Archie – Alia Cardyn

Archie. Il s’appelle Archie.

Il traîne derrière lui de ces commencements dans la vie qui n’ont rien de conte de fées. Enfant placé en institution, il utilise les mots, pour se sentir mieux, pour se sentir libre. Pour conjurer le sort et tenter de parler à cette mère tellement absente, tellement présente.

Archie est un poète, Archie est un battant. Archie est un enfant qui grandit. Qui s’émancipe de lui-même et de ces autres qu’il a parfois tant de mal à comprendre.

Un beau jour, il s’ébranle et décide de se mettre en marche. Vers sa vie, vers une autre forme de la destinée. Pour se trouver, se retrouver. Pour découvrir ce qu’on appelle l’école démocratique. S’ensuit alors un voyage initiatique, un périple magnifique de ce jeune homme un peu cabossé qui s’en va chercher d’autres modèles, d’autres façons de vivre sa vie.

La plume est belle. Définitivement émouvante. Sensible. Touchante. Parfois bouleversante.

Le personnage de Madeleine, bienveillante et indispensable à l’existence du jeune homme m’a énormément touché. Je vous laisse faire sa connaissance.

De roman  en roman, Alia Cardyn prend de l’élan, obnubilée par ces envols, les battements d’ailes et les sauts dans le vide de toutes sortes. Il y a comme une sorte de grâce qui vient effleurer, avec délicatesse, un lecteur conquis de page en page.

Alia Cardyn offre une nouvelle fois cet élan presque lyrique qui la caractérise tellement. Poétique, émouvant, chaque mot, comme un écrin, embarque le lecteur à la suite de cet adolescent pas comme les autres.

Archie est un roman, à la fois doux et terrible, enchanteur et résolument moderne. Je ne peux que vous conseiller de sauter le pas avec cet ouvrage et découvrir enfin une auteure qui compte, chaque fois un peu plus ,dans mon paysage littéraire.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

L’histoire bouleversante d’un jeune qui marche mille kilomètres en quête d’humanité.


Archie, seize ans, est placé en institution. Sa mère, toxicomane, est incapable de s’occuper de lui. Au lieu de consentir à ce quotidien qui l’enferme, Archie lutte. Un jour, un rêve se dessine. Tout quitter pour rejoindre à pied une école où les enfants sont libres d’apprendre ce qui les intéresse vraiment.


Archie entame ce périple sur le sentier des douaniers. À force de silence, son histoire se superpose au ciel, à la mer, à la falaise qui fond dans les flots. Le film de son enfance se déroule, brut et lourd de secrets. Mais aucune vie n’est perdue d’avance. Archie découvre le journal de Madeleine – l’infirmière qui l’a accueilli le jour de sa naissance –, et en chemin, ce jeune poète va se révéler.


Avec Archie, Alia Cardyn offre un récit lumineux et surprenant sur la construction d’un être et de ses rêves.

Oops I Did It Again …


Et voilà, on m’ y reprend ! La main dans le sac et le stylo palpitant !


Contrat signé et second roman dans les tuyaux.


Je ne suis pas très paperasse mais il y a des gribouillis qui comptent plus que d’autres. Qui prennent des allures de victoire sur soi, sur le doute, sur ces mots que l’on porte à l’intérieur de soi.
L’émotion est intacte. La peur au ventre, les fourmis aussi, l’excitation de revenir vers vous avec ce nouveau roman, avec cette nouvelle histoire. Son titre ?


LE MAGASIN DES JOUETS CASSÉS


Parce que définitivement j’aime les cabossés, les déglingués, ceux qu’on abandonne dans un coin. Parce que parfois, la vie, c’est pas du jeu, c’est pour de vrai…


Il sera là au printemps prochain, le printemps c’est joli pour se parler d’amour. En avril 2022. Aux éditions Charleston, la famille. J’ai hâte. J’ai peur. J’ai le cœur qui bat fort, encore. Grâce à vous.


Parce que vous avez tellement porté son grand frère que je ne peux qu’espérer que vous aimerez ces nouveaux personnages autant que je moi, je les aime.


