Les Imbattables – Sarah Maeght

Date de Parution : 07 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Il y a des romans que l’on n’attend pas particulièrement. Qu’on ouvre, un peu au hasard et dans lesquels on s’engouffre avec un plaisir, comme une jolie pochette surprise.

C’est exactement ce qui vient de m’arriver avec LES IMBATTABLES de Sarah Maeght (merci de prononcer « mag », je tiens cette information de source sûre).

Basile a neuf ans. Il connaît par cœur une foule de choses inutiles et donc totalement indispensables. Il classe les gens qui l’entourent dans deux catégories, les dignes et les indignes, il aime Jacques Prévert et a un caractère bien trempé.

Victoire, elle, est étudiante. Elle rêve de l’Amérique et reste hantée par un amour toxique. Elle tente de joindre les deux bouts entre baby-sitting et fausses bonnes idées pour gagner sa vie.

Tous les deux vont nous faire vivre une folle semaine dans un Paris rempli d’une jolie humanité.

Moderne, coloré, brillamment contemporain, LES IMBATTABLES est un roman qui se dévore en quelques heures. Sous des allures cinématographiques, léger comme une comédie derrière laquelle se cache une certaine réalité, c’est un roman qui se lit d’une belle traite, comme on se promène main dans la main avec quelqu’un qu’on aime.

Ce roman fait partie de ceux sortis au mauvais moment, à l’heure où déambuler en librairie n’est plus possible. Un roman sur la vie d’avant mais qu’il faut lire maintenant, juste pour se faire un peu de bien, juste pour souffler un peu. Pour se souvenir de nos déambulations justement, celles qui prennent tant de sens aujourd’hui…

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Après ses cours de Lettres à l’université, Victoire s’occupe de Basile. Il a neuf ans, elle en a vingt-trois. Victoire rêve  de partir étudier aux États-Unis, Basile rêve d’avoir un  ami, de visiter la maison de Prévert en Normandie.
Il est pointilleux sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas,  le « digne » et l’« indigne ». Elle vole dans les magasins,  saute les portiques du métro et laisse l’horoscope décider  de son humeur.
Un lundi, Basile rate le car pour son voyage scolaire.  Victoire doit rester avec lui, le temps d’une semaine qui va changer leur vie.

Quartier Libre – Vincent Lahouze

Date de Parution : 15 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Ça commence par un saut dans le vide.

Ça commence fort, ça t’envoie valser dans le décor tout de suite. Pas le temps de respirer. Tu te fais prendre aux tripes et t’as pas le choix.

C’est l’histoire d’un gâchis, et même pas beau le gâchis. C’est peut-être un peu l’histoire de ce que nous sommes en train de faire de notre société. C’est une histoire qui prend aux tripes, qui broie un peu le coeur. Une histoire de rage et de fureur, de bruit et de douleur.

C’est l’histoire d’Olivier, qui débarque dans les pas beaux quartiers, au Mirail, à Toulouse, et qui va tenter de comprendre l’inacceptable, ces raisons qui poussent une adolescente qu’il a vu grandir à se jeter dans le vide.

C’est l’histoire d’Olivier et de son métier de d’animateur social. du jeune homme inexpérimenté, aux préjugés faciles jusqu’à l’homme qui se bat, au quotidien, pour ces jeunes qu’on regarde de travers.

C’est un regard sur les banlieues, sur notre société, absurde et un peu dégueulasse. C’est un roman qui se lit d’une traite, comme on se retrouve prisonnier d’une histoire qu’on ne peut pas lâcher. Comme on ne reprend pas son souffle.

C’est un polar, c’est un roman d’apprentissage, c’est un plaidoyer, c’est un roman social, c’est un témoignage, c’est beaucoup de choses à la fois, c’est un roman qui n’a pas besoin d’étiquette pour exister.

Vincent Lahouze, offre, avec ce deuxième roman un livre absolument percutant. Que j’ai dévoré en quelques heures tant il m’a emporté ! Tu sais, ces lectures qui t’amènent aux petites heures de la nuit, le regard fou et le bras douloureux !

Un deuxième roman, différent, qui va là où on ne l’attend pas. Qui va là où ça fait mal pour notre bien à tous. le roman d’une société malade et mise à mal. Ce livre n’est pas un remède mails il a le mérite de poser les questions.

