente de miel par abonnement, l’acquisition de la parcelle est vitale pour pérenniser l’affaire et rembourser les dettes accumulées.
Alors que les frères du monastère eux-mêmes montrent des signes de nervosité, une attaque mortelle d’abeilles va plonger Dambérailh dans la perplexité… avant qu’il s’aperçoive qu’il s’est fourré dans un sacré guêpier…

Amour, gluten et sororité – S.A. YARMOND

Amour, gluten et sororité.

Des mots qui font qui font rêver.

(Cette introduction est à lire sur l’air du générique d’une série bien connue, ceux qui ont la réf, levez la main droite, et dites « j’suis vieux »).

Déjà, au titre, j’ai souris. Et déjà, je retrouvais Sarah.

Sarah, c’est une rencontre, belle comme un petit rubis au beau milieu des graviers, sur le chemin de ma petite vie mais bref, le sujet n’est pas là.

J’étais pressé de découvrir ce premier roman, auto-édité avec tout le courage, toute la folie que ça implique. Et je sais déjà que je tiens là un petit collector, puisque c’est une certitude, il tapera dans l’œil d’un éditeur bien avisé, prêt à vendre des palettes de ce premier roman !

Ici, clairement, je suis sorti de ma zone de confort. Une habitude finalement pour ceux qui me suivent car j’aime encore et toujours explorer, découvrir et être épaté. Lire de tout, partout et tout le temps.

Ici, donc, on part dans le registre de la comédie. Mais moderne, hein, la comédie. Dans l’air du temps. Une comédie qui parle de blogueurs, de pâtisserie, d’amour aussi, sinon c’est pas drôle, entre quiproquos et petites phrases d’humour bien senties.

Un regard enlevé sur des nanas de leur temps, sur les relations amoureuses et les défis à surmonter pour réaliser ses projets. Une comédie parfois douce amère où tout n’est pas toujours tout rose malgré les apparences.

Et évidemment, ce qui m’interpelle le plus, ce qui me touche, c’est ce moment où derrière les artifices littéraires, on entrevoit celle qui écrit. A plusieurs reprises, j’ai compris que Sarah parlait d’elle, se racontait, un peu, derrière le rideau de ses mots.

Bref, un roman, pour rire beaucoup, s’émouvoir un peu, et passer un moment dépaysant avec cette bande de filles qui s’amusent à casser les codes.

Bon, le seul point noir, ce roman facétieux m’a rappelé combien j’étais un piètre cordon bleu.

Pourtant, c’est un roman à lire comme on dévore une bonne pâtisserie.

Avec ou sans gluten.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Entre son blog, son futur livre de cuisine, les séances pâtisserie et les sorties – légèrement alcoolisées – avec sa cousine Elie et sa meilleure amie Eva, Yael mène une vie bien remplie. Sa vie amoureuse est au point mort, réduite à quelques nuits passées dans les bras de Robin avec qui elle entretient une relation sans attaches. Cookies, brioches, vinyles, bouquins et mojitos rythment un quotidien ordonné qui laisse peu de place à l’imprévu. Jusqu’au jour où Elie l’embarque dans un double date qui bouleverse tous ses plans…

Le noir et le blanc

Le noir et blanc.

Le noir pour le cœur qui saigne encore un peu quelquefois.

Le blanc pour toute la lumière.

Celle qu’elle a mis dans ma vie et qui inonde encore mon quotidien.

Le noir pour les deuils qui ne se voient pas.

Le blanc pour ces choses volatiles qui ne meurent jamais.

Elle s’appelait, elle s’appelle Janine. Elle était, elle est toujours là.

De la Raymonde de mon livre, elle possède l’amour immense, les casseroles qui fument et le franc parler.

Ce livre, elle l’attendait. Sans jamais me presser, sans jamais s’immiscer. Il a fini par arriver. Sans elle, mais pour elle.

Il va faire son petit bonhomme de chemin, et à travers lui, ma Janine va toquer à vos portes et franchir le seuil, tonitruante et discrète à la fois, à sa drôle de manière.

Ce livre, une folie douce mais très sincère. Un livre comme elle. Comme Janine.

D’elle, je garde une douce folie mais les pieds sur terre. Je me souviens qu’être soi-même mérite de se battre toujours un peu plus fort.

D’elle, je garde des souvenirs d’enfance, comme des centaines de fleurs dans mon jardin intime. Je garde une odeur de cassoulet et tous ces livres sur mes étagères. Je garde notre dernière fois et toutes les premières.

Je redépose ici, entre nous, ces mots. Pour qu’ils soient quelque part.

Ce n’est pas un hommage. Ce n’est pas un au-revoir, encore moins un adieu.

C’est juste une photo en noir et blanc.

Noir, un peu.

Mais blanc, tellement.

« Il faut dire merci, Jeanne. A ceux qui nous soulagent de vivre. A ceux qui nous illuminent. Pour de vrai. »

Alors.

Merci mamie.

La Divine Comédie de Nos Vies – Gavin’s Ruiz

Bon, on connaissait bien déjà la chanson.

Vous savez, le machin là, sur les amours, les amis, les emmerdes…

Mais le truc, c’est que Gavin’s Ruiz dynamite la formule et offre un roman aussi vitaminé que sa couverture psychédélique !

Ils s’appellent Sacha, Jérôme ou David, entre autres.

Ce sont des types comme vous et moi, des mecs plus ou moins bien, qui ont le mérite de ressembler à nos potes.

Je me suis régalé à suivre les tribulations de cette bande de potes. A l’heure où les mecs n’ont pas vraiment la côte, j’ai adoré les fêlures, la sincérité et la folie douce de ces sacrés drôles de gars !

Il ne faut pas trop en dire pour ne rien gâcher du plaisir. C’est un roman sur l’amitié, sur la vie qui passe et qui s’offre même le luxe d’étonner son lecteur sur la fin ! C’est un roman follement cinématographique qui offre la part belle aux hommes, pour une fois et leur redonne une place !

J’ai lu ce livre comme je regarde un bon Lelouch. Des hommes, des femmes, sans mode d’emploi mais avec cette jubilation permanente de tourner la page suivante.

Du même auteur, j’avais beaucoup aimé Le Club Des Feignasses et quel bonheur de retrouver son regard tendre et percutant. Il y a tellement de tendresse dans sa façon d’observer les autres qu’ici, le plaisir est renouvelé. Une comédie juste et enlevée, à la fois grand souffle d’air frais et jolie brise émouvante.

C’est un roman court, qui se lit d’une traite, avec un vrai plaisir gourmand ! En ce moment, ils sont terriblement précieux ces livres qui nous permettent de s’évader pour de bon…

Et puis, les types qui font du sport en collant, ça fait craquer, non ?

Non, en fait, c’est vrai.

Pas vraiment !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

« Une seule chose est sure : j’aurais dû dire stop avant. Avoir le courage de parler. Sans le savoir, ma femme et son amant m’ont fait le plus beau cadeau du monde. »