On s’en reparle très vite, le temps de laisser l’hiver derrière nous et de retrouver ce soleil cher à mon cœur.


A très vite, la famille !

Au soleil redouté – Michel Bussi

Je rentre à peine des îles Marquises et qu’est ce j’ai bien fait d’entreprendre ce voyage !

Tout commence dans ma petite librairie de quartier lorsque je tombe sur l’édition poche avec cette couverture orange et ce tiki de toute beauté qui m’appellent ! Que celui qui n’a jamais acheté un roman juste pour sa couverture me jette la première pierre !

De Monsieur Bussi, j’avais adoré Nymphéas noirs, beaucoup moins Un Avion Sans Elle. Et pour dire vrai, à force de le voir partout, je ne m’étais plus trop intéressé à sa prose.

Pourtant, j’ai embarqué direct pour ce séjour sur les terres de Brel et Gauguin. Comme si j’y étais. Le cadre est splendide et original pour un jeu de massacre plein de cadavres exquis.

Elles sont cinq à avoir remporté un concours d’écriture, cinq femmes. Elles débarquent alors au paradis pour un stage d’écriture avec le faiseur de best-sellers, Pierre-Yves François.

Hommage assumé à Agatha Christie et à ses dix petits nègres, ce roman m’a offert un vrai bon moment, les coups de soleil en moins !

Ah ! La magie de la littérature … et le machiavélisme de Michel Bussi !

Il offre un roman intriguant, piquant et complétement dépaysant où il joue avec nos nerfs jusqu’à la fin que je n’avais pas vu venir, sombre idiot que je suis ! Et pourtant, j’ai cherché ! Qu’est ce que j’aime me faire mener en bateau, surtout dans les îles Marquises !

Je vais m’en lire d’autres romans de Monsieur Bussi mais évidemment, en bon collectionneur qui se respecte, il faut que je me procure les éditions limitées aux couvertures sublimes de Manon Bucciarelli !

Avis aux amateurs, quels sont les incontournables de cet auteur ?

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Elles étaient cinq…


Cinq lectrices fidèles et auteures en herbe qu’un concours expédie, pour une semaine, au paradis du Pacifique, les îles Marquises. Au programme, atelier d’écriture sous la baguette du grand écrivain Pierre-Yves François, et puis… tout le reste, bien sûr : découverte de l’île – ce joyau fauve cher à Gauguin et chanté par Brel –, sable noir, folklore local, tatouages raffinés, disparitions mystérieuses et meurtres en série…

Sous l’œil placide des grands tikis, quelqu’un tue au soleil. Qui sera la prochaine victime ?

Après – Stephen King

Le King nouveau arrive demain en librairie et en bon fan qui se respecte, je me suis plongé dans ce nouvel opus avec un petit frisson d’appréhension…

Pour tout vous dire, le King de ces dernières années ne tape pas toujours juste avec moi et j’avoue avoir abandonné son Institut en cours de route … Comme quoi, on peut être fan mais aussi complétement lucide !

Cette fois, le King nous revient avec un roman plutôt court à la frontière entre polar et épouvante.
Jamie, le héros, est un jeune garçon comme les autres sauf qu’il a le pouvoir de parler aux morts.

Je sais, on a tous vu Sixième Sens, on connaît la chanson ! Pourtant, ici, on se retrouve avec un vrai polar Kingesque à souhait et qui rue dans les brancards sans nous infliger de trop longues descriptions ! Direct à l’essentiel et vas y que je peux pas lâcher le bouquin avant de l’avoir terminé !

Seule la mère du héros est au courant de son « don » et va finir par recourir aux services de sa progéniture pour tenter de garder le bateau à flot parce qu’en tant que mère célibataire et agent littéraire, la vie peut parfois vous mettre de sacrés bâtons dans les roues !

On retrouve les thèmes chers au monsieur, évidemment, avec même pour les aficionados des renvois marqués à certaines de ses œuvres cultes précédentes mais je ne gâcherai pas le plaisir de la découverte ! Et on peut tout à fait dévorer ce roman sans avoir la réf, pas de souci !