« – Tu ne peux pas guérir dans l’environnement qui t’a rendu malade. C’est impossible. »

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Février 2017, Olivier, éducateur d’une trentaine d’années, assiste à la veillée funèbre d’Ismahane, qu’il connaissait depuis sa plus tendre enfance. Ismahane l’insolente, la libre et charismatique Ismahane, s’est suicidée à la veille de ses seize ans. Pour lui rendre hommage et pour tenter de comprendre son geste inconcevable, il décide de mener l’enquête. L’occasion pour lui de revenir sur ses débuts – chaotiques – d’éducateur dans ce quartier difficile de la banlieue de Toulouse. Un quartier régi par ses propres lois qui vous broie et vous recrache aussi bien qu’il peut vous porter.

Chambres Noires – Karine Giebel

Date de Parution : 05 Novembre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Karine Giebel is back !

Encore une fois elle nous plonge dans le Noir et décide de nous faire son cinéma !

Pelotonnez-vous dans votre fauteuil, éteignez la lumière et laissez vous engloutir dans sa salle obscure …

Quatre nouvelles aux titres tirés de quatre grands films. le vieux fusil. L’armée des ombres. Un monde parfait. Au revoir les enfants. A ces histoires s’ajoutent quatre nouvelles plus courtes déjà publiées dans des recueils caritatifs.

Comme souvent chez Karine Giebel, la frontière entre victime et bourreau est aussi mince que le fil du rasoir sur lequel elle promène ses personnages. On entre de plein fouet dans chaque histoire que l’on dévore presque à regret tant elle sait y faire.

Ils s’appellent Martin, Axel, Mathilde, Yvonne ou Aryana. Ils nous ressemblent, ils sont ce que notre société a osé faire d’eux. Personnages forts, humains et terribles.

Je ne suis pas grand amateur de nouvelles, et pourtant que j’ai aimé ce recueil-là.

L’empreinte Giebel, indélébile, est plus que jamais bien présente et j’ai refermé ce recueil avec regret tant je sais qu’il va falloir patienter encore pour retrouver la maîtresse du noir dans un prochain roman.

Mention plus que spéciale pour Au Revoir Les Enfants qui m’a juste fracassée le cœur, véritable pépite, moi qui pensait ne pouvoir lire aucune histoire sur la période que nous vivons actuellement sans avoir envie d’arracher les pages … Là, Karine Giebel est juste bouleversante, et sort un peu du cadre de ce qu’elle peut proposer d’habitude.

A la fois noir et engagé, ce recueil offre à son lecteur des histoires captivantes et terriblement humaines qui m’ont laissé cette amertume propre à l’auteure de mon cœur. Des histoires qu’on ne lit pas innocemment mais qu’on prend en plein face, comme on se rend compte du pire …

Ce recueil sort le 05 Novembre. Foncez. Juste, foncez ! Les livres ont besoin de nous !

De nombreuses librairies proposent le « click and collect » alors réservez dès maintenant cette perle noire et faisons vivre nos libraires!

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Il y a des soupirs, des souvenirs et des sourires.

Il y a ces jours sans fin et ces nuits sans chaleur. Cette sensation d’être sale, d’être rien, moins que rien.

Ces dangers qu’on n’a pas vus venir, ces risques qu’on n’a pas osé prendre. Ces tentations auxquelles on n’a pas eu la force de résister.

Il y a ces mauvais héritages, ces mauvais choix, mauvaises pentes, mauvais départs.

Il y a ce manque de chance.

Il y a cette colère, ce dégoût.

Il y a…

Des fois où on préférerait être mort.

Voilà ce qu’on découvre dans les Chambres noires de Karine Giebel, recueil de quatre nouvelles inédites dont les héros, ou anti-héros, incarnent et dénoncent tour à tour les manquements de notre société. Quatre histoires pour lesquelles l’auteure emprunte les titres de grands films qui l’ont marquée.

Après D’ombre et de silence, elle nous offre un nouveau recueil tout en noir, humain, engagé, bouleversant, qui agit comme un révélateur, nous faisant ouvrir les yeux sur le monde en dépit de son opacité et de sa noirceur.

