Un Fils sans mémoire – Valentin Spitz

Je n’aime pas particulièrement en littérature les fils de.

Ils m’agacent.

Pourtant, ici, en l’occurrence, c’est un fils sans. Qui devra faire avec.

Valentin Spitz, dans ce roman, cesse de se cacher derrière des héros de papier et se livre, comme on grandit au fil des pages.

C’est le roman d’un homme, droit dans ses bottes, qui se raconte et retrouve l’enfant qu’il fut au hasard d’un roman bouleversant tant il est sincère.

C’est l’histoire d’un petit garçon qui attend son papa, icone des années 90 sur les ondes des radios libres. Le Doc. C’est l’histoire d’un homme qui se construira sans mémoire et qui apprendra pourtant à aimer cet homme qui lui a donné la vie.

C’est l’histoire d’un chemin parcouru, de cailloux semés sur ces route pavées de belles prétentions, qu’il devra finir par ramasser pour trouver sa propre voie.

C’est une voix, en littérature, que j’écoute déjà depuis plusieurs ouvrages, et qui chaque fois, me touche par la justesse des mots.

Sans en faire trop, Valentin Spitz entrouvre ces portes, entre enfance cabossée et vie d’homme, sans qu’on ne puisse jamais lui lâcher la main.

Un coup de cœur, un roman courageux, délicat et percutant. Un roman, comme les pièces éparpillées d’un puzzle.

En littérature, rien ne me touche plus que cette forme de sincérité absolue, coûte que coûte. Sans masque. Sans effet de style. Juste pour se dire. Pour ne pas se taire. Sans misérabilisme lacrymal. Sans fausse impudeur.

C’est une histoire vraie, c’est une histoire réinventée, celle d’un fils sans papa, celle d’un homme qui pardonne, qui avance, et qui aime, pour avoir un nom. Une quête d’identité. Forte et fragile.

Merci Valentin de livrer ainsi un si beau roman. Celui d’une quête intime et universelle à la fois.

Merci pour le cœur, le vrai et pour la beauté de cette vérité là.

LE RESUME DE L’EDITEUR

« On ne peut pas inventer les photos qui n’existent pas, on ne peut pas boucher les trous de la mémoire. Non il n’y a rien pour ça. Je pourrais inventer ces images dans un roman mais rien qu’à y penser cela sonne creux, faux, comme un théâtre de pacotille, avec trop de couleurs et de bruit et de mauvais acteurs. Je sais bien, non je sens, que tout cela est à jamais perdu, car on ne peut créer à partir de rien. […] L’histoire aurait dû s’écrire ainsi, ce serait mon éternité, mon destin : un fils sans mémoire, errant au fil de ses angoisses. Père manquant, fils manqué. C’était sans compter les mots, l’écriture, le langage, bois des humains qui construit et rassemble les êtres séparés, permet parfois l’amour. Ce livre raconte cette histoire. Comment un fils est parvenu à aimer son père. »

C’est une quête éperdue. Celle d’un nom, d’une origine et d’une reconnaissance. Celle d’un enfant, Valentin, qui pendant des années a eu un fantôme pour père, Le Doc. Un fantôme qui menait une vie professionnelle et médiatique hors normes. Pendant des années, Le Doc a endossé le costume du père pour des centaines de milliers de jeunes, libérant leur parole et leur permettant de découvrir sans tabous, grâce aux radios libres, leur corps et leur sexualité.


Mais nul n’est prophète en son pays. Et les pères ne sont pas toujours au rendez-vous de leurs propres enfants.

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