J’adore le King lorsqu’il offre son regard diabolique sur l’enfance, sur le milieu littéraire américain et qu’il vous file gentiment les chocottes en mélangeant les genres ! D’autant que quelques lignes avant la fin, le lecteur s’en prend une belle sur le coin de la tronche, histoire de marquer les esprits …

Chapitres courts , calibrés comme un bon page turner, j’aurai presque envie de retrouver le héros dans un prochain roman.

Donc, si tu aimes le King, tu devrais passer un très bon moment et c’est aussi un opus idéal pour le découvrir ! Ici, l’horreur n’est pas à son paroxysme et les âmes sensibles peuvent tenir le choc, pour peu qu’elles n’aient pas peur des fantômes !

Après, ce n’est que mon avis, hein …

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Grandir, c’est parfois affronter les démons qui vous hantent.

Jamie n’est pas un enfant comme les autres : il a le pouvoir de parler avec les morts. Mais si ce don extraordinaire n’a pas de prix, il peut lui coûter cher. C’est ce que Jamie va découvrir lorsqu’une inspectrice de la police de New York lui demande son aide pour traquer un tueur qui menace de frapper… depuis sa tombe.

Obsédant et émouvant, le nouveau roman de Stephen King nous parle d’innocence perdue et des combats qu’il faut mener pour résister au mal.

Les Fruits Tombent des Arbres – Florent Oiseau

Pierre. Pierre, c’est un type normal.

Un mec un peu banal. Qui fout pas grand-chose en réalité. Un peu largué, un peu seul sur la Terre. Pierre, c’est nous, dans nos petites contradictions, dans nos drôles d’habitude, dans nos aspirations perdues quelque part dans la vraie vie.

Un jour, parmi tant d’autres, il assiste à la mort d’un habitant du quartier, là, à l’arrêt du bus. Comme le fameux fruit qui s’éclate au sol. Comme une déflagration silencieuse qui ne bouleversera pas la marche du monde. Une vie qui s’arrête là, brutalement, sans préavis. Et Pierre, ça va le toucher. Ça va le faire réfléchir.

Commence alors une odyssée de l’inutile, un voyage vers l’essentiel, sur la ligne 69, dans ces rues, dans ces quartiers où nos contemporains se croisent, se délitent, s’ennuient, aiment parfois et courent après quelque chose d’incompréhensible.

Galerie d’instants, de personnages, d’êtres humains, ceux qu’on croise tous les jours. Comme une salade de fruits, jolie, jolie, un tableau vivant de ceux qui s’accrochent aux branches pour ne pas tomber trop lourdement.

De restos un peu miteux, en parcs délabrés, le merveilleux s’immisce partout pour qui sait le voir. Florent Oiseau contemple l’ordinaire du haut de son infinie tendresse, avec une ironie mordante qui touche au tragi-comique. Ce roman est un périple parisien dans tout ce que la ville a de plus ordinaire, de plus hors du commun. Florent Oiseau ouvre grand les yeux sur nos petits travers, nos existences si fragiles, comme le font les poètes.

Il y a de la mélancolie, il y a de l’aigre doux chez cet écrivain qui, de livre en livre, trace un sillon à la fois original et universel. Il y a de la vérité dans ce roman, encore une fois. De celle qui touche le lecteur, lui arrache un sourire, une grimace, une émotion.

Définitivement, je suis sous le charme de cet auteur, qui écrit comme nul autre les choses simples, donnant au banal ses lettres de noblesse et faisant de l’oisiveté un sport national, de la contemplation, une raison d’exister un peu plus.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Est-ce la vie qui crée le hasard, ou l’inverse ?

Parce que son voisin, comme le fruit d’un arbre, est tombé raide mort à l’arrêt Popincourt, Pierre se retrouve à errer sur la ligne du bus 69. « Fantôme urbain », comme il se définit lui-même, c’est un type plus très jeune et pas encore très vieux qui cherche des réponses dans de grands verres de lait glacé.