À la fin de l’ouvrage, en bonus, trois nouvelles déjà parues dans Treize à table ! (Pocket) au profit des Restos du Cœur ainsi que Sentence, nouvelle écrite en plein confinement et publiée dans Des mots par la fenêtre (12-21) au profit de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

Les Sept Sœurs Tome 04 : La Sœur à la perle – Lucinda Riley

Date de Parution de l’édition Poche : 01 Juillet 2020

LE BILLET DE JUJU :

— Oh, putain, le revoilà avec sa tribu en jupons !

— Ne sois pas vulgaire, je te prie. On nous regarde, là …

— Bon, on connaît la musique maintenant… Un tome par sœur, avec une destination exotique à la clef ! C’est laquelle cette fois ?

— C’est CeCe.

— Voilà que tu bafouille. C’est laquelle alors ? C’est, c’est , c’est ???


— C’est CeCe, je te dis. C’est le diminutif de Célaéno

— Ah, parceque y’a vraiment des nanas qui s’appellent comme ça. Plus rien ne m’étonne mais là, quand même on tient une sacrée perle !

— Oui, justement, une perle, Cece, c’est la soeur à la perle !

— …

— Elle est toujours aussi forte la Lucinda Riley, crois-moi ! Moi, qui pensais qu’elle allait me gonfler cette quatrième sœur, je me suis encore fait embobiner. Faut dire que ce qu’on apercevait d’elle dans les précédents tomes nous la rendait plutôt antipathique, avec cette façon de régenter la vie de la pauvre Star. Et en fait, je la kiffe la CeCe ! Elle est touchante, entre sa dyslexie et son sentiment d’être la moins belle des six sœurs.

— Et tu as vu du pays, j’imagine ?

— Ah ça oui, de l’Ecosse, à l’Australie en faisant un petit détour par la Thaïlande ! Je t’avoue qu’en ce moment, c’est un moyen sûr de voyager en toute sérénité cette saga ! Tout en ayant le sentiment de faire partie de la famille d’Aplièse !

— Et jamais tu ne te lasses de cette famille dysfonctionnelle ?

— Franchement ? Non ! Cela étant, il ne faut pas tous les lire d’affilée évidemment ! Je vais lire le cinquième dans quelques temps puis attendre la sortie en poche du sixième bien gentiment ! Je voudrai pas me gâcher le plaisir, tu vois.

— Tu n’es pas impatient ? Je crois qu’il existe en grand format le sixième, hein !

— Oui, je sais, je sais mais j’ai commencé la collec en poche et je suis un psychopathe avec mes livres …

— Oui, pas qu’avec tes livres mais ça c’est un autre sujet …

Pour lire mes billet sur les tomes précédents :

LE RESUME DE L’EDITEUR :

À la mort de leur père, énigmatique milliardaire qui les a ramenées des quatre coins du monde et adoptées lorsqu’elles étaient bébés, Célaéno d’Aplièse et ses sœurs reçoivent chacune pour héritage un indice qui leur permettra de percer le mystère de leurs origines. Le sien conduira CeCe jusque dans la chaleur et la poussière rouge de l’Australie. Elle y croisera le destin de Kitty McBride qui, cent ans plus tôt, a abandonné sa vie bien rangée à Édimbourg pour chercher en terre inconnue le grain d’aventure dont elle avait toujours rêvé… ainsi qu’un amour qu’elle n’avait jamais imaginé. Pour CeCe, ce vaste et sauvage continent pourrait lui offrir ce qu’elle a toujours cru impossible : un sentiment d’appartenance et un foyer…

La Sœur à la perle est le quatrième tome de la série événement Les Sept Sœurs qui a conquis 20 millions de lecteurs dans le monde. À travers ses romans au souffle unique, peuplés de personnages inoubliables, liés par les drames et l’amour, Lucinda Riley a affirmé son immense talent, créant un genre littéraire à part entière.

