Les fillettes – Clarisse Gorokhoff

Date de parution : 24 Septembre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Hasard du calendrier, c’est en cette journée de la fille que je viens vous parler de fillettes…

Oh, les fillettes, oh les fillettes, elles la rendent marteau …

La vie, parfois, n’est pas le conte de fées annoncé. Pourtant, ici, tout commence comme la fin des plus belles histoires. Elle rencontre un mec, plutôt Charmant, ils se marient et ont beaucoup d’enfants, trois adorables filles en l’occurrence.

Pourtant, comme dans la chanson de Sheller, maman est folle et papa attend qu’elle aille mieux car il sait qu’un jour, elle reviendra à leur réalité. Il y croit dur comme fer, comme on aime, malgré tout, comme on aime vraiment, de tout son être.

La vie n’est pas un conte de fées. Les fillettes, à hauteur d’enfance, vont voir cette mère surnager, sombrer, revenir, sombrer encore, et pourtant, elles resteront des petites filles, avec leur belle innocence, avec leur troublante évanescence qui vient trouer le néant dans lequel s’engouffre leur maman. Le regard qu’elles portent sur leur vie, qui effleure et caresse, rend ce livre presque magique.

La vie est un conte de fées et les monstres habitent le quotidien sous la forme de potions, de flacons. Cette drogue, ou cet alcool, qui transforme leur mère en cette gisante, qui le matin, ne se lève pas pour s’occuper d’elles…

Ce qui frappe, dans ce roman aux allures autobiographiques, c’est cette façon qu’à Clarisse Gorokhoff de ne pas faire sombrer son récit dans l’insoutenable. Il y a tellement de lumière dans ces fillettes, qui attendent leur mère au bois dormant. Il y a tellement de lumière dans ce père, qui aime, plus que de raison et qui s’élève à la force d’espérer.

Les Fillettes. Un roman triste, lumineux, et sombre à la fois, comme les contes de fées, comme un Disney à l’envers, la vérité en plus.

Les fillettes, ces fillettes, que l’on quitte avec l’envie de les étreindre encore un peu, pour leur dire que demain, peut-être, elles deviendront des filles, des femmes, cabossées certes, mais vivantes malgré l’enfance, grâce à l’enfance…

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Elles sont trois soeurs : Justine, Laurette et Ninon. Elles partagent une enfance fantaisiste qu’elles souhaiteraient sans épée de Damoclès. Leurs parents, Anton et Rebecca, se sont aimés sur un coup de foudre mais Rebecca est une femme fêlée qui collectionne les médicaments et les drogues. Une femme poétique, fantasque, qui pourrait ressembler à une Zelda Fitzgerald contemporaine mais qui est une drôle de mère trop souvent absente dans l’éducation de ses enfants. Face à la menace d’une mère qui risque de basculer, les trois fillettes opposent l’esprit
merveilleux de l’enfance que leur mère n’a jamais totalement quitté. Qu’est ce que le réel quand on est adulte? Qu’est ce que le réel quand on est l’enfant de ces adultes?

Dans ce roman sur des soeurs, des filles, et des femmes, Clarisse Gorokhoff compose un hymne à l’amour bouleversant.