De laverie automatique en comptoir de bar kabyle, la liberté guide ses pas. Fumer des cigarettes avec les tapins de la rue Blondel, monter une mayonnaise pour une célèbre actrice sur le retour, appeler sa fille Trieste et se rappeler Venise… tout fait aventure quand on regarde bien et qu’on ne regrette rien.
Ne pas faire grand-chose : voilà l’extraordinaire.


Il y a du Antoine Blondin chez Florent Oiseau, dont l’humeur vagabonde excelle à capter l’ironique poésie de l’ordinaire. Après Je vais m’y mettreParis-Venise et Les MagnoliasLes fruits tombent des arbres poursuit son exploration d’une condition humaine sauce cocktail, résolument oisive.

Le Disparu de Nantucket – Laure Rollier

Nantucket.


A Nantucket, ils mangent des nuggets. Oui, madame.


(OK, je voulais absolument faire cette intro)


Bon, parlons peu, parlons bien.


On est ici sur un « cosy murder » comme je les aime et dont je me délecte souvent une fois le soleil de sortie !
Alix vit à Nantucket et tient un restaurant familial. le menu semble évidement trop idéal et voilà que son mari disparaît du jour au lendemain.


Vous avez compris, c’est le départ de faux semblants, de révélations et de secrets plus ou moins bien gardés que le lecteur va s’empresser de découvrir pour frissonner un peu les jours de canicule !


Habile et palpitant, ce roman n’a rien à envier aux maîtres du genre ! Si tu aimes Coben, tu aimeras Rollier, crois-moi ! Entre chocolatine et nuggets (mince, encore eux), Laure Rollier offre des personnages grandeur nature, entre France et USA, qui donnent envie de boucler et les valises et cette enquête trépidante !
Calibré pour que dès les premières pages, on soit plongé dans le mystère jusqu’au cou, on ne peut poser ce roman sans vouloir comprendre le pourquoi du comment !


Je lis l’auteure depuis ces débuts et je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai beaucoup d’admiration pour elle.


Ce qui me bluffe chez Laure Rollier, c’est cette forme de courage, de liberté, de n’aller que là où sa plume l’emporte. Elle est sûrement là la vraie liberté, la folle passion d’écrire. Celle de se ne pas se coller dans une case et de s’offrir le luxe mais surtout le talent de virer de bord ! Changer de genre et écrire ce qui l’anime. Toujours.
Bref, ce soir, je vous le dis, je suis juste admiratif, ému et fier.


Lisez LE DISAPRU DE NANTUCKET.


Et vive les nuggets !

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Sur l’île de Nantucket au large de la côte Est américaine, la vie d’un restaurant français bascule dans l’angoisse le jour où le mari de la gérante Alix disparaît mystérieusement… Le passé de cette dernière va refaire surface mystérieusement tandis qu’une enquête de police traque impitoyablement son passé…


Alix, restauratrice franco-américaine installée avec sa famille sur l’île de Nantucket, voit sa vie bouleversée le jour où son mari, David, se volatilise dans la nature. Maxime, flic bordelais à la dérive, peine à se remettre de la mort brutale de son frère. Lorsque la police américaine retrouve le véhicule abandonné de David, elle découvre également à l’intérieur de celui-ci des traces d’ADN appartenant au frère de Maxime.

Débute alors la course effrénée de Maxime et Alix, en quête de vérité, entre mensonges et révélations.

Celle qu’il attendait – Baptiste Beaulieu

Leur histoire, c’est l’histoire d’un amour.

Lui, c’est Joséphin, c’est joli, comme prénom, Joséphin, c’est joli et étrange. C’est beau, comme le bizarre peut l’être parfois. Un peu surréaliste, comme ce roman à l’orée des genres.

Elle, c’est Eugénie D. Isolée d’un monde qui l’effraie, gauche à force de ne pas savoir tenir droite, coincée dans ses kilos et dans le regard des autres.

Baptiste Beaulieu tisse une histoire comme on récite un poème, comme une veillée au coin du feu, comme on saute dans les flaques pour oublier un peu la solitude de notre époque.