Misery – Stephen King

LE BILLET DE JUJU :

« Mon nom est Annie Wilkes, et je suis votre admiratrice numéro un. »
Voilà en substance une des phrases les plus terrifiantes que j’ai pu lire, dans ma petite vie de lecteur …

Il en a de la veine Paul Sheldon d’avoir été recueilli, après un terrible accident, par sa fan la plus fidèle. Même lui, grand écrivain, n’aurait pu imaginer un tel coup du sort …

La « gentille » dame va le requinquer et va finir par l’obliger à écrire la suite de sa saga à succès, Misery. Qu’il le veuille ou non, peu importe … Car Annie Wilkes est légèrement dérangée et le personnage de papier, Misery, est la seule chose qui lui importe … Alors tant pis si Paul Sheldon avait décidé que son héroïne était morte et enterrée ! Il va devoir la ramener à la vie … Et pour lui, c’est bien une question de vie ou de mort dont il s’agit là …

J’ai relu Misery donc. En trois jours. Grand bien m’a pris car au-delà de ce huis-clos angoissant entre une foldingue et son écrivain chéri, j’y ai retrouvé une double lecture follement savoureuse. Un roman dans le roman. Et lorsqu’un bouquin est aussi bon, il te claque entre les doigts et tu en savoures chaque page.

Stephen King, ici au sommet de son art, offre un regard passionnant et terrifiant sur le métier d’écrivain. La lecture du manuscrit, écrit sous la contrainte, est juste savoureuse. Le processus implacable.

Ce roman, paru en France en 1989, n’a pas pris une ride et se bonifie même avec le temps. Annie Wilkes y est juste terrifiante de folie et Paul Sheldon, ben, on n’aimerait vraiment pas être à sa place. Vraiment pas !

Si tu n’as encore pas lu ce petit chef d’œuvre du genre, va falloir investir car ce roman est un incontournable ! A savoir qu’ici, pas de fantastique ou d’histoires de fantômes, le King ancre son histoire dans la réalité.

Je débute avec ce titre ma collection du King avec les nouvelles éditions du Livre de Poche dont les couvertures sont justes sublimes et je vais en profiter pour lire, et relire, monsieur Stephen King.

Et toi, c’est lequel ton préféré de Stephen King ?

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Misery, c’est le nom de l’héroïne populaire qui a rapporté des millions de dollars au romancier Paul Sheldon. Après quoi il en a eu assez : il a fait mourir Misery pour écrire enfin le « vrai » roman dont il rêvait.


Et puis il a suffi de quelques verres de trop et d’une route enneigée, dans un coin perdu… Lorsqu’il reprend conscience, il est allongé sur un lit, les jambes broyées dans l’accident. Sauvé par une femme, Annie. Une admiratrice fervente. Qui ne lui pardonne pas d’avoir tué Misery. Et le supplice va commencer.


Sans monstres ni fantômes, un Stephen King au sommet de sa puissance nous enferme ici dans le plus terrifiant huis clos qu’on puisse imaginer.

Mademoiselle Papillon – Alia Cardyn

Date de Parution : 15 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

Gabrielle est infirmière, Thèrese Papillon également.

Un siècle les sépare, un simple battement d’aile de papillon face à l’éternité. Et à travers la magie des mots, d’un livre, l’une va inspirer l’autre et va lui offrir ce second souffle.

Car Gabrielle est usée. Chaque jour, dans la salle 79, elle veille sur des êtres infiniment fragiles, dans ce service de néonatologie. Elle voit passer l’espoir, la vie mais également une tristesse sans fond lorsque la médecine ne peut pas tout. Peu à peu, elle s’érode, elle perd pied, elle s’abime.

Thèrese Papillon, au sortir de la Première Guerre Mondiale, elle, n’accepte pas de voir ces enfants qui meurent dans la rue. Elle veut créer un refuge, les mettre à l’abri et rien ne pourra l’arrêter.

A travers le portrait de deux femmes qui exercent le métier le plus beau et le beau difficile au monde, Alia Cardyn offre un roman d’une grande justesse. Elle tisse une histoire, à hauteur de vérité, qui ébranle souvent, touche à chaque page et ne peut personne laisser indifférent.

Mademoiselle Papillon a réellement existé et Alia Cardyn s’offre évidemment la liberté d’inventer, sur une trame fort documentée, le destin follement inspirant d’une femme de tous les courages.