Onirique, poétique, déjanté parfois, bouleversant d’humanité, c’est l’histoire d’une rencontre entre deux hurluberlus qu’on aime découvrir.

Véritable mélange des genres, Baptiste Beaulieu passe parfois du coq à l’âne, de Joséphin à Eugénie, entremêlant les genres pour conter leur histoire. Parfois déstabilisant, souvent émouvant. Il faut plonger dans ce roman atypique comme on rencontre. Sans à priori, sans fil conducteur. Faire le choix de s’égarer un peu parfois, en tant que lecteur, dans la substance de ses personnages atypiques.

Pour raconter cette rencontre, cet amour, l’auteur a choisi d’alterner leur passé de doux dingues solitaires et leur rencontre un soir pluvieux à la gare Montparnasse.

C’est un roman qui déstabilise son lecteur, par cette multiplicité des styles, des thèmes, c’est un roman que l’on lit comme on se souvient, au réveil, d’avoir rêvé, sans avoir toutes les clefs mais avec ce sentiment diffus d’avoir vécu un moment doux.

Vous l’aurez compris, le dernier Baptiste Beaulieu, c’est tout un poème. Loin des codes établis, loin du planplan et du ronron auquel parfois nous, lecteurs, sommes habitués. Lire ce roman, c’est se faire surprendre et adopter ces deux êtres, entre Amélie Poulain et Boris Vian.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Eugénie D déborde d’imagination et de projets farfelus pour s’isoler d’un monde qui l’effraie. Elle sait les hommes prompts à arracher les ailes des femmes.


Joséphin, chauffeur de taxi mutique, est né dans un pays en guerre. Il charrie sa maigreur et sa méfiance des hommes. Pour oublier sa mélancolie, il tourne la terre sous ses mains à l’infini.
Leurs vies basculent quand ces deux empotés magnifiques se croisent sur un quai de gare.
Une rencontre improbable, une histoire d’amour hors du temps.

Avec beaucoup de poésie et d’originalité, Baptiste Beaulieu tisse le destin fantastique de ces deux êtres dont les fêlures se répondent comme par magie.

Et me Souvenir de ta Mémoire – Cécile Bergerac

La mémoire. Quel drôle de mécanisme.

Les souvenirs. Les traces de l’intime. Ces infimes délicatesses que l’on garde en soi toute une vie.

La mémoire. Ce qu’on se construit à travers celle des êtres qui croisent notre route.

Cécile Bergerac, dans son second roman, a pris mon cœur entre ses mains et doucement, avec tendresse, vérité et émotion m’a amené jusqu’à la dernière page, les yeux mouillés mais le cœur gonflé d’amour.

Car c’est d’amour qu’il est question ici. Ce roman est une histoire d’amour. Une belle, une vraie, une immense.

Celle de Cécile et de son grand-père.

Je suis entré dans leur vie, je me suis caché dans un coin et je les ai écoutés vivre. J’ai bu les souvenirs d’une petite fille, béate d’amour pour ses grands-parents. J’ai observé cet homme, qui a quitté son Algérie natale pour la France, cet homme digne, profondément émouvant. Son papy. Son géant.

Je les ai observés et je les ai aimés si fort que je les garde encore un peu en moi après cette lecture. Juste parcequ’ils ne vont pas me quitter comme ça …

Cécile Bergerac, définitivement, fait partie intégrante de ma voie lactée, une étoile qui brille dans mon univers intérieur. Je crois qu’elle et moi faisons partie d’une même famille…

Alors, merci infiniment Cécile d’écrire des choses si belles qu’elles nous remuent en dedans. Sans maniérisme mais d’une si belle manière. Dieu, que j’aime lorsque l’écriture se fait ainsi universelle, dans son plus simple appareil.