Il faut partir à la rencontre des ces femmes d’exception. Il faut se laisser émouvoir par ces destins immenses. Deux femmes, qu’on rencontre pour de vrai, et avec lesquelles on prend le temps de réfléchir à ce que peut être le don de soi, le vrai.

Il faut être un sacré écrivain pour arriver à détailler, sans plonger dans le pathos, mais sans enjoliver non plus, la réalité d’un service de grands prématurés, pour pénétrer la complexité d’un métier hors du commun.

Alia Cardyn livre ici un roman éblouissant et documenté, et finalement, elle offre bien plus que ça. Elle laisse entrer à flot la lumière à travers ses mots, tous choisis avec une folle passion. Hommage aux infirmières, aux femmes, à celles qui vibrent à l’intérieur pour l’autre, pour les autres.

Lisez Mademoiselle Papillon, il va se passer quelque chose.

LE RESUME DE L’EDITEUR :

L’histoire inouïe de Thérèse Papillon, reconnue juste parmi les nations, révèle la force de nos rêves.

Gabrielle, 30 ans, infirmière, s’occupe de grands prématurés dans un service de néonatologie intensive. L’univers de la jeune femme s’est réduit aux quelques mètres carrés de sa salle, la salle 79, où elle glisse lentement dans l’indifférence, lorsqu’elle découvre l’histoire de Mademoiselle Papillon.
En 1920, dans une France ravagée par la Première Guerre mondiale, cette infirmière de la Croix-Rouge est envoyée au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois. Alors qu’elle tente de mener à bien sa mission, la vision des enfants qui succombent dans la rue l’obsède. Une ambition se forme et prend bientôt toute la place : elle doit bâtir une maison pour les protéger.
Lorsqu’elle franchit le seuil de la sublime abbaye de Valloires, Mademoiselle Papillon est convaincue d’approcher son rêve.

Ce roman mêle le destin de deux infirmières et met en lumière une femme exceptionnelle : Thérèse Papillon, qui a sauvé des milliers d’enfants et a été reconnue Juste parmi les Nations. Après avoir mené une véritable enquête – en néonatologie mais aussi auprès de ceux qui ont connu Thérèse Papillon –, Alia Cardyn livre un hommage sensible et lumineux aux femmes qui ont l’audace d’incarner le changement.

Les Monstres – Maud Mayeras

Date de Parution : 02 Octobre 2020

LE BILLET DE JUJU :

« – Vous savez pour quelle raison le grand méchant loup ne pourra jamais vous dévorer les enfants ?- Nous l’ignorons Aleph.- Parce que c’est vous le grand méchant loup. »

Le ton est donné. Les fauves sont lâchés et impossible pour moi, de poser ce roman avant de l’avoir terminé. Une histoire de monstres. Les monstres, pourtant, ça n’existe pas, non ?

Maud Mayeras t’attrape par le colbac, te saute à la gorge et ne te lâche pas, pas une seule seconde. Tu veux comprendre, tu veux savoir qui sont ces monstres, qui sont les monstres …De l’histoire, il ne faut rien révéler. Juste évoquer un terrier dans lequel ne vit aucun lapin blanc et où Alice n’aurait jamais mis les pieds…

Chapitres courts, haletants, où chaque page hurle de tourner la suivante pour tenter de pénétrer plus profond dans le noir. J’ai lu ce livre comme on fuit en forêt, en pleine nuit, une lampe torche à la main. Tu ne sais pas où tu vas, tu flippes pas mal, tu n’y vois rien, tu te prends des branches dans la tronche mais tu avances, coûte que coûte et peu à peu l’ombre grandit, jusqu’à tout envelopper. Jusqu’à tout comprendre, dans un cri d’effroi.

Pour les amateurs de noir, ce roman est un incontournable de cette année, je lui dois ma dernière nuit blanche et ma tronche de déterré au matin. Un roman effroyable, un thriller presque gothique, comme un conte satanique, où les fées ne trouveront jamais leur chemin.

Les monstres n’existent mais les hommes, oui, et ils peuvent être le plus terrible des cauchemars…

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Ils vivent dans un « terrier ». Les enfants, la mère. Protégés de la lumière du jour qu’ils redoutent. Sales et affamés, ils survivent grâce à l’amour qui les réchauffe et surtout grâce à Aleph, l’immense, le père, qui les ravitaille, les éduquent et les préparent patiemment au jour où ils pourront sortir. Parce que dehors, il y a des humains. Parce qu’eux sont des monstres, et que tant qu’ils ne seront pas assez forts pour les affronter, ils n’ont aucune chance.