« Si j’avais plus de maturité, je comprendrais peut-être que la vie ne vaut pas d’être chérie que quand elle offre le parfum des roses, mais également lorsqu’elle perce le doigt maladroit. »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Sans pouvoir en expliquer la raison, Marcel a noué une relation privilégiée avec Cécile, sa cinquième petite fille. Pourtant, quand elle lui demande de lui raconter sa vie en Algérie avant de venir vivre en France, il se dérobe toujours. Il ne veut plus repenser à cette période et aux secrets qu’elle recèle. Mais Cécile est opiniâtre et pose encore et toujours les mêmes questions.


Face à l’obstination dont elle fait preuve, Marcel finit par comprendre que dans son passé se trouvent les racines sur lesquelles grandit sa petite fille chérie et qu’il doit transmettre pour qu’elle puisse s’épanouir. Mais comment, après avoir vécu trois guerres, expliquer sans effrayer ?


Avec toute la pudeur qui le caractérise, il préférera taire le pire et léguer le meilleur : se concentrer sur les odeurs d’épices plutôt que sur celle du sang, sur la fraternité plutôt que sur les divergences ; faire perdurer la lumière plutôt que l’obscurité.

Les Possibles – Virginie Grimaldi

A l’impossible, nul n’est tenu, surtout pas Virginie Grimaldi…

Elle revient nous parler d’amour. De tendresse et d’infimes vérités qui font de ce roman, une fois encore, une perle d’humanité, entre un sourire et une larme d’émotion.

Jean. Juliane. Tel père, telle fille ? L’adage, ici, ne colle pas à la vérité en fait. Il est fantasque, un peu rebelle et véritablement barré. Elle aime l’ordre, l’organisation, et que tout soit à sa place.

La maison de Jean brûle et malgré les craintes de sa fille chérie, il va venir s’installer chez elle, dans son foyer si bien organisé.

Peu à peu, Juliane va s’apercevoir que tout ne tourne pas rond chez ce père, ce doux dingue plein de poésie …

Une nouvelle fois, j’ai trinqué avec Grimaldoche.

Et je lève mon verre, haut et fort. Le verre à moitié plein, toujours. Celui que nous tend en riant, pour mieux cacher le trouble, une auteure majuscule du paysage français. Un verre à demi-plein, pour choisir de voir la somme des possibilités là où d’autres verraient la multiplication de ces regrets devant lesquels on s’incline.

Si c’est la faute à la vie, au malheur, alors il faut en prendre son parti et s’émerveiller encore de tout ce qui peut. De tout ce qui peut encore être. Ces possibles qui promettent tant de belles choses.

Un livre, comme souvent, qui mordille le cœur, titille nos émotions les plus simples mais les plus sincères. Comme un pansement sur nos genoux écorchés d’enfants grandis trop vite. La magie Grimaldi, c’est bien de ça qu’il s’agit. Faire naître du quotidien des romans à la fois poétiques, hilarants et inoubliables.

Si on me demande, encore aujourd’hui, quel est le roman de Virginie Grimaldi que je préfère, je ne saurai répondre, tant à chaque fois, le rendez-vous est fort. Marquant et inoubliable.

Avec Virginie Grimaldi, tout est possible.

Surtout le merveilleux.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences.

Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du hard rock à fond, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin.

Juliane veut croire que l’originalité de son père s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille.

Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves.

Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

Avec un humour jubilatoire et une infinie tendresse, Virginie Grimaldi nous conte une magnifique histoire de transmission et de résilience.

Je Revenais des Autres – Mélissa Da Costa

Juste le titre. J’étais déjà comme envouté.

Je me le répétais, comme une chanson qui ne veut pas sortir de la tête, à chaque fois que je posais les yeux sur ce roman, là, sur ma table de chevet et qui m’a accompagné durant plusieurs soirées.

Un titre. Un peu comme une belle promesse. Comme un tour de magie.

Je revenais des autres.

Revenir à soi, à travers les autres. Revenir de loin mais revenir quand même. Partir à sa rencontre et ne pas en revenir, tant le voyage est fort !

Je me suis retrouvé follement captif dès les premières lignes. Il faut l’avouer, ça commence fort, très fort.