Mais un jour Aleph ne revient pas, un jour les humains prédateurs viennent cogner à leur porte. Alors, prêts ou pas, il va falloir faire front, sortir, survivre. Pendant ce temps, dans une chambre d’hôpital, un homme reprend conscience. Une catastrophe naturelle sème la panique dans la région. La police, tous les secours sont sur les dents. Dans ce chaos, l’homme ne connait qu’une urgence : regagner au plus vite la maison où on l’attend.

Maud Mayeras est une auteure rare est appréciée dans le monde du thriller pour l’originalité de son ton et son exploration des territoires obscurs de la psyché humaine. Les Monstres est son quatrième roman

Cabossé – Benoît Philippon

Date de Parution : 08 Septembre 2016

LE BILLET DE JUJU :

Cabossé. Abîmé. Déglingué.

Comme une vieille bagnole qui tient le choc, en roue libre.

Il est comme ça Raymond, enfin Roy, parceque Raymond, ça en jette carrément moins. Roy, ça fait boxeur, c’est un nom de bonhomme, de vedette américaine. Roy, c’est un géant, au physique abimé, une gueule cassée.

Il tombe sur Guillemette, tombe en amour et s’en va lui conter fleurette mais à sa manière. Il sera prêt à tout pour défendre sa belle, quitte à laisser sortir la bête ! Débute alors rapidement une folle cavale où ils vont caracoler entre personnages hauts en couleur, comme sait si bien les peindre Benoît Philippon, étreintes furieuses et dialogues truculents à la sauce revancharde !

J’étais déjà tombé sur Roy et Guillemette en lisant l’incontournable Mamie Luger et quel bonheur de découvrir leur périple, et retrouver, le temps d’une escale justement notre mamie nationale…

Benoît Philippon, de sa plume unique, frappe à grands coups de masse sur nos habitudes de lecture et nous offre encore un livre follement romanesque, terriblement authentique et délicieusement déjanté.
Du noir à la guimauve un peu cramée sur les bords, un roman qui assurément ne plaira pas forcément à tout le monde mais moi, j’en redemande encore et encore !

Road trip calamiteux, , cette histoire d’éclopés vous embarquera, sans nul doute, à la suite de ces héros dans cette cavale déjantée !

Si vous avez aimé la mamie, dans la famille Philippon, je demande le fils spirituel, Roy ! Bonne pioche assurée, la famille!

LE RESUME DE L’EDITEUR :

Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de « tomate écrasée »…


Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas…
Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but.


Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

Les petites reines – Clémentine Beauvais

Date de Parution : 01 Avril 2015

LE BILLET DE JUJU :

C’est l’histoire de trois nanas.

Trois nanas moches qui partent faire du vélo.

Voilà, merci. Au-revoir.

Bon, je me rends compte que je vais devoir développer !

Elles s’appellent Astrid, Hakima et Mireille. Bon, ce ne sont pas des reines de beauté ces héroïnes là, loin de là. Elles ont même été élues sur Facebook respectivement Boudins d’or, d’argent et de bronze !

Loin de se décourager, elles vont partir à vélo, heu, En vélo ? Bref, à bicyclette, quoi, pour rejoindre l’Elysée et chacune accomplir une quête personnelle, en vendant du boudin à chacune de leur étape !

Je ne connaissais pas Clémentine Beauvais, pauvre naze que je suis, et quelle découverte !

Ce road trip entre Bourg-en-Bresse et Paris fut pour moi une parenthèse enchantée et hilarante ! Ou comment pédaler dans la choucroute, ou plutôt ici dans le boudin, lorsqu’on est une ado au physique ingrat mais qu’on peut quand même être un sacré bout (de boudin ? Je sais, j’suis lourd, là) de femme !

C’est compliqué de faire rire et d’émouvoir en même temps et je décerne le maillot jaune, rouge et vert (je ne sais pas s’il existe) à Clémentine Beauvais. Chaque page souffle un vent de liberté et d’impertinence à la face de notre petite société !

Roman atypique sur des nanas extra très ordinaires, mention spéciale pour les dialogues entre Mireille et sa mère où j’ai ri de bon cœur à chaque fois !
Si tu aimes les anti-héros, les ballades en vélo (à vélo ?) et le boudin blanc, tu dois absolument découvrir ces reines-là.

Et même si tu préfères le rallye, le saucisson et les super héros, en fait, il faut tout simplement découvrir ce roman qui mérite un bien joli petit détour ! Mollets d’acier et crise de rire garantie !

LE RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR :

On les a élues « Boudins de l’année » sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses « boudinettes », Hakima et Astrid, n’ont pas l’intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris… pour s’incruster à l’Elysée ! Place aux Petites Reines !!!

Un battement d’elle – Gaston Marie

Date de Parution : 10 Février 2020

LE BILLET DE JUJU :

En un battement d’aile, on peut s’envoler.

Sortir de l’ordinaire. Et disparaître un peu.

Toucher à l’extra ordinaire.

C’est un peu ce qui s’est passé pour moi avec ce roman. Je me suis envolé loin, très loin.

Loin de ma zone de confort, loin de ce que j’ai déjà pu lire, loin de ce que je crois attendre d’une lecture.

J’avais peur de lire ce livre et j’en avais très envie en même temps.
Peur d’être trop ébranlé par son sujet.

Comme peur du noir.

Le sujet, le « pitch », me faisait peur, oui. On parle de cancer tout de même, cette belle saloperie. Je pense qu’il faut passer outre, car ce roman doit être lu au-delà de ce gris de couverture qui, à mon sens, ne rend pas hommage aux mots qu’il renferme.

Car, comme tout bon fêlé qui se respecte, Gaston Marie a cette faculté de laisser passer la lumière. Elle entre en nous et ne nous quitte pas.

Un roman à la croisée des chemins. Littéralement. Qui ménage ses effets, qui prend par le cœur, par le corps, qui prend aux tripes aussi.

L’autoédition, je le savais déjà, permet de réelles découvertes si on ose un tant soit peu. Un roman, comme une expérience. Comme on pénètre l’imagination et l’inimaginable.

Poétique, original et surtout immensément onirique, c’est une voix qui se fait entendre. C’est ce qui compte pour moi lorsque je rentre dans les mots de quelqu’un d’autre. Je suis rentré,oui, à l’intérieur de quelqu’un d’autre, et j’ai encore du mal à en sortir.

La preuve qu’il s’est passé quelque chose.

Le temps d’un battement.

D’elle.

Un roman qui doit donner envie de passer la porte, de ne pas rester sur le seuil de nos vies, multiples et tellement uniques à la fois. Un roman qui je l’espère saura trouver le chemin de l’édition traditionnelle pour toucher le plus grand nombre car il le mérite tellement.

LE RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR :

« Comment imaginer devenir à nouveau insouciante lorsque l’on a projeté sa mort ? ».

Telle est la question que se pose Sylvie face à l’annonce du cancer qui la ronge. Commencent alors le déni et la lutte contre ce qui semble impossible à battre. S’enchaînent le dépit et la chute contre une maladie qui finira par l’abattre. Face à l’infaillible réalité, Sylvie plonge dans les abysses de l’existence, à la frontière entre la vie et la mort, l’être et le non-être… pour étrangement atterrir dans le corps d’un Autre.

Un roman profond, philosophique et existentiel, qui plonge le lecteur dans la conscience d’une femme dont la vie oscille furieusement au fil des pages.

Snjór – Ragnar Jónasson

Date de Parution : 04 Juin 2020

LE BILLET DE JUJU :

« Il ne se passe jamais rien à Siglufjördur. »

Bon, il m’a fallu trois minutes et douze secondes pour écrire correctement le nom de cette petite ville du nord de l’Islande, je sens que la rédaction de cette petite chronique ne va pas être très aisée…

Donc.

Il ne se passe jamais rien à Siglutrucmachinchose. Pourtant, c’est là que va débarquer Ari Thor. (Alors, rien à voir avec Thor, le dieu du tonnerre ou le super héros bien connu des geeks que je suis, hein…). Et faut savoir qu’ici, il neige pas mal.