Ambre, vingt ans, la vie devant elle, et une forme de désespoir chevillé au corps. Celui qui te fait perdre l’envie de vivre. Ambre, vingt ans, trop maquillée, trop alcoolisée, trop triste de ne pas être aimée. Lasse de n’être que la maîtresse, la mal entretenue…Ambre, vingt ans et de la poussière accumulée dans les recoins sombres de son existence jusqu’à cette détresse qui vient percuter le lecteur dès les premières pages.

Reste l’exil. Dans cet hôtel, pour une saison. Le temps de retrouver un peu de courage. Le temps de se réchauffer à la lueur de ces autres …

Ce roman est doux et dur à la fois. C’est l’histoire d’un combat, de rencontres, de guerres lasses et de batailles gagnées par KO. Mélissa Da Costa fait partie de ces auteurs qui me touchent, me captivent et me renversent un peu.

JE REVENAIS DES AUTRES. Et, moi, lecteur, je n’en suis pas encore revenu. J’ai passé une saison au creux d’une humanité qui fait un bien fou, qui répare de vivre et j’en redemanderai presque. J’ai passé une saison au creux des autres, comme on se rappelle combien certaines rencontrent peuvent nous guérir, nous emmitoufler et nous permettre de revenir.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Philippe a quarante ans, est directeur commercial, marié et père de deux enfants. Ambre a vingt ans, n’est rien et n’a personne. Sauf lui.


Quand submergée par le vide de sa vie, elle essaie de mourir, Philippe l’envoie loin, dans un village de montagne, pour qu’elle se reconstruise, qu’elle apprenne à vivre sans lui. Pour sauver sa famille aussi.


Je revenais des autres est l’histoire d’un nouveau départ. Le feuilleton d’un hôtel où vit une bande de saisonniers tous un peu abîmés par la vie. Le récit de leurs amitiés, doutes, colères, rancoeurs, amours aussi.


Le roman des autres, ceux qu’on laisse entrer dans sa vie, ceux qui nous détruisent mais surtout ceux qui nous guérissent.

La Claque – Nicolas Robin

Une claque.
Une baffe.
Une mandale.

Tellement de mots pour l’inconcevable.

Jean-Mi est un mec comme les autres. Un papa-poule, un mari aimant et un rugbyman du dimanche. Un costaud, un gentil, un chouette type.

Ça commence comme ça, bêtement, dans un moment d’énervement pour un pull en cachemire rétréci au lavage. Ça devrait s’arrêter là. Mais non.

Rien dans son existence ne l’avait préparé à cette baffe. Celle que lui collera sa femme, son épouse, sa bien-aimée, sa dulcinée.

Passer notre amour à la machine comme disait Souchon.
Il y a de ça chez Robin. Cette façon de raconter le monde dans lequel nous vivons avec poésie, avec ce ton parfois un peu emprunté d’un vieux chanteur dégingandé qu’on aime écouter en boucle, pour la beauté du geste.

Ce roman est l’histoire d’un homme. De la première claque et de celles qui suivront.

C’est l’histoire d’un mec, comme les autres qui va tenter de comprendre et de sauver la famille qu’il s’est construit.

Nicolas Robin s’attaquait à un sujet casse-gueule, il s’en sort avec les honneurs. Ce roman est un véritable coup de cœur tant je l’ai trouvé juste. Sans facilité, avec amour pour son héros de papier, Nicolas Robin raconte une histoire grave avec toute la douce ironie qui le caractérise si bien.

Comme toujours, avec cet auteur que j’affectionne particulièrement, j’ai retrouvé une galerie de personnages tendres, à la limite de la poésie. Cette bonne sœur qui prêche la belle parole sur le parvis de la Défense me restera en mémoire.

Bref, venez prendre votre clacounette, vous n’allez pas le regretter.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Jean-Michel est très heureux, en apparence : il a une femme brillante, un enfant éveillé, une belle carrière dans l’immobilier. Pourtant, ce bonheur est illusoire.


Les bleus sur sa joue pourraient être imputables à un mauvais coup au rugby. S’il n’ose pas en parler, c’est parce que la vérité est dérangeante. Un homme battu, c’est le déshonneur, mais battu par sa femme, c’est l’extrême soumission, la castration au ciseau à bois.