D’où le titre. Snjór. Neige en islandais !

Ari Thór quitte sa petite copine (qui utilise encore cette expression à part moi, levez la main ?) et la grande ville de Reykjavík pour venir s’enterrer dans la ville dont on ne sait pas écrire le nom (que je ne nommerai plus sous peine de migraine) pour entrer dans la police locale !

Dans cette petite communauté où tout le monde se connaît, il va être difficile de trouver sa place et de faire tomber les masques.

J’ai succombé à l’appel du polar qu’on appelle nordique et je ne regrette absolument pas. J’ai lu cette enquête en deux petits jours. Si le propos reste plutôt classique, le héros m’a bien plu et cette petite ville a un très bon goût de reviens-y mais ce qui a littéralement fonctionné, c’est cette immersion dans cette Islande que je ne connais pas et ce froid pénétrant.

Ari Thór est un héros attachant, un peu déboussolé, qui, oui, se pèle un peu les miches mais arrive quand même à résoudre sa première affaire ! Sans gore, un peu à la manière d’une Agathe Christie toute en moonboots et galerie de suspects frigorifiés.

Je vais continuer ma découverte de cette série aux noms imprononçables et me faire la collec (j’adore ça les collections, je ne sais pas si vous êtes au courant) car les couvertures pailletées de givre des éditions poches sont juste sublimes, elles seront du plus bel effet avec mes boules à neige.

Par contre, faut faire gaffe, car les différents tomes ont été publiés en France de manière un peu aléatoire et je pense que c’est important de respecter la chronologie !

Tu connais cette série ? Ou d’autres polars nordiques à me recommander ?

LE RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR :

Siglufjördur, ville perdue au nord de l’Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu’un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d’une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l’enquête, Ari Thor devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l’apparence si tranquille.

Raisons obscures – Amélie Antoine

Date de Parution : 02 Juillet 2020

LE BILLET DE JUJU :

C’est le bordel.

Dans mon cœur, dans ma tête, c’est le bordel…

Je viens de me faire ramasser la tronche et je vais devoir récupérer un à un les morceaux de mon cœur qui jonchent l’appartement. Car il a éclaté. Littéralement pulvérisé par ce roman que je n’attendais pas.

Je pensais lire un thriller, un polar, un truc qui s’oublie vite mais qui fait son petit effet.

Je me suis retrouvé fracassé, le livre refermé, un nœud au ventre et quelques insomnies à venir.

Ne lisez pas ce livre, il va vous faire mal.

Lisez ce livre, il est va vous rappeler à l’ordre.

Il va vous rappeler toutes ces choses auxquelles on ne prend pas garde, sous prétexte de nos vies si compliquées. Il va vous rappeler de prendre garde à ceux que vous aimez.

J’y suis allé à l’aveugle, sans rien connaître du sujet. Je me demandais où Amélie Antoine voulait en venir. Je me demandais ce que j’étais en train de lire. Je me pose encore la question.

De cette histoire, de ces deux familles si banales, si proches de ce que nous sommes, il me reste un trou béant dans la cage thoracique.

Rarement, j’ai pu lire un livre comme celui-ci. A la psychologie fouillée, au rythme entêtant, comme une course atroce vers l’inéluctable. Un livre comme on se retrouve face à une certaine vérité, de celles qu’on ne veut jamais regarder en face.

Un livre sur ces raisons obscures qui font de nous des monstres d’indifférence.

Depuis, c’est le bordel. Dans ma tête, dans mon cœur, dans mon ventre.
Depuis, j’ai encore un peu ouvert les yeux sur le mal qu’on peut faire sans le savoir.

Reste à m’en remettre.

LE RÉSUMÉ DE L’ÉDITEUR :

D’un côté, les Mariani.
De l’autre, les Kessler.
Pour les deux familles, la même routine : l’ennui au quotidien, les voisins trop bruyants, la dépression qui rampe, l’adultère qui menace… Rien de bien grave, en fait, mais pendant ce temps, on ne voit rien. On n’a rien vu. On n’entend rien. Rien entendu.
Il n’est pas de victime sans bourreau.
Ni de martyr sans silence.