Jean-Mi endure les gifles et reste avec sa femme, jusqu’au jour où une rencontre improbable lui ouvre les yeux sur sa vie de couple.


« La violence est apparue incolore, insidieuse, avant d’éclabousser nos murs. D’abord une remarque désobligeante, ensuite des reproches, puis des gifles distribuées entre mes manquements et mes oublis. Je croyais que ce serait passager, que tu allais redevenir comme avant. Et plus tard, un coup de pied, un cendrier lancé à la figure. Tu me cognes pour canaliser la tempête qui prend toute la place dans ta tête.
Parce que c’était plus qu’une claque, Marylène, c’était l’hôpital et des points de suture. Une gueule de mec brisé. »


Nicolas Robin, 44 ans, est l’auteur de plusieurs romans, dont trois, très remarqués, parus aux éditions Anne Carrière : Roland est mort (2016), Je ne sais pas dire je t’aime (2017) et Une folie passagère (2019). Dans La Claque, il aborde le sujet encore méconnu et pourtant bien réel des hommes battus.

Ce que les étoiles doivent à la nuit – Anne-Gaëlle Huon

Il y a des êtres, sur cette drôle de planète, qui transpercent la grisaille et viennent éclairer le quotidien. Comme dotés de super pouvoirs …

Anne-Gaëlle Huon est de ceux-là.

Pour moi, ses romans sont, à chaque fois, de véritables pochettes surprises. Ça te pète immédiatement à la tronche dès les premières pages. Ça t’emporte, sans crier gare, vers des contrées ensoleillées où le cœur a toujours raison !

Cette fois, c’est une cocote minute qui explose en un véritable bouquet de saveurs, avec tant de bonheur, que je me suis retrouvé le ventre tout gargouillant (je ne suis pas sûr de l’image là, en fait mais c’est un compliment) !

Nous retrouvons l’univers du précédent roman d’Anne-Gaëlle, Les Demoiselles, pour notre plus grand plaisir à travers l’histoire de Liz, de nos jours et celle de Balthazar qui débute en 1951.

Les époques se mêlent et nous emmêlent pour mieux nous faire rencontrer ces jolis destins, ce choc des cultures, dans un grand fracas de casseroles qui s’entrechoquent.

Les froufrous se mêlent aux marmites, le rire aux larmes, comme un joli feu d’artifices. Personnages colorés et inoubliables, rythme et émotions ponctuent un voyage inoubliable dans ce Pays basque aux mille couleurs !

Ce roman, c’est la saveur de l’humanité, le gout des autres. Une tambouille comme je les aime, sans temps mort, entre rire et émotion. Mention spéciale, pour moi au personnage de M. Etchegoyen …

Peu à peu, de livres en livres, Anne-Gaëlle Huon construit un univers, qui fonce sans faire de détours inutiles vers le cœur et offre des sourires, comme ces étoiles dans la nuit. Celles qui font du Bien.

Celles qu’on contemple longuement, comme pour les remercier d’être là et d’éclairer un peu nos petites vies terriennes.

LE RESUME DE L’EDITEUR

Il n’y a pas de hasard, dit-on, seulement des rendez-vous. C’est ce que va découvrir Liz, cheffe prodige et étoilée, en partant au Pays basque sur les traces de sa mère. Dans un petit village perdu, elle rencontre M. Etchegoyen, dandy insaisissable et plein de panache, qui lui confie les clés de son restaurant et un défi à relever : faire de sa gargote une adresse gastronomique. Mais Peyo, le chef, ne voit pas arriver cette étrangère d’un bon oeil. L’un et l’autre vont devoir s’apprivoiser et affronter ensemble les fantômes de leur passé.

Dans ce roman enchanteur et savoureux, Anne-Gaëlle Huon nous entraîne dans un tourbillon d’émotions. Une histoire universelle qui nous parle d’espoir, d’amour, et nous redonne le goût de